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Nouvel Empire égyptienNouvel Empire Nouvel Empire
Introduction
Le Nouvel Empire est la période la plus prospère de toute l'histoire égyptienne.
C'est une période de raffinement et d'évolutions qui s'étale sur un peu plus de cinq siècles.
L'initiateur est Iâh-mosis (né de la lune), premier roi de cette époque. Chasseur des Hyksôs (Indo-européens), il va mettre en place les fondations du Nouvel Empire en compagnie de sa mère Iâh-Hotep (la lune est en sagesse) et de son épouse Ahmès-Néfertari (La belle entre les belles).
Le Nouvel Empire couvre une période allant des environs de environ 1500 à 1000 avant notre ère et est formé de trois dynasties :
- (1552 à 1292 avant notre ère) ;
- (1292 à 1186 avant notre ère) ;
- (1186 à 1069 avant notre ère) ;
Parmi les personnages illustres de cette époque, il faut retenir les noms de :
- Amenhotep ;
- Thoutmosis ;
- Hatchepsout ;
- Akhénaton ;
- Toutânkhamon ;
- Horemheb ;
- Ramsès ;
- Séthi ;
- Taousert ;
- Sethnakht ;
C'est une période très ouverte vers le monde extérieur, comme la Crète, le Hatti (ennemi un certain temps), etc.
C'est de cette époque que nous viennent les plus beaux témoignages architecturaux (temple de Louxor, tombe de Séthi I, Ramesséum, Abou Simbel, etc.)
C'est pour nous la période la plus connue de l'histoire égyptienne : expansion territoriale, et surtout beaucoup de personnalités connues.
Cette période commença par la fin du règne Hyksôs qui occupaient la Basse Égypte. Vers 1570 avant J.-C., le roi Hyksôs ne contrôlait plus que le nord de l'Égypte depuis Avaris, sa capitale. Ce sont les révoltes des princes thébains qui mirent fin à l'occupation des Hyksôs en Égypte. D'abord sous Kamosis qui les repoussa vers le nord, leurs prenant les territoires de Moyenne Égypte. Le roi Hyksôs essaya en vain de s'allier avec des souverains nubiens de Kerma, mais son messager fut fait prisonnier sur la route des Oasis.
Ahmosis, futur roi thébain prit la ville de Memphis lors d'une seconde attaque et plaça ses troupes devant la ville d'Avaris qu'ils prirent. Après trois ans de siège, la dernière place forte des Hyksôs (Sharouhen, dans le sud de la Palestine) fut prise par les Egyptiens. Il en était fini des Hyksôs, les territoires anciennement égyptiens avaient été remis sous contrôle.
C'est par l'expulsion des Hyksôs hors d'Égypte et par l'unification de la Haute et de la Basse Égypte par Ahmosis que commence le Nouvel Empire d'après les égyptologues. Au début du Nouvel Empire, on note surtout de grandes expansions (notamment Vers l'Asie Mineure et la Nubie) qui amenèrent les frontières de l'Égypte du cœur de l'actuel Soudan (près d'Abou Hamed, au nord de la cinquième cataracte) jusqu'à un pays appelé Naharina (près de l'Euphrate, au Nord Est du pays).
Ainsi, l'Égypte avait acquis une sorte de réputation mondiale. Cependant, les territoires au-delà de la vallée du Nil n'était pas bien contrôlés (notamment les principautés palestiniennes qui, bien que contrôlées par un conseiller égyptien, restait sous la domination des populations autochtones). De nombreux témoignages montrent que l'Égypte souhaitait quand même dominer le monde «jusqu'à ses limites », cela restant utopique, surtout quand on sait que l'Égypte n'a jamais su pacifier la région de la Syrie septentrionale et centrale où il rivalisèrent d'abord avec les princes du royaume du Mitanni puis avec les Hittites.
La politique intérieure au début de Nouvel Empire
Ahmosis, puis Aménophis I (ou Amenhotep) imposèrent l'unification des deux Terres, indispensable à la prospérité du pays. Pour cela, ils engagèrent des réformes telles que l'homogénéité de l'administration, de la législation, du calendrier et du culte. Aménophis 1er fut élevé au rang de dieu à sa mort pour ces actes.
À cette époque, on renforça l'importance de la famille royale au sein du culte divin. Par exemple, c'était à une princesse de la famille royale que revenait le titre d'Epouse du dieu Amon, à Thèbes. Cette fonction «était très importante car elle était susceptible d'apporter beaucoup d'influence politiquement (à cause de l'oracle d'Amon). Cette époque vit aussi Amon, dieu à l'origine seulement local, élevé au rang de dieu dynastique (constructions de temples dans tout le pays)
Hatchepsout et Thoutmôsis III
À la mort de Thoutmôsis II, c'est le fils d'une épouse secondaire, Thoutmôsis III, qui monte sur le trône. En raison de son jeune âge, la régence revint à sa tante et belle-mère, Hatchepsout, fille de Thoutmôsis I et épouse de Thoutmôsis II.
Hatchepsout s'imposa au niveau politique. Elle dressa de nombreux obélisques dans le temple de Karnak et construisit un magnifique temple funéraire sur la rive Ouest de Thèbes, au lieu-dit Deir el-Bahari. Dans ce temple, on peut voir des scènes de théogamie, où est relatée la naissance divine du pharaon.
L'histoire retiendra une Hatchepsout pacifique et un Thoutmôsis III belliqueux et parfois même un peu trop énergique : au cours d'une chasse de cent vingt éléphants dans une plaine de l'Oronte, le roi avait fait une démonstration personnelle de son audace, mais un officier avait dut intervenir pour le tirer d'une situation périlleuse.
Les campagnes de Syrie et de Palestine
Thoutmosis III et Hatchepsout étaient déjà partis sous les acquis de Thoutmosis Ier qui avait conquis le Sud de la Palestine, et avait imposé l'autorité égyptienne sur la Syrie au roi du Mitanni. Durant le règne d'Hatchepsout, le prince de Qadesh profita de son pacifisme pour réunir des détracteurs au pouvoir égyptien ; de plus, les conflits surtout commerciaux ne cessaient de croître. À la mort de la femme pharaon, les troupes de Thoutmosis III atteignirent Gaza. Après un siège de sept mois, la ville de Mégiddo se rendit, suivi de nombreuses principautés qui reconnurent la suprématie égyptienne (par exemple, le souverain d'Assour, ennemi du Mitanni, qui établit des liens avec le pharaon). Les vingtaines d'années suivantes furent occupées par des campagnes visant à asseoir l'emprise égyptienne sur la Syrie centrale. Pour intervenir rapidement contre une rébellion possible à Qadesh, deux bases furent établies, à l'embouchure de l'Oronte, à Gaza et peut être aussi à Damas.
Les campagnes vers le Sud
Des la fin de l'occupation des Hyksôs, on s'empressa de reconquérir les territoires du Sud. Notamment dans la région d'Eléphantine et en Basse Nubie où les princes de quelques cités avaient conclu des accords avec le souverain de Kerma. Thoutmosis Ier, comme Ahmosis avant lui, attaqua le centre du pouvoir de Kerma ; la ville fut assiégée et le royaume ennemi anéanti (vers 1500 avant J.-C.).
Pour continuer à contrôler ces territoires, la région fut mise sous contrôle d'un vice-roi égyptien nommé «fils royal de Koush » et dont le pouvoir s'étendait jusqu'à proximité d'El Kab, dans la région du désert oriental. Tout comme ceux des princes d'Asie du Nord, les fils des princes nubiens furent emmenés à la cour égyptienne, et élevés parmi les jeunes princes égyptiens afin de préserver leur loyauté future. Le tribut reçu du Sud était administré par le temple d'Amon à Thèbes.
On introduisit le culte du roi et de ses ancêtres dans les régions du Sud en édifiant de nouveaux temples au sud de Kerma (notamment à Saïs, Soleb et Napata). On voua ainsi des cultes à Amon, Ptah et Horus. Pour protéger les massives arrivées d'or nubiens, si précieuses aux yeux de l'Égypte qui en avait besoin pour consolider son prestige, des forteresses furent édifiées à la sortie du Ouadi Allaqi.
Avec les tributs du Nord ajoutés à ceux du Sud, déposés au trésor royal de Thèbes, l'influence économique de l'Égypte était devenue incontestable. Avec la fin du monopole maritime Minoen en Crète (du à l'irruption d'un volcan sur l'île de Santorin, sûrement), et la prise de pouvoir par Mycènes, l'Égypte eut l'occasion de pratiquer plus amplement des échanges commerciaux avec les autres royaumes.
Les produits égyptiens (dont l'or était très apprécié des royaumes étrangers) n'eurent pas de mal à ce répandre dans toute l'Égée. Mais l'Égypte importait aussi beaucoup de produits finis, ainsi que de matières premières et de la main d'œuvre : des artisans syriens, d'Asie mineure et de Crète venait travailler sur les chantiers navals royaux du port de Memphis.
Le fer provenait du Liban, près de Koumidou et les turquoises, des mines de Sérabit el-Khadim, dans le Sinaï. Cette ouverture sur le monde méditerranéen modifia profondément les modes et les goûts. L'ascendant des conseillers étranger auprès du roi ne cessa de croître et de nombreux mots d'origine sémite furent introduits dans la langue égyptienne.
Aménophis II et Thoutmosis IV
Aménophis II, fils de Thoutmosis III poursuivit les campagnes en Syrie et Thoutmosis IV, son petit-fils imposa sa politique avec le soutien de l'armée, car il avait reçu une formation militaire. Le souverain du Mitanni, qui craignait une nouvelle menace d'une grande puissance hittite aspira à des rapprochements avec l'Égypte, et permis à Thoutmosis IV d'installer son propre dirigeant sur le trône du pays de Noukhassé, au sud d'Alleppo.
Aménophis III n'eut qu'à poursuivre la politique militaire déjà bien installée en Syrie et n'eut à faire que quelques campagnes en Nubie. Il se maria avec une fille d'officier influent dans la cour de la région d'Achmim. À dix huit ans, il eut une épouse secondaire, Giloukhépa, fille d'un souverain du Mitanni, avec en dot, d'importants territoires syro-palestiniens. D'autres mariages politiques eurent ainsi lieu, notamment avec les filles des rois de Babylone, d'Assour et d'Arzawa en Anatolie.
Les campagnes militaires finies, le roi put se consacrer à son pays, et prit de grandes décisions lors de sa fête-Sed (cérémonie royale en l'honneur des trente ans de règne du souverain). D'abord, il construisit un immense ensemble palatial à Malqata, sur la rive gauche du Nil, qui disposait de son propre port. Il était alors vénéré quotidiennement à la cour comme l'incarnation du soleil. Amenhotep, fils de Hapou, érigea pour le roi un imposant temple funéraire.
Cette époque est aussi celle de la naissance du culte d'Aton, dont le nom est habituellement donné au disque solaire. D'après l'idéologie, le roi et le dieu se mêle la nuit pour qu'au matin, le roi apparaisse sous l'incarnation d'une divine forme humaine. Aton faisait de l'ombre à Amon qui était contesté par la cour, et ainsi naquit une dispute entre celle-ci et les grandes familles égyptiennes.
Akhénaton, l'hérétique
Amenophis IV, fils d'Amenophis III et de Tiyi, épousa Nefertiti, d'origine étrangère. Il a sans doute baigné depuis sa plus tendre enfance dans les discussions sur le culte dynastique du roi et de son dieu Aton. Ainsi, on peut supposer qu'il a préparé depuis longtemps le remplacement du culte d'Amon par celui du dieu solaire, ce qu'il fit effectivement, six ans après son couronnement : il supprima le culte d'Amon à Karnak, mais, au lieu de supprimer le temple, il l'utilisa au profit de son dieu. Sa femme, Nefertiti, et sa fille, Meritaton, exerçaient la fonction sacerdotale des anciennes épouses du dieu. Petit à petit, on supprima le nom d'Amon dans les lieux de cultes égyptiens, et la propriété d'Amon changea de culte.
C'est à partir de l'an V du règne d'Akhénaton que la reine mère ainsi que la cour au complet déménagea pour le palais de l'actuelle Tell el-Amarna, en Moyenne-Égypte. Akhetaton («horizon d'Aton ») était le nom de cette ville, destinée à la fonction de capitale. En changeant de capitale, il changea son nom pour être plus connu sous le nom d'Akhénaton, probablement par provocation aux règles religieuses précédentes ; il centralisa le culte solaire au palais royal avec le temple du palais d'Aton et un temple funéraire, et sa tombe fut volontairement édifiée loin de celles des fonctionnaires de la cour dans le désert oriental. Souvent on représente Akhénaton par des statues relativement laides au niveau de l'expression, ceci étant dû à la modification des canons artistiques, et non forcément la réalité physique.
En architecture comme en sculpture on note de profondes modifications, notamment au niveau de la coupe des blocs de pierres (probablement des nouveaux modules utilisés pour tailler la pierre). Des expressions populaires font leurs apparitions dans des documents officiels, on parle alors de néo-égyptien. Des représentations du pharaon et de sa famille remplacèrent aussi les représentations des dieux locaux dans tout le pays.
Ce radicalisme s'adoucit vers l'an XII de son règne, car Akhénaton devait faire face de nouveau aux Hittites qui tentaient d'exercer de l'influence sur Qadesh. Cette menace n'était pas prise à la légère par les Égyptiens comme le prouve les différentes correspondances en écriture cunéiforme retrouvées à ce propos, et les différentes mises en garde données à l'Égypte par le roi de Byblos contre le souverain de Qadesh. Pour pallier ce problème, le pharaon envoya d'abord des troupes nubiennes en Palestine pour assurer la sécurité de l'administration égyptienne, mais il finit par régler la situation par un mariage diplomatique en épousant une fille du roi kassite de Babylone.
On suppose que Kiya, une reine représentée sur les monuments de l'époque, serait une fille du roi du Mitanni. Lors de sa mort et de celle de Nefertiti, on suppose que c'est Meritaton, la fille d'Akhénaton, qui aurait pris la place de Grande Epouse royale.
Akhenaton mourut sans successeur, on abrogea rapidement ses réformes et Amon retrouva sa place à Karnak. Le gouvernement revint à Memphis, quittant Akhetaton, et la tombe du successeur d'Akhenaton fut construite comme à l'habitude à Thèbes.
La veuve d'Ankhkhéperourê (ou Semenkhkarê), demanda après la mort de son mari - ce qui mit fin à son règne bref – au roi hittite un prince destiné à devenir son époux. Après de multiples vérifications pour s'assurer de l'authenticité de la demande, le roi fit envoyer un prince qui fut assassiné à la frontière égyptienne, donnant aux hittites une raison valable de marcher sur la Syrie du Nord.
C'est sous l'influence d'Aÿ que Ankhésenamon, une des filles d'Akhénaton et de Nefertiti, épousa le jeune Toutankhamon. Son règne fut bref, et il reste pourtant un des personnages les plus connus de l'Égypte ancienne. Pourquoi ? Tout simplement parce sa tombe est restée par chance inviolée. À cette mort, c'est le vieux Aÿ qui monta sur le trône, mais très peu de temps avant sa mort.
Les ramessides
Le haut commandant Horemheb, chef de l'armée à Memphis, prit le pouvoir après le règne controversé d'Aÿ, et se fit confirmer cette prise de pouvoir par un oracle d'Amon à Thèbes. Ramsès, son suppléant militaire fut désigné comme son successeur, et de son règne commencera la seconde moitié du Nouvel Empire, nommée époque ramesside (XIXe et XXe dynasties).
Horembeb, puis Ramsès Ier et Séthi Ier effectuèrent de multiples réformes à l'intérieur du pays. Séthi réhabilita le nom d'Amon dans d'anciens sanctuaires et fit déclarer Akhenaton roi hérétique. Stratégiquement, la capitale fut déplacée à la ville de Pi-Ramsès, dans le Delta oriental, proche de l'ancienne capitale Hyksôs, permettant par ses points d'eaux et ses forteresses un point de départ sûr vers la Palestine. La ville avait une taille imposante et des activités éclectiques comme des palais, des installations militaires, divers temples destinés aux dieux de l'Empire, des écuries et des manufactures d'armes. Ces dernières fabriquaient des boucliers hittites pour des troupes auxiliaires grâce au cuivre tiré des mines de Timna en Israël. Pi-Ramsès était aussi un point militaire stratégique, permettant une action rapide des troupes égyptiennes en cas de révoltes en Palestine ou en Syrie par exemple. Il y avait là des troupes nomades, les Hapirou (dont le nom se rapproche de l'actuel «hébreux »), qui gênaient le commerce par leurs guerres incessantes. Pour finir, une intervention militaire dans le pays d'Amourou (dont le centre est Qadesh) était devenue inévitable depuis qu'ils étaient passé ouvertement du coté Hittite.
C'est ce que fit Ramsès II, le successeur de Séthi Ier en engageant une importante guerre contre Qadesh. L'armée égyptienne eut la chance de pouvoir s'enfuir lors d'une embuscade. L'armée hittite était en effet dispersée par des pillages. L'Égypte perdit alors le pays d'Amourrou, et bien que la bataille de Qadesh ne fut remportée par personne, on peut remarquer sur les murs des temples égyptiens des inscriptions attribuant la victoire aux égyptiens. Cette bataille marque cependant un tournant dans l'histoire des relations entre l'Égypte et le Proche-Orient : le roi Hittite, ayant des problèmes de politiques interne, de famines et d'épidémies, convint avec le pharaon qu'une victoire totale n'était pas possible et signa un accord de paix. Plus tard, Ramsès II épousa une princesse hittite.
Ramses mourut à quatre-vingt-dix ans, après un règne bien occupé. Hormis les victoires, il fit des nombreux sanctuaires portant son nom dans tous les centres d'habitation du pays, souvent grâce à l'or obtenu par l'exploitation intensive de l'or nubien. Parmi ses quatre-vingt-dix enfants, Khâemouaset, un de ses fils, eut la tâche de réintroduire les anciens cultes et certaines de ses filles occupaient la fonction de Grande Epouse royale. Malgré cet apogée apparent, l'édification des temples, les victoires successives cachent une entrée dans une crise économique dévastatrice pour l'Égypte.
A l'ouest du pays, les Libyens s'activent en voyant apparaître des bateaux contenant les fameux «Peuples de la Mer ». Sous le règne de Mérenptah, ils s'étaient associés en attaquant dans le Delta, en vain.
Après le règne de celui-ci, la Haute-Égypte fut déchirée par une guerre civile nord-sud, et la situation se dégrada sous le règne de Ramsès III.
Le royaume hittite était tombé aux mains des Peuples de la Mer, dévastant tout sur le leur passage : les cités d'Asie Mineure et de Chypre, les villes du pays d'Alalakh, Ougarit et Karkémish. L'Égypte était assiégée de toute part, d'après les sources, par des Shardanes (Sardes ?), de Lyciens, de Touresh, d'Akhiyaouas (Achéens), de Péléset (Philistins), etc. ; malgré une attaque à l'ouest menée par les Libyens, elle fut repoussée par les Égyptiens.
Grâce à cette victoire et son butin correspondant, Ramsès III put entreprendre la construction du temple de Médinet-Habou qui était aussi une forteresse de par ses imposantes murailles. Les échanges commerciaux et les tributs cessèrent peut à peu, et ainsi s'installèrent les Philistins à Gaza et à Ashod, aux portes de l'Égypte.
Avec la perte des tributs et la demande constante de l'entretien de troupes de mercenaires (et peut être aussi une baisse du rendement de l‘or nubien) l'Égypte s'enfonça dans un déclin économique. Pour couronner le tout la main-d'œuvre travaillant aux tombes royales se mit en grève et Ramsès III, alors très âgé, fut victime d'une conspiration du harem.
Les successeurs de Ramsès III ne purent qu'observer la chute de l'Égypte : les troupes libyennes profitaient du déclin égyptien pour piller les temples thébains et le vice-roi de Nubie, Panéhési, entama une guerre privée contre Aménophis, le Grand Prêtre d'Amon à Thèbes. Plein d'espoir, la fête du Renouvellement des naissances de Ramsès XI, qui a pour but de définir une nouvelle orientation politique et d'instaurer une situation stable, n'eut pas de réelles retombées et le pharaon dut assister à l'effondrement du pouvoir thébain.
C'est alors que Hérihor-Siamon (Grand Prêtre d'Amon) instaura une dictature fondée sur une théocratie et définie par l'oracle thébain.
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Catégorie:Égypte antique
Ahmose
Ahmosis est un pharaon de la et fonde la (Nouvel Empire). Son lien avec son prédécesseur Kâmosis n'est pas établi avec certitude ; par contre, il est le père de son successeur Aménophis I.
Il chasse la dynastie Hyksôs (« Rois des Pays Etrangers » dont l'origine est encore incertaine), terminant ainsi le reconquête de l'Égypte commencé par ses prédécesseurs. Son règne triomphe en outre de deux rebellions.
Ahmosis (ou Ahmose) signifie « Né de la Lune » ou « fils de Iâh » (dieu lunaire), il est le fils de la reine thébaine Iâhhotep « la Lune est en paix ». A noter que même si leur transcription sont différentes, le nom Ahmosis contient la même racine mss « né de » que les Ramsès « né du soleil (Rê) ».
<-ra:nb-F9:t - t-> .. <-iaH-ms-s->
Autres transcriptions : Ahmosé, Ahmose ou Amasis.
Les restes de sa pyramide ont été découverts à Abydos en 1899 et ont été identifié en tant que siens en 1902. Cette pyramide et les structures relatives ont été fouillé de nouveau en 1993 par une expédition commanditée par le Pennsylvania-Yale-Institute of Fine Arts sous la direction de Stephen Harvey.
Liens externes
- [http://www.thotweb.com/encyclopedie/roi_ahmosis.php Article et bibliographie sur Thotweb].
Catégorie:Index égyptologique
catégorie:Pharaon
catégorie:XVIIe dynastie égyptienne
Akhénaton
Akhénaton est un pharaon de la (Nouvel Empire égyptien).
Nouvel Empire
Fils d'Aménophis III et de la reine Tiyi, il est connu pour avoir imposé la première religion monothéiste connue de l'histoire, le culte du disque solaire Aton. C'est vers 1375 avant l'ère chrétienne que Aménophis IV, couronné sous le nom de Néferkhéperouré Ouâenrê (c'est le nom qu'il porte à cette époque), alors âgé de seize ans, monte sur le trône d'Égypte. Pour des raisons encore mal connues, il décide, après 6 ans de règne, d'imposer une nouvelle religion. Aton devient la personnification du disque solaire source de toute vie. Aménophis IV prend alors le nom de Akhénaton (celui qui est utile à Aton). Il interdit le culte des anciens dieux, et quitte la capitale (Thèbes) pour fonder une cité vierge de présence divine. Il trouve son emplacement en moyenne-Égypte, et en l'année 9 de son règne, fonde la cité de Akhetaton (« l'horizon d'Aton »), situé sur le site de l'actuelle Tell el-Amarna. Toute la cour et l'administration égyptiennes déménagent dans la nouvelle capitale, dont les temples, dédiés au dieu unique Aton, sont construits à ciel ouvert pour permettre à ses rayons bienfaisants d'y pénétrer.
Akhénaton et Néfertiti sont les seuls intermédiaires suprêmes du culte d'Aton.
Le règne d'Akhénaton voit l'émergence de l'art amarnien, qui se caractérise d'une part par le développement d'un art naturaliste où abondent les plantes, les fleurs et les oiseaux, et d'autre part par la représentation plutôt réaliste des personnages poussant parfois même jusqu'à la caricature (l'art traditionnel étant plutôt idéaliste). On prête aussi à Akhénaton des talents de poète. Un chercheur a avancé une hypothèse selon laquelle Akhénaton aurait été atteint d'une maladie génétique rare et transmissible à sa descendance : le Syndrome de Marfan. Apparemment Néfertiti, sa femme, et certaines de ses six filles l'auraient eû aussi, car elles sont représentées de la même manière.
Loin de ce tableau idyllique (et peut-être exagéré par l'imaginaire collectif), le règne d'Akhénaton est aussi considéré par certains comme une période noire dans l'histoire de l'Égypte antique. En effet la révolution religieuse d'Akhénaton aurait entraîné une forte répression contre le clergé d'Amon (fermeture de temples, persécution, confiscation des biens, dégradation des effigies des anciens dieux). Ce qui lui vaudra d'être surnommé le pharaon hérétique. De plus, comme il avait refusé de venir en aide militaire aux alliés de l'Égypte menacés par les Hittites, il aurait entraîné la perte de plusieurs protectorats égyptiens dans le nord. Il semble aussi que, dû à une centralisation excessive, l'Égypte ait subit à cette époque une régression économique.
Hittites
Si le culte d'Aton s'éteint avec la mort d'Akhénaton (la 18 année de son règne), l'art égyptien restera, lui, marqué à jamais. Les successeurs d'Akhénaton ayant tout fait pour effacer les traces de ce pharaon hérétique on connait très mal cette période. On ne connaît pas, par exemple, les raisons de la mort d'Akhénaton (maladie? assassinat? suicide?) ni le lien exact de parenté entre lui et son successeur le plus connu (fils? gendre?), le jeune Toutankhamon (qui s'appelait Toutankhaton sous le régne d'Akhénaton). Il existe une hypothèse qui affirme qu'une certaine Kiya serait la mère de Toutankhamon. Une autre femme que Néfertiti est représentée sur une peinture murale dans le palais d'Akhetaton, dans la chambre du pharaon plus précisement. Elle serait peut-être la seconde épouse d'Akhénaton. Cette courte période monothéiste n'aura pas ébranlé les bases de la religion égyptienne, et même si en apparence le peuple s'était tourné vers Aton, il semble qu'il n'ait jamais cessé d'honorer les anciens dieux. Même si on attribue souvent cette révolution culturelle et religieuse à Akhénaton, il semble en fait qu'il n'ait fait qu'imposer une tendance née durant le règne de son père Aménophis III.
Certains pensent qu'Akhénaton avait un physique très ingrat, voire un handicap physique. On le représentait avec une tête énorme et très allongée, des lèvres épaisses et un ventre proéminent. Mais il est difficile de savoir ce qui tient de l'auto-caricature (propre au style de l'art amarnien) et ce qui tient de la réalité. On pense aussi qu'il puisse avoir été atteint d'épilepsie, qui aurait provoqué chez lui de longues crises hallucinatoires et douloureuses. Ce qui étoffe la thèse de sa mort suite à une longue maladie.
épilepsie
Note(s)
En fait, le dieu Aton existe bien avant le règne d'Akhénaton, mais il a apporté tellement de modifications à son culte, qu'on peut le considérer comme un nouveau dieu. En effet Aton est cité dans les textes des pyramides de la V dynastie.
A lire
- le livre "Akhénaton le renégat" de Naguib Mahfouz (auteur égyptien). Court et écrit comme un roman policier il permet de comprendre quels sont les protagonistes de la période du règne d'Akhénaton. Permet également une meilleure visite du musée de Louxor.
- le livre "Akhénaton et son Dieu : pharaon et faux prophète" de Nicholas Reeves.Ce livre de 250 pages permet de retracer dans son ensemble et de manière conçise l'histoire de la XVIIIème Dynastie depuis la chute des Hyksos jusqu'à son dernier pharaon Horemheb en passant bien sûr par l'avènement d'Amenophis IV- Akhénaton. L'auteur nous fait part sans concessions de ses réflexions sur l'ensemble des causes et conséquences du règne de ce pharaon décidemment hors du commun.
Akhenaton
Akhenaton
Akhenaton
ja:アメンホテプ4世
ToutânkhamonCatégorie:Pharaon
Catégorie:XVIIIe dynastie égyptienne
Lorsque, le 5 novembre 1922, l'archéologue britannique Howard Carter découvre la sépulture de Toutankhamon et ses incroyables richesses, il offre à un jeune souverain de la (Nouvel Empire) au règne bien effacé l'occasion unique d'entrer dans l'histoire.
Histoire
Toutankhaton (son nom de naissance) serait né à Thèbes ou à Amarna où il grandit. Son nom signifie « L'image vivante du dieu Aton », c'est-à-dire une réincarnation terrestre d'Aton. Il grandit dans le cercle de la famille royale, et peut-être était-il le frère du roi Smenkhkaré, un prince thébain (si ce n'est pas Néfertiti) ou le neveu ou un cousin d'Akhénaton. Ses origines restent cependant obscures et durant le règne des souverains amarniens précédents il est effacé.
Lorsqu'il succède à Smenkhkarê, vers 1354 avant l'ère chrétienne, Toutankhamon n'est encore qu'un enfant de 9 ans. Il est légitimé en épousant (c'est par les femmes que se transmet le sang royal) Ankhesenpaaton, la troisième fille de Néfertiti et d'Aménophis IV, qui sera son épouse royale sous le nom de Ankesenamon.
Trop jeune pour régner, c'est le divin père Aÿ et le général Horemheb qui détiennent le véritable pouvoir administratif et militaire. Le manipulant, ils lui font restaurer le culte amonien et quitter Akhetaton pour retourner à Thèbes puis à Memphis. Il modifie son nom en Toutankhamon tandis que son épouse devient Ankhésenpaamon. Il ne semble pas que le couple royal abandonne définitivement la religion atonienne comme en témoigne le trône où l'on peut apercevoir Aton le disque tendre la croix de vie au pharaon et à sa femme.
Toutankhamon établit la restauration des temples endommagés sous l'épisode amarnien et se fit ériger à l'ouest de Thèbes un nouveau temple. Il n'eut pas le temps de se faire construire sa demeure d'éternité, disparaissant brusquement en -1346, à 18 ans, sans héritier et avec lui disparaît la lignée Ahmosis. Il fut enseveli à la hâte dans une petite tombe qui n'avait pas été construite pour lui.
La tombe itinialement prévue pour lui allait devenir celle de son successeur Aÿ. Sur les raisons de sa mort, nous ne savons rien si ce n'est que l'examen de sa momie a révélé une blessure au bas du crâne qui pourrait laisser supposer qu'il ne mourut pas d'une mort naturelle. Certains allèrent même jusqu'à avancer que son décès aurait été provoqué par des coups reçus à l'arrière du crâne par quelqu'un agissant sur l'ordre d'un de ses deux successeurs. Les derniers indices relevés lors d'un examens au scanner de la momie, en février/mars 2005, laissent supposer qu'il serait mort des suites d'une infection généralisée provoquée par une plaie au niveau des jambes. Tétanos, septicémie ? Ankhésenpaamon supplia le roi hittite Suppiluliuma de lui envoyer un fils, pour monter sur le trône, ce qu'il accepta en faisant partir le prince Zannanzach qui n'arriva jamais. Cette requête fut sans doute considérée comme une trahison par Aÿ et Horemheb, et la veuve disparaît sans laisser de trace.
Aÿ succéda au jeune pharaon pendant deux ans puis Horemheb et avec lui la lignée des ramessides
Nom d'Horus
- Ka-nakht-tout-mesout
- « Taureau puissant, celui qui est beau de naissance ».
Nom de Nebty
- Néfer-hépou-segereh-taouy sehetep-netcherou nebou
- « Celui dont les lois sont parfaites, qui pacifie les Deux Terres et satisfait tous les dieux ».
Nom d'Horus d'or
- Outjes-khaou sehetep-netcherou
- « Celui qui porte les couronnes, qui réjouit les dieux ».
Nom de Nesout-bit (Nom de couronnement)
- Nesout bity Nebkheperourê
- « Roi de Haute et Basse Égypte, le maître des transformations de Rê ».
Nom de Sa-Rê (Nom de naissance)
- Sa Rê : Toutankhamon héqa iounou shemaou
- « Fils de Rê, Image vivante d'Amon, Souverain de l'Héliopolis du sud »
Galerie
Image:Ägyptischer Maler um 1350 v. Chr. 001.jpg|Couvercle de coffre en ivoire à l'éffigie Toutankhamon et de sa reine.
Image:Ägyptischer Maler um 1355 v. Chr. 001.jpg|Coffre du tombeau de Toutankhamon : bataille de Toutankhamon contre les Asiatiques.
Image:Tutanchamun Maske.jpg|Masque d'or de Toutankhamon.
Image:Egypt.KV62.01.jpg|Tombe de Toutankhamon dans la Vallée des Rois.
ja:ツタンカーメン
th:ฟาโรห์ตุตันคามุน
Ramsès
Ramsès (ou Ramses et Ramesses) est le nom d'origine grec de onze pharaons des et .
Ce nom entrait dans la composition de la titulature royale en tant que nom de Sa-Rê ou nom.
Hiéroglyphes
Les Ramsès
- :
- Ramsès Ier (1295 à 1294)
- Ramsès II (1279 à 1213)
- :
- Ramsès III (1184 à 1153)
- Ramsès IV (1153 à 1147)
- Ramsès V (1147 à 1143)
- Ramsès VI (1143 à 1136)
- Ramsès VII (1136 à 1129)
- Ramsès VIII (1129 à 1126)
- Ramsès IX (1126 à 1108)
- Ramsès X (1109 à 1099)
- Ramsès XI (1099 à 1069)
Autre signification
Ce nom est également celui du Rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies, publié chaque année depuis 1990 par l'IFRI.
Ramses
Ramses
Ramses
Ramses
TaousertCatégorie:Index égyptologique
catégorie:Pharaon
Catégorie:XIXe dynastie égyptienne
Taousert est une femme pharaon dont le nom signifie « la Puissante ». Elle est l'épouse de Séthi II. Dernière représentante de la , elle laisse la place à Sethnakht.
Elle fait partie de ces quelques reines égyptiennes qui exercèrent le pouvoir royal en leur nom propre.
Taousert ne régna à vrai dire que très peu de temps. Là encore, les avis divergent quant aux dates exactes de son régne personnel, qui semble avoir duré deux ans. Elle aurait été renversée par un complot organisé par son successeur, Sethnakht.
Taousert est également célèbre pour la superbe tombe (KV14) qu’elle fit aménager dans la Vallée des Rois.
Conservée après avoir été déplacée dans une cache royale (KV35), sa momie a pu être identifiée.
Lien externe
- http://membres.lycos.fr/menoud/murielle/antiquite/egypte/reines/taousert.htm
SethnakhtCatégorie:Index égyptologique
catégorie:Pharaon
Catégorie:XXe dynastie égyptienne
Sethnakht est un phraon de la . Père de Ramsès III, il est déjà âgé quand il monte sur le trône d'Égypte.
Crète
La Crète est une île méditerranéenne qui se distingue par sa situation géographique qui constitue le point méridional extrême de l'Europe. Rattachée à la Grèce en 1913, elle en est une des treize périphéries (région administrative).
La Crète est le berceau de la civilisation minoenne, dont Cnossos est le cœur et le site archéologique le plus important.
Histoire
Cnossos
- À partir de 7000 av. J.-C. (époque néolithique), l'île est envahie par des peuples venant d'Anatolie qui pratiquent l'agriculture et l'élevage. Les plus anciennes poteries sont trouvées à Cnossos et Phaistos. Culte de la « Grande Mère », déesse de la fertilité.
- Période prépalatiale : 2600-2100 av. J.-C. De nouveaux immigrants viennent de l'est. Les poteries sont plus fines, le travail du cuivre et du bronze se généralise.
- Période paléopalatiale : 2100-1650 av. J.-C. La Crète atteint une position prééminente en mer Méditerranée.
- Période néopalatiale : 1650-1450 av. J.-C. Suite à des catastrophes naturelles, vraisemblablement séismes et raz-de-marée liés à l'explosion du Santorin, la construction de sites plus grands est relancée à l'image de Cnossos.
- Période postpalatiale : 1450-1200 av. J.-C. La culture minoenne décline rapidement. Les Mycéniens envahissent la Crète.
- 1200-67 av. J.-C. : La Crète vit selon l'organisation sociale dorienne et à l'ombre de la culture grecque classique.
- 67 av. J.-C. - 395 : La Crète appartient à l'Empire Romain. Gortyne devient capitale de la Crète et de la province qui comprend la Cyrénaique.
- 395-824 : La Crète fait partie de l'empire byzantin.
- 824-961 : Occupation arabe.
- 961-1204 : Reconquête par les Byzantins.
- 1204-1669 : Après la prise de Constantinople par les croisés, Candia (la Crète) devient vénitienne.
- 1669 : Les Turcs conquièrent Héraklion et dominent l'île pendant 200 ans.
- 1898 : La Crète devient autonome et le prince Georges de Grèce devient son Haut-Commissaire.
- 1913 : La Crète est rattachée à la Grèce.
Géographie
Grèce
La Crète possède une forme étirée d'est en ouest (250 km sur 60 au maximum). D'une superficie de 8400 km²,
1000 km environ de périphérie, elle est la cinquième île de Méditerranée après la Sicile, la Sardaigne, la Corse et Chypre. Tout comme la Corse, elle est montagneuse, le point culminant est le Psiloritis à 2500 m.
La Crète compte officiellement environ 300 000 oliviers. Riche d'un écosystème très diversifié, elle abrite plusieurs espèces d'animaux qu'on ne retrouve nulle part ailleurs, ainsi qu'une flore très variée. L'île est bercée par un climat méditerranéen, l'été est chaud et sec, alors que l'hiver est plutôt doux.
La Crète souffre en revanche de problèmes d'environnement. En effet, il y a quelques années encore, une immense décharge à ciel ouvert située près de Chania posait d'importants problèmes écologiques. L'état grec a donc décidé de la fermer. Mais il existe encore beaucoup de décharges sauvages un peu partout sur l'île. Les plages sont elles aussi envahies de déchets en tout genre (bien que certaines d'entre elles soient régulièrement nettoyées, comme Elafonissi). Les rivages crétois sont malheureusement victimes également de dégazages.
Principales villes
- Agios Nikolaos
- La Canée (Chania)
- Cnossos
- Héraklion
- Ierapetra
- Paleohora
- Rethymno
- Sfakia
- Spili
- Timbaki
Économie
Tourisme
Mythes Fondateurs
L'île de Crète a été le théâtre de nombreux épisodes de la mythologie grecque:
- elle est le lieu où Zeus est né, protégé par sa mère Gaia (la Terre), contre l'appétit de son père Cronos.
- elle est le lieu des amours de Zeus et de sa captive Europe, liaison qui donnera naissance à Minos, le roi légendaire de la Crète.
- l'épouse de Minos ayant succombé au charme d'un taureau blanc, elle enfantera le fameux Minotaure. Celui-ci sera enfermé par Minos dans le Labyrinthe, construit par l'architecte Dédale. L'emplacement du Labyrinthe serait reconnaissable d'après certains archéologues sur le site de Cnossos en Crète.
- la ruse et le courage de Thésée et d'Ariane permettront de tuer le Minotaure et de ressortir du Labyrinthe.
- Enfin, Dédale et son fils Icare cherchent à s'échapper de l'île où la vengeance de Minos les poursuit : pour cela, Dédale construit des ailes en cire. Icare y laissera la vie en volant trop près du soleil.
Voir aussi
- Périphérie de Crète
Liens externes
- [http://www.crète.net Le portail de la Crète - Guide, actualités, météo, réservations, plans et cartes]
- [http://crete.free.fr La Crète - Voyage en images]
- [http://nezumi.dumousseau.free.fr/crete.htm Les principaux sites de Crète]
- [http://grecomania.site.voila.fr/Crete/index.html Site sur la Crète]
Catégorie:Île grecque Catégorie:Région grecque
ja:クレタ島
Temple de Louxor
Louxor
Louxor
Louxor
Louxor
Le Temple de Louxor (Ipet Resyt, « le harem du sud ») est un temple égyptien construit à Thèbes sous la , aux alentours de 1300 av. J.-C. Il n'en reste aujourd'hui que le grand pylône et des colonnades.
La construction du temple fut commandé par Aménophis III à son architecte Amenhotep. Délaissé durant le règne du pharaon réformateur Akhénaton, les travaux seront repris sous Toutankhamon et usurpés par Horemheb. Ramsès II fera ajouter le grand pylône, deux obélisques, et une nouvelle salle hypostyle. Les pharaons nubiens du VIIIe siècle av. J.-C. lui ajouteront le mur d'enceinte. Dans sa version finale, il faisait 260 mètres de longueur pour environ 50 mètres de largeur.
Le temple de Louxor est le pendant du Grand temple d'Amon à Karnak. Situé à un peu plus de deux kilomètres, les deux temples étaient autrefois reliés par une allée bordée de sept cent sphinx à tête de bélier (animal sacré du dieu Amon) qui furent convertis en sphinx à visage humain sous le règne de Nectanébo Ier.
Le temple de Louxor était dédié à la triade de Thèbes : Amon, Mout et Khonsou. Il est construit autour de la chapelle reposoir qui accueillait la barque sacrée portant l'effigie du dieu Amon lors de sa sortie annuelle.
L'entrée du temple était encadrée de deux obélisques. Ils furent offerts à la France de Louis-Philippe par Méhémet Ali, mais seul celui de droite (en regardant le temple) fut abattu et transporté vers la France. Il trone à présent au milieu de la place de la Concorde à Paris. En échange des obélisques, la France offrit une horloge qui orne aujourd'hui le minaret d'une mosquée du Caire. Le deuxième a été officiellement rendu à l'Égypte par le Président François Mitterrand.
Articles connexes
François Mitterrand
- Musée de Louxor,
- Temple de Karnak,
- Ville de Thèbes,
Liens externes
- http://www.desir-egypte.org/page20complexreliglouxor.html
- http://www.structurae.net/fr/structures/data/s0006831/index.cfm
- http://www.silland.com/louxor_fichiers/index_louxor.htm
Abou Simbel
En Égypte, à environ soixante-dix kilomètres de la deuxième cataracte du Nil se trouve le temple d'Abou Simbel construit pendant la 19e dynastie. Sauvé de l'inondation par l'UNESCO, le chef d'œuvre nubien de Ramsès II, situé à l'origine sur les collines sacrées de Méha et d'Ibshek, a été démonté entièrement et reconstruit sur une colline factice à l'abri de monté des eaux du lac Nasser. Le sauvatage d'Abou Simbel représente pour l'Archéologie la mise en place de mesures décrétées par l'UNESCO et qui à fait reconnaître à plusieurs pays l'importance de préserver le patrimoine mondial.
patrimoine mondial
Sur la colline de Méha, le grand temple est dédié à Ramsès et aux trois grands dieux Amon, Rê et Ptah. À l'entrée, on trouve quatre colosses de Ramsès assis dont un qui se serait cassé peu après sa construction. Le pronaos est flanqué de huit piliers osiriaques de dix mètres au trait de Ramsès.
Sur les parois sont représenté les deux fonctions royales :
- sekhem (puissance): Rituel du massacre des ennemis et la bataille de Qadesh.
:bataille de Qadesh bataille de Qadesh
- heqa (gouvernement): Cérémonies de culte et offrandes.
:bataille de Qadesh bataille de Qadesh
Au fond du sanctuaire les statues représentent Ptah, Rê-Horakhty, Ramsès et Amon-Rê. Construit par Sétaou, dignitaire d'origine asiatique, le temple est disposé de façon à ce que deux fois par an, la salle où trônent les représentations divines reçoit les rayons solaires régénérateurs.
Galerie
Image:Egypt_Abou_Simbel4.jpg|Piliers osiriaques.
Image:Abou simbel face.jpg|Temple vu de face.
Image:Abou simbel pharaons.jpg|Les deux colosses de droite.
Image:Abu Simbel, Nefertari Temple, Lake Nasser, Egypt, Oct 2004.jpg|Lac Nasser.
Image:Abu Simbel, Ramesses Temple, front, Egypt, Oct 2004.jpg|Facade du temple.
Image:Abu Simbel, Ramesses Temple, corridor statue, Egypt, Oct 2004.jpg|Corridor dans le temple.
Image:Abu Simbel, Ramesses Temple, chamber decoration, Egypt, Oct 2004.jpg|Peintures murales.
Articles connexes
- Égypte ;
- Nubie.
Catégorie:Index égyptologique
Catégorie:Temple égyptien
Catégorie:Patrimoine mondial en Égypte
Catégorie:Site égyptologique
ja:アブ・シンベル神殿
ms:Abu Simbel
HyksôsLes Hyksôs (démotique : heka khasewet, grec : Υκσως) formaient autrefois un groupe pluriethnique vivant dans l'Asie de l'ouest, et qui arriva à l'est du delta du Nil au cours de la seconde période intermédiaire.
Ils chassèrent les dirigeants de la XIII dynastie, qui siégaient à Memphis, et fondèrent la XV et la XVI dynastie d'Égypte (entre -1674 et -1548), régnant sur la Basse et la Moyenne Égypte durant plus d'un siècle.
Traditionnellement, seuls six dirigeants de la XV dynastie sont appelés "Hyksôs". Les Tanach se qualifient eux-mêmes de Cananéens, déscendants de Ham, fils de Noa. Les noms Hyksôs sont très proches des noms cananéens, et certains archéologues pensent que les Hyksôs et les Phéniciens sont un seul et même peuple. Les Hyksôs introduisirent de nouveaux armements en Égypte, notamment l'arc composite, le cheval et le char.
Les nombreux princes de la XVI dynastie sont en partie Hyksôs, en partie sémites, en partie asiatiques et en partie égyptiens. Les noms des princes de la XV dynastie nous sont parvenus grâce aux œuvres et aux monuments égyptiens, ainsi que par l'Histoire d'Égypte de Manetho, rédigée sous Ptolémée III.
Les Hyksôs
Le terme "Hyksôs" vient de l'expression démotique heka khasewet (Maitres des Terres Etrangères), utilisée par les Égyptiens, notamment dans la Liste de Turin qui recense les dirigeants des pays alentour. On note l'apparition de cette expression sous l'ancien Empire, s'adressant notamment à de nombreux chefs nubiens, et jusqu'aux débuts du Moyen Empire, renvoyant cette fois aux bédouins de Syrie-Palestine. On pense aujourd'hui que seuls six des Pharaons de la XV dynastie étaient réellement des Hyksôs, non seulement parce qu'ils portaient la couronne égyptienne, mais également parce que Manetho les appelait lui-meme "Hyksôs". Au total, les Hyksôs ont régné 108 ans sur le Royaume d'Égypte.
Wolfgang Helck posa l'hypothèse selon laquelle les Hyksôs étaient une partie des Hurriens et Indo-Aryens, ayant migré vers l'Est. Toujours d'après Helck, les Hyksôs vivaient dans l'empire Hurrien qui s'étendant sur la plupart de l'Asie Orientale. Aujourd'hui cependant, on considère plus volontiers que les Hyksôs étaient un peuple sémitique.
Les noms, l'ordre et le nombre total des Pharaons de la XV dynastie ne sont pas connus avec certitude. Les noms sont cités sous la forme de hiéroglyphes sur les monuments, sur des petits objets et des bijoux, sur des vases. Dans les cas où le Prenomen (le 4 nom du Pharaon, qui suit le titre royal n-sw-bit, "Roi de la Haute et de la Basse Égypte") et le Nomen (le 5 nom du Pharaon, qui suit le titre royal sa Ra, "Fils de Râ") n'apparaissent pas ensemble sur un même objet, on ne peut donc pas affirmer que les deux, réunis, appartiennent à une seule personne.
Cette période de l'Histoire égyptienne est, pour les archéologues et les historiens, un véritable cauchemar chronologique. Seuls de nouveaux éléments pourraient résoudre cette ignorance généralisée. L'Histoire d'Égypte de Manetho n'est connue qu'à travers les œuvres d'autres auteurs, tels que le romain Flavius Josephus. Ces sources indirectes ne donnent pas le nom des dirigeants Hyksôs dans le même ordre. Pour encore compliquer le problème, les orthographes sont tellement divergentes les unes des autres qu'elles sont inutilisables : Beon/Bnon, Apachnan/Pachnan, Annas/Staan, Assis/Archles...
Les noms des Pharaons Hyksôs de la XV dynastie retrouvés sur les différents monuments historiques sont :
:1. Sa-kha-en-ra Shalik1
:2. Ma-ib-ra Sheshy1, 2
:3. Mer-woser-ra Yaqob-her
:4. Se-woser-en-ra Khayan
:5. Apopi (entre autres noms possibles : Aawoserra, Aaqenenra, et Nebkhepeshra)
:6. Aa-sech-ra Khamudy 1
1 Chaque partie du nom a été retrouvée sur un objet ou un monument différent : l'unité du nom n'est pas garantie.
2 On n'a aucune certitude quant à l'exactitude du nom, il est fortement probable que ce ne soit pas le nom complet.
Bien que le nom sémitique "Jacob" puisse apparaître sous la forme "Yaqob-her", mais la parenté directe comme indirecte entre ce nom et les peuples sémites est plus que discutable.
On a retrouvé, par exemple dans le cas n°5 de la liste ci-dessus, le nom de certains dirigeants sur un seul objet ou un seul monument. On ne sait pas, cependant, s'il s'agit d'un seul ou de trois pharaons différents. On sait par exemple que "Aweserra" Apophis a eu pour successeur un second "Apophis", qui pris le Prenomen "Aa-qenen-re". Hayes suggère que les dirigeants cités dans la liste en n°1 et n°2 puissent être un seul et même personnage, liste à laquelle il ajoute Apophis II. Le CAH (Cambridge Ancient History) reprend l'ordre du Grec Josephus, qui reprit lui-même Manetho, et reprend également l'ancienne forme erronée, "Apophis".
Gardiner, en revanche, prétend qu'il y a eu trois rois Apopi. Ce problème n'a, à ce jour, aucune solution, et on ne sait pas s'il y eu un, deux ou trois Apopi.
L'invasion Hyksôs
Manetho décrit l'invasion Hyksôs comme une horde de barbares étrangers qui firent tomber sans effort les contrées qu'ils traversaient, et soumirent les peuples à leur volonté par la supériorité militaire.
Quand on voit en effet que les Hyksôs ont apporté l'arc composite, le char, des nouvelles flèches, de nouveaux boucliers, sabres, dagues, casques et cottes de mailles, on est en droit de croire qu'ils étaient une force militaire inconstestable. Cependant, rien ne prouve qu'ils en aient fait usage : on sait juste qu'ils avaient de leur côté un potentiel militaire impressionnant, et des années d'avance sur l'armement des autres pays - de quoi faire fléchir plus d'un roi.
Helck soutient l'idée d'une invasion, en partie liée à son hypothèse Hurrienne. Cependant, on considère aujourd'hui que l'"invasion" n'a jamais eu lieu, que les Hyksôs se sont infiltrés au sein de différents groupes, notamment les sémites, et arrivèrent au pouvoir vers la fin du Moyen Empire quand celui-ci était en pleine décadence - il est même possible qu'ils aient été les esclaves des Égyptiens. Von Beckerath prétend même que toute invasion sémite est parfaitement impossible, car les tribus n'étaient ni assez nombreuses, ni assez développées pour vaincre l'armée égyptienne. Le Royaume Hyksôs n'a pas pu non plus être une extension de l'Empire Hurrien, contrairement aux théories de Helck, car il est possible que l'Empire Hurrien n'ait... tout simplement jamais existé. On pense donc que les Hyksôs, partie de la civilisation égyptienne, mais appartenant à une minorité, ont étendu leur pouvoir sur l'Égypte.
Les preuves principales étayant la théorie de l'Empire Hyksôs étaient principalement des petits objets de style Hyksôs trouvés en Palestine, un vase à Cnossos et un petit lion de granite à Bagdad, autrefois Babel. On a retrouvé des inscriptions de noms Hyksôs jusqu'à Kerma, au Soudan. On a prouvé que ces petits objets étaient le fruit du commerce, n'impliquant aucun pouvoir politique ou militaire de la part des futurs dirigeants.
Étendue et nature du règne Hyksôs
Le Royaume Hyksôs fut centré au niveau de l'est du delta du Nil et de la Moyenne Égypte, n'atteignant jamais la Haute Égypte, encore sous le controle des dirigeants de Thèbes. Les relations entre les Hyksôs et le sud semblent n'avoir été que commerciales, bien que les princes de Thèbes aient apparemment reconnu les Hyksôs et leur aurait payé un tribut pour un temps. Les Hyksôs de la XV dynastie établirent leur capitale à Memphis, et leur résidence secondaire à Avaris.
Von Beckerath étudia notamment les écritures de leurs noms, en hiéroglyphes, révélateurs semble-t-il d'une acceptation du rôle de Roi d'Égypte "à l'ancienne", adoptant le dieu Seth pour représenter leur propre déité - les Hyksôs semblaient s'intégrer à la vie égyptienne plus que le contraire.
Par ailleurs, l'administration des Hyksôs était loin d'être remise en cause, ils étaient même soutenus par une grande partie de leurs sujets. Mais, en dépit de la prospérité et de la situation relativement stable sous leur règne, les princes égyptiens voyaient encore les Hyksôs comme de détestables envahisseurs asiatiques.
Ils vivaient dans une paix relative, préservant un certain statu quo, jusqu'à la reconquête par le sud des Princes de Thèbes. Quand ils furent finalement chassés d'Égypte, toutes les traces de leur occupation de Hyksôs furent détruites. Les dirigeants de la nouvelle XVIII dynastie réécrirent une partie de l'histoire à leur avantage. Il s'ensuivit une guerre raciale contre les Hyksôs.
L'offensive des princes de Thèbes
Sous Sekenenra Tao II
La guerre contre les Hyksôs commenca vers la fin de la XVII dynastie, à Thèbes. Des écrits plus récents du Nouvel Empire font intervenir Seqenenra Tao II, un prince de Thèbes. Il aurait contacté un de ses contemporains Hyksôs, Aauserra Apopi. La tradition prit la forme d'un conte, dans lequel le roi Hyksôs Apopi envoya un messager à Seqenenra à Thèbes, demandant que le bassin des hippopotames soit détruit à cause du bruit qui l'empêchait de dormir - la réalité historique que l'on peut retirer de cette version pour enfants est la division de l'Égypte, la quasi-totalité du territoire devant payer le tribut aux quelques Hyksôs du nord.
Seqenenra Tao II tenta une approche diplomatique, qui alla probablement au-delà des échanges d'insultes avec les rois Hyksôs : il aurait envoyé à plusieurs reprises des troupes attaquer les Hyksôs, batailles au cours desquelles il aurait finalement perdu la vie. Son fils et successeur, Wadjkheperra Kamose, le dernier représentant de la XVII dynastie de Thèbes, tentera à son tour la reconquête de l'Égypte du nord.
Sous Kamose
Montet (1964, Égypte Éternelle) supposa que l'origine de la guerre contre les Hyksôs est une guerre de religion : Amon contre Seth. Rien cependant ne semble étayer cette hypothèse - il est plus probable que la domination, perçue comme étrangère par les princes de Thèbes, ait déclenché le conflit.
Kamose attaqua et détruisit la garnison sud des Hyksôs à Nefrusy, cité au nord de Cusae (aujourd'hui Asyut), puis mena son armée au voisinage de la ville d'Avaris. Sans réussir toutefois à prendre la cité, les troupes égyptiennes ravagèrent les champs, les cultures et les villages alentour.
A la fin du règne d'Aawoserra Apopi, l'un des derniers rois Hyksôs de la XV dynastie, les forces Hyksôs en déroute en Moyenne Égypte se retirèrent au nord, et se réfugièrent chez le roi Fayyum, à Atfih. Ce grand roi Hyksôs dépassa son rival, le prince Sekenenra Tao II, et était encore sur le trône à la mort de Kamose.
Les derniers rois Hyksôs de la XV dynastie ont régné relativement peu de temps, avant l'arrivée au pouvoir du successeur de Kamose à la mort de ce dernier, Ahmose, premier roi de la XVIII dynastie.
Sous Ahmose
Ahmose, premier roi de la XVIII dynastie, a siégé sur le trône de Thèbes avant de continuer la guerre envers les Hyksôs.
On retrouve les détails de ses campagnes militaires sur les murs de la tombe d'un autre Ahmose, un soldat d'El-Kab - petite ville de Haute Égypte - dont le père a servi Seqenenra Tao II, et issu d'une famille noble. Plusieurs campagnes, semble-t-il, ont été nécessaires pour vaincre les Hyksôs, qui furent finalement chassés de Basse Égypte. On n'a aucune certitude quant à l'époque des faits.
Certains datent l'expulsion des Hyksôs à la quatrième année du règne d'Ahmose, d'autres à sa quinzième (D. Redford). Le soldat Ahmose précisa qu'il suivait à pied le char du roi Ahmose - c'est la première fois qu'il est fait mention de chevaux et de chars par les Égyptiens. Dans les différents combats autour d'Avaris, le soldat captura des prisonniers et serra de nombreuses mains, ce qui lui valut après la bataille de nombreuses récompenses, notamment l' "Or des Braves" à trois reprises.
Après la chute d'Avaris, les Hyksôs fuyant l'Égypte furent poursuivis par l'armée égyptienne jusqu'au Sinaï et en Palestine. Là, dans le désert du Negeb, entre Rafa et Gaza, la ville fortifiée de Sharuhen qui les héberga subit, d'après le soldat, trois années de siège. Nous n'avons, là encore, que peu d'éléments chronologiques fiables permettant de dater avec certitude ces évènements.
Voir aussi
Références et bibliographie
- Sir Alan Gardiner : L'Égypte des Pharaons (Egypt of the Pharaohs, 1964, 1961).
- William C. Hayes :
- The Cambridge Ancient History, Revised Edition. Cambridge, 1964.
- The Cambridge Ancient History, Revised Edition (1965, fascicule 6)
- Wolfgang Helck : Die Beziehungen Ägyptens zu Vorderasien im 3. und 2. Jahrtausend v. Chr. (1962)
- Jürgen Beckerath : Untersuchungen zur politischen Geschichte der zweiten Zwischenzeit in Ägypten (1965)
- William A. Ward : Orientalia 33 (1964), pages 135-140.
- Erik Hornung : Untersuchungen zur Chronologie und Geschichte des Neuen Reiches (1964)
- T.G.H James : The Cambridge Ancient History, Revised Edition (1965, fascicule 34)
- Pierre Montet : Éternelle Égypte (1964).
- James B Pritchard : Ancient Near Eastern Texts Relating to the Old Testament, (3e édition, 1969).
- Donald B. Redford :
- History and Chronology of the Eighteenth Dynasty of Egypt: Seven Studies. (1967).
- The Hyksos Invasion in History and Tradition, Orientalia 39 (1970).
- John Van Seters : The Hyksos: A New Investigation (1967).
- H.E. Winlock : The Rise and Fall of the Middle Kingdom in Thebes (1947).
Liens externes
- [http://ancientneareast.tripod.com/Hyksos.html La Dynastie Hyksos en Égypte]
Catégorie:Index égyptologique
HyksôsLes Hyksôs (démotique : heka khasewet, grec : Υκσως) formaient autrefois un groupe pluriethnique vivant dans l'Asie de l'ouest, et qui arriva à l'est du delta du Nil au cours de la seconde période intermédiaire.
Ils chassèrent les dirigeants de la XIII dynastie, qui siégaient à Memphis, et fondèrent la XV et la XVI dynastie d'Égypte (entre -1674 et -1548), régnant sur la Basse et la Moyenne Égypte durant plus d'un siècle.
Traditionnellement, seuls six dirigeants de la XV dynastie sont appelés "Hyksôs". Les Tanach se qualifient eux-mêmes de Cananéens, déscendants de Ham, fils de Noa. Les noms Hyksôs sont très proches des noms cananéens, et certains archéologues pensent que les Hyksôs et les Phéniciens sont un seul et même peuple. Les Hyksôs introduisirent de nouveaux armements en Égypte, notamment l'arc composite, le cheval et le char.
Les nombreux princes de la XVI dynastie sont en partie Hyksôs, en partie sémites, en partie asiatiques et en partie égyptiens. Les noms des princes de la XV dynastie nous sont parvenus grâce aux œuvres et aux monuments égyptiens, ainsi que par l'Histoire d'Égypte de Manetho, rédigée sous Ptolémée III.
Les Hyksôs
Le terme "Hyksôs" vient de l'expression démotique heka khasewet (Maitres des Terres Etrangères), utilisée par les Égyptiens, notamment dans la Liste de Turin qui recense les dirigeants des pays alentour. On note l'apparition de cette expression sous l'ancien Empire, s'adressant notamment à de nombreux chefs nubiens, et jusqu'aux débuts du Moyen Empire, renvoyant cette fois aux bédouins de Syrie-Palestine. On pense aujourd'hui que seuls six des Pharaons de la XV dynastie étaient réellement des Hyksôs, non seulement parce qu'ils portaient la couronne égyptienne, mais également parce que Manetho les appelait lui-meme "Hyksôs". Au total, les Hyksôs ont régné 108 ans sur le Royaume d'Égypte.
Wolfgang Helck posa l'hypothèse selon laquelle les Hyksôs étaient une partie des Hurriens et Indo-Aryens, ayant migré vers l'Est. Toujours d'après Helck, les Hyksôs vivaient dans l'empire Hurrien qui s'étendant sur la plupart de l'Asie Orientale. Aujourd'hui cependant, on considère plus volontiers que les Hyksôs étaient un peuple sémitique.
Les noms, l'ordre et le nombre total des Pharaons de la XV dynastie ne sont pas connus avec certitude. Les noms sont cités sous la forme de hiéroglyphes sur les monuments, sur des petits objets et des bijoux, sur des vases. Dans les cas où le Prenomen (le 4 nom du Pharaon, qui suit le titre royal n-sw-bit, "Roi de la Haute et de la Basse Égypte") et le Nomen (le 5 nom du Pharaon, qui suit le titre royal sa Ra, "Fils de Râ") n'apparaissent pas ensemble sur un même objet, on ne peut donc pas affirmer que les deux, réunis, appartiennent à une seule personne.
Cette période de l'Histoire égyptienne est, pour les archéologues et les historiens, un véritable cauchemar chronologique. Seuls de nouveaux éléments pourraient résoudre cette ignorance généralisée. L'Histoire d'Égypte de Manetho n'est connue qu'à travers les œuvres d'autres auteurs, tels que le romain Flavius Josephus. Ces sources indirectes ne donnent pas le nom des dirigeants Hyksôs dans le même ordre. Pour encore compliquer le problème, les orthographes sont tellement divergentes les unes des autres qu'elles sont inutilisables : Beon/Bnon, Apachnan/Pachnan, Annas/Staan, Assis/Archles...
Les noms des Pharaons Hyksôs de la XV dynastie retrouvés sur les différents monuments historiques sont :
:1. Sa-kha-en-ra Shalik1
:2. Ma-ib-ra Sheshy1, 2
:3. Mer-woser-ra Yaqob-her
:4. Se-woser-en-ra Khayan
:5. Apopi (entre autres noms possibles : Aawoserra, Aaqenenra, et Nebkhepeshra)
:6. Aa-sech-ra Khamudy 1
1 Chaque partie du nom a été retrouvée sur un objet ou un monument différent : l'unité du nom n'est pas garantie.
2 On n'a aucune certitude quant à l'exactitude du nom, il est fortement probable que ce ne soit pas le nom complet.
Bien que le nom sémitique "Jacob" puisse apparaître sous la forme "Yaqob-her", mais la parenté directe comme indirecte entre ce nom et les peuples sémites est plus que discutable.
On a retrouvé, par exemple dans le cas n°5 de la liste ci-dessus, le nom de certains dirigeants sur un seul objet ou un seul monument. On ne sait pas, cependant, s'il s'agit d'un seul ou de trois pharaons différents. On sait par exemple que "Aweserra" Apophis a eu pour successeur un second "Apophis", qui pris le Prenomen "Aa-qenen-re". Hayes suggère que les dirigeants cités dans la liste en n°1 et n°2 puissent être un seul et même personnage, liste à laquelle il ajoute Apophis II. Le CAH (Cambridge Ancient History) reprend l'ordre du Grec Josephus, qui reprit lui-même Manetho, et reprend également l'ancienne forme erronée, "Apophis".
Gardiner, en revanche, prétend qu'il y a eu trois rois Apopi. Ce problème n'a, à ce jour, aucune solution, et on ne sait pas s'il y eu un, deux ou trois Apopi.
L'invasion Hyksôs
Manetho décrit l'invasion Hyksôs comme une horde de barbares étrangers qui firent tomber sans effort les contrées qu'ils traversaient, et soumirent les peuples à leur volonté par la supériorité militaire.
Quand on voit en effet que les Hyksôs ont apporté l'arc composite, le char, des nouvelles flèches, de nouveaux boucliers, sabres, dagues, casques et cottes de mailles, on est en droit de croire qu'ils étaient une force militaire inconstestable. Cependant, rien ne prouve qu'ils en aient fait usage : on sait juste qu'ils avaient de leur côté un potentiel militaire impressionnant, et des années d'avance sur l'armement des autres pays - de quoi faire fléchir plus d'un roi.
Helck soutient l'idée d'une invasion, en partie liée à son hypothèse Hurrienne. Cependant, on considère aujourd'hui que l'"invasion" n'a jamais eu lieu, que les Hyksôs se sont infiltrés au sein de différents groupes, notamment les sémites, et arrivèrent au pouvoir vers la fin du Moyen Empire quand celui-ci était en pleine décadence - il est même possible qu'ils aient été les esclaves des Égyptiens. Von Beckerath prétend même que toute invasion sémite est parfaitement impossible, car les tribus n'étaient ni assez nombreuses, ni assez développées pour vaincre l'armée égyptienne. Le Royaume Hyksôs n'a pas pu non plus être une extension de l'Empire Hurrien, contrairement aux théories de Helck, car il est possible que l'Empire Hurrien n'ait... tout simplement jamais existé. On pense donc que les Hyksôs, partie de la civilisation égyptienne, mais appartenant à une minorité, ont étendu leur pouvoir sur l'Égypte.
Les preuves principales étayant la théorie de l'Empire Hyksôs étaient principalement des petits objets de style Hyksôs trouvés en Palestine, un vase à Cnossos et un petit lion de granite à Bagdad, autrefois Babel. On a retrouvé des inscriptions de noms Hyksôs jusqu'à Kerma, au Soudan. On a prouvé que ces petits objets étaient le fruit du commerce, n'impliquant aucun pouvoir politique ou militaire de la part des futurs dirigeants.
Étendue et nature du règne Hyksôs
Le Royaume Hyksôs fut centré au niveau de l'est du delta du Nil et de la Moyenne Égypte, n'atteignant jamais la Haute Égypte, encore sous le controle des dirigeants de Thèbes. Les relations entre les Hyksôs et le sud semblent n'avoir été que commerciales, bien que les princes de Thèbes aient apparemment reconnu les Hyksôs et leur aurait payé un tribut pour un temps. Les Hyksôs de la XV dynastie établirent leur capitale à Memphis, et leur résidence secondaire à Avaris.
Von Beckerath étudia notamment les écritures de leurs noms, en hiéroglyphes, révélateurs semble-t-il d'une acceptation du rôle de Roi d'Égypte "à l'ancienne", adoptant le dieu Seth pour représenter leur propre déité - les Hyksôs semblaient s'intégrer à la vie égyptienne plus que le contraire.
Par ailleurs, l'administration des Hyksôs était loin d'être remise en cause, ils étaient même soutenus par une grande partie de leurs sujets. Mais, en dépit de la prospérité et de la situation relativement stable sous leur règne, les princes égyptiens voyaient encore les Hyksôs comme de détestables envahisseurs asiatiques.
Ils vivaient dans une paix relative, préservant un certain statu quo, jusqu'à la reconquête par le sud des Princes de Thèbes. Quand ils furent finalement chassés d'Égypte, toutes les traces de leur occupation de Hyksôs furent détruites. Les dirigeants de la nouvelle XVIII dynastie réécrirent une partie de l'histoire à leur avantage. Il s'ensuivit une guerre raciale contre les Hyksôs.
L'offensive des princes de Thèbes
Sous Sekenenra Tao II
La guerre contre les Hyksôs commenca vers la fin de la XVII dynastie, à Thèbes. Des écrits plus récents du Nouvel Empire font intervenir Seqenenra Tao II, un prince de Thèbes. Il aurait contacté un de ses contemporains Hyksôs, Aauserra Apopi. La tradition prit la forme d'un conte, dans lequel le roi Hyksôs Apopi envoya un messager à Seqenenra à Thèbes, demandant que le bassin des hippopotames soit détruit à cause du bruit qui l'empêchait de dormir - la réalité historique que l'on peut retirer de cette version pour enfants est la division de l'Égypte, la quasi-totalité du territoire devant payer le tribut aux quelques Hyksôs du nord.
Seqenenra Tao II tenta une approche diplomatique, qui alla probablement au-delà des échanges d'insultes avec les rois Hyksôs : il aurait envoyé à plusieurs reprises des troupes attaquer les Hyksôs, batailles au cours desquelles il aurait finalement perdu la vie. Son fils et successeur, Wadjkheperra Kamose, le dernier représentant de la XVII dynastie de Thèbes, tentera à son tour la reconquête de l'Égypte du nord.
Sous Kamose
Montet (1964, Égypte Éternelle) supposa que l'origine de la guerre contre les Hyksôs est une guerre de religion : Amon contre Seth. Rien cependant ne semble étayer cette hypothèse - il est plus probable que la domination, perçue comme étrangère par les princes de Thèbes, ait déclenché le conflit.
Kamose attaqua et détruisit la garnison sud des Hyksôs à Nefrusy, cité au nord de Cusae (aujourd'hui Asyut), puis mena son armée au voisinage de la ville d'Avaris. Sans réussir toutefois à prendre la cité, les troupes égyptiennes ravagèrent les champs, les cultures et les villages alentour.
A la fin du règne d'Aawoserra Apopi, l'un des derniers rois Hyksôs de la XV dynastie, les forces Hyksôs en déroute en Moyenne Égypte se retirèrent au nord, et se réfugièrent chez le roi Fayyum, à Atfih. Ce grand roi Hyksôs dépassa son rival, le prince Sekenenra Tao II, et était encore sur le trône à la mort de Kamose.
Les derniers rois Hyksôs de la XV dynastie ont régné relativement peu de temps, avant l'arrivée au pouvoir du successeur de Kamose à la mort de ce dernier, Ahmose, premier roi de la XVIII dynastie.
Sous Ahmose
Ahmose, premier roi de la XVIII dynastie, a siégé sur le trône de Thèbes avant de continuer la guerre envers les Hyksôs.
On retrouve les détails de ses campagnes militaires sur les murs de la tombe d'un autre Ahmose, un soldat d'El-Kab - petite ville de Haute Égypte - dont le père a servi Seqenenra Tao II, et issu d'une famille noble. Plusieurs campagnes, semble-t-il, ont été nécessaires pour vaincre les Hyksôs, qui furent finalement chassés de Basse Égypte. On n'a aucune certitude quant à l'époque des faits.
Certains datent l'expulsion des Hyksôs à la quatrième année du règne d'Ahmose, d'autres à sa quinzième (D. Redford). Le soldat Ahmose précisa qu'il suivait à pied le char du roi Ahmose - c'est la première fois qu'il est fait mention de chevaux et de chars par les Égyptiens. Dans les différents combats autour d'Avaris, le soldat captura des prisonniers et serra de nombreuses mains, ce qui lui valut après la bataille de nombreuses récompenses, notamment l' "Or des Braves" à trois reprises.
Après la chute d'Avaris, les Hyksôs fuyant l'Égypte furent poursuivis par l'armée égyptienne jusqu'au Sinaï et en Palestine. Là, dans le désert du Negeb, entre Rafa et Gaza, la ville fortifiée de Sharuhen qui les héberga subit, d'après le soldat, trois années de siège. Nous n'avons, là encore, que peu d'éléments chronologiques fiables permettant de dater avec certitude ces évènements.
Voir aussi
Références et bibliographie
- Sir Alan Gardiner : L'Égypte des Pharaons (Egypt of the Pharaohs, 1964, 1961).
- William C. Hayes :
- The Cambridge Ancient History, Revised Edition. Cambridge, 1964.
- The Cambridge Ancient History, Revised Edition (1965, fascicule 6)
- Wolfgang Helck : Die Beziehungen Ägyptens zu Vorderasien im 3. und 2. Jahrtausend v. Chr. (1962)
- Jürgen Beckerath : Untersuchungen zur politischen Geschichte der zweiten Zwischenzeit in Ägypten (1965)
- William A. Ward : Orientalia 33 (1964), pages 135-140.
- Erik Hornung : Untersuchungen zur Chronologie und Geschichte des Neuen Reiches (1964)
- T.G.H James : The Cambridge Ancient History, Revised Edition (1965, fascicule 34)
- Pierre Montet : Éternelle Égypte (1964).
- James B Pritchard : Ancient Near Eastern Texts Relating to the Old Testament, (3e édition, 1969).
- Donald B. Redford :
- History and Chronology of the Eighteenth Dynasty of Egypt: Seven Studies. (1967).
- The Hyksos Invasion in History and Tradition, Orientalia 39 (1970).
- John Van Seters : The Hyksos: A New Investigation (1967).
- H.E. Winlock : The Rise and Fall of the Middle Kingdom in Thebes (1947).
Liens externes
- [http://ancientneareast.tripod.com/Hyksos.html La Dynastie Hyksos en Égypte]
Catégorie:Index égyptologique
HyksôsLes Hyksôs (démotique : heka khasewet, grec : Υκσως) formaient autrefois un groupe pluriethnique vivant dans l'Asie de l'ouest, et qui arriva à l'est du delta du Nil au cours de la seconde période intermédiaire.
Ils chassèrent les dirigeants de la XIII dynastie, qui siégaient à Memphis, et fondèrent la XV et la XVI dynastie d'Égypte (entre -1674 et -1548), régnant sur la Basse et la Moyenne Égypte durant plus d'un siècle.
Traditionnellement, seuls six dirigeants de la XV dynastie sont appelés "Hyksôs". Les Tanach se qualifient eux-mêmes de Cananéens, déscendants de Ham, fils de Noa. Les noms Hyksôs sont très proches des noms cananéens, et certains archéologues pensent que les Hyksôs et les Phéniciens sont un seul et même peuple. Les Hyksôs introduisirent de nouveaux armements en Égypte, notamment l'arc composite, le cheval et le char.
Les nombreux princes de la XVI dynastie sont en partie Hyksôs, en partie sémites, en partie asiatiques et en partie égyptiens. Les noms des princes de la XV dynastie nous sont parvenus grâce aux œuvres et aux monuments égyptiens, ainsi que par l'Histoire d'Égypte de Manetho, rédigée sous Ptolémée III.
Les Hyksôs
Le terme "Hyksôs" vient de l'expression démotique heka khasewet (Maitres des Terres Etrangères), utilisée par les Égyptiens, notamment dans la Liste de Turin qui recense les dirigeants des pays alentour. On note l'apparition de cette expression sous l'ancien Empire, s'adressant notamment à de nombreux chefs nubiens, et jusqu'aux débuts du Moyen Empire, renvoyant cette fois aux bédouins de Syrie-Palestine. On pense aujourd'hui que seuls six des Pharaons de la XV dynastie étaient réellement des Hyksôs, non seulement parce qu'ils portaient la couronne égyptienne, mais également parce que Manetho les appelait lui-meme "Hyksôs". Au total, les Hyksôs ont régné 108 ans sur le Royaume d'Égypte.
Wolfgang Helck posa l'hypothèse selon laquelle les Hyksôs étaient une partie des Hurriens et Indo-Aryens, ayant migré vers l'Est. Toujours d'après Helck, les Hyksôs vivaient dans l'empire Hurrien qui s'étendant sur la plupart de l'Asie Orientale. Aujourd'hui cependant, on considère plus volontiers que les Hyksôs étaient un peuple sémitique.
Les noms, l'ordre et le nombre total des Pharaons de la XV dynastie ne sont pas connus avec certitude. Les noms sont cités sous la forme de hiéroglyphes sur les monuments, sur des petits objets et des bijoux, sur des vases. Dans les cas où le Prenomen (le 4 nom du Pharaon, qui suit le titre royal n-sw-bit, "Roi de la Haute et de la Basse Égypte") et le Nomen (le 5 nom du Pharaon, qui suit le titre royal sa Ra, "Fils de Râ") n'apparaissent pas ensemble sur un même objet, on ne peut donc pas affirmer que les deux, réunis, appartiennent à une seule personne.
Cette période de l'Histoire égyptienne est, pour les archéologues et les historiens, un véritable cauchemar chronologique. Seuls de nouveaux éléments pourraient résoudre cette ignorance généralisée. L'Histoire d'Égypte de Manetho n'est connue qu'à travers les œuvres d'autres auteurs, tels que le romain Flavius Josephus. Ces sources indirectes ne donnent pas le nom des dirigeants Hyksôs dans le même ordre. Pour encore compliquer le problème, les orthographes sont tellement divergentes les unes des autres qu'elles sont inutilisables : Beon/Bnon, Apachnan/Pachnan, Annas/Staan, Assis/Archles...
Les noms des Pharaons Hyksôs de la XV dynastie retrouvés sur les différents monuments historiques sont :
:1. Sa-kha-en-ra Shalik1
:2. Ma-ib-ra Sheshy1, 2
:3. Mer-woser-ra Yaqob-her
:4. Se-woser-en-ra Khayan
:5. Apopi (entre autres noms possibles : Aawoserra, Aaqenenra, et Nebkhepeshra)
:6. Aa-sech-ra Khamudy 1
1 Chaque partie du nom a été retrouvée sur un objet ou un monument différent : l'unité du nom n'est pas garantie.
2 On n'a aucune certitude quant à l'exactitude du nom, il est fortement probable que ce ne soit pas le nom complet.
Bien que le nom sémitique "Jacob" puisse apparaître sous la forme "Yaqob-her", mais la parenté directe comme indirecte entre ce nom et les peuples sémites est plus que discutable.
On a retrouvé, par exemple dans le cas n°5 de la liste ci-dessus, le nom de certains dirigeants sur un seul objet ou un seul monument. On ne sait pas, cependant, s'il s'agit d'un seul ou de trois pharaons différents. On sait par exemple que "Aweserra" Apophis a eu pour successeur un second "Apophis", qui pris le Prenomen "Aa-qenen-re". Hayes suggère que les dirigeants cités dans la liste en n°1 et n°2 puissent être un seul et même personnage, liste à laquelle il ajoute Apophis II. Le CAH (Cambridge Ancient History) reprend l'ordre du Grec Josephus, qui reprit lui-même Manetho, et reprend également l'ancienne forme erronée, "Apophis".
Gardiner, en revanche, prétend qu'il y a eu trois rois Apopi. Ce problème n'a, à ce jour, aucune solution, et on ne sait pas s'il y eu un, deux ou trois Apopi.
L'invasion Hyksôs
Manetho décrit l'invasion Hyksôs comme une horde de barbares étrangers qui firent tomber sans effort les contrées qu'ils traversaient, et soumirent les peuples à leur volonté par la supériorité militaire.
Quand on voit en effet que les Hyksôs ont apporté l'arc composite, le char, des nouvelles flèches, de nouveaux boucliers, sabres, dagues, casques et cottes de mailles, on est en droit de croire qu'ils étaient une force militaire inconstestable. Cependant, rien ne prouve qu'ils en aient fait usage : on sait juste qu'ils avaient de leur côté un potentiel militaire impressionnant, et des années d'avance sur l'armement des autres pays - de quoi faire fléchir plus d'un roi.
Helck soutient l'idée d'une invasion, en partie liée à son hypothèse Hurrienne. Cependant, on considère aujourd'hui que l'"invasion" n'a jamais eu lieu, que les Hyksôs se sont infiltrés au sein de différents groupes, notamment les sémites, et arrivèrent au pouvoir vers la fin du Moyen Empire quand celui-ci était en pleine décadence - il est même possible qu'ils aient été les esclaves des Égyptiens. Von Beckerath prétend même que toute invasion sémite est parfaitement impossible, car les tribus n'étaient ni assez nombreuses, ni assez développées pour vaincre l'armée égyptienne. Le Royaume Hyksôs n'a pas pu non plus être une extension de l'Empire Hurrien, contrairement aux théories de Helck, car il est possible que l'Empire Hurrien n'ait... tout simplement jamais existé. On pense donc que les Hyksôs, partie de la civilisation égyptienne, mais appartenant à une minorité, ont étendu leur pouvoir sur l'Égypte.
Les preuves principales étayant la théorie de l'Empire Hyksôs étaient principalement des petits objets de style Hyksôs trouvés en Palestine, un vase à Cnossos et un petit lion de granite à Bagdad, autrefois Babel. On a retrouvé des inscriptions de noms Hyksôs jusqu'à Kerma, au Soudan. On a prouvé que ces petits objets étaient le fruit du commerce, n'impliquant aucun pouvoir politique ou militaire de la part des futurs dirigeants.
Étendue et nature du règne Hyksôs
Le Royaume Hyksôs fut centré au niveau de l'est du delta du Nil et de la Moyenne Égypte, n'atteignant jamais la Haute Égypte, encore sous le controle des dirigeants de Thèbes. Les relations entre les Hyksôs et le sud semblent n'avoir été que commerciales, bien que les princes de Thèbes aient apparemment reconnu les Hyksôs et leur aurait payé un tribut pour un temps. Les Hyksôs de la XV dynastie établirent leur capitale à Memphis, et leur résidence secondaire à Avaris.
Von Beckerath étudia notamment les écritures de leurs noms, en hiéroglyphes, révélateurs semble-t-il d'une acceptation du rôle de Roi d'Égypte "à l'ancienne", adoptant le dieu Seth pour représenter leur propre déité - les Hyksôs semblaient s'intégrer à la vie égyptienne plus que le contraire.
Par ailleurs, l'administration des Hyksôs était loin d'être remise en cause, ils étaient même soutenus par une grande partie de leurs sujets. Mais, en dépit de la prospérité et de la situation relativement stable sous leur règne, les princes égyptiens voyaient encore les Hyksôs comme de détestables envahisseurs asiatiques.
Ils vivaient dans une paix relative, préservant un certain statu quo, jusqu'à la reconquête par le sud des Princes de Thèbes. Quand ils furent finalement chassés d'Égypte, toutes les traces de leur occupation de Hyksôs furent détruites. Les dirigeants de la nouvelle XVIII dynastie réécrirent une partie de l'histoire à leur avantage. Il s'ensuivit une guerre raciale contre les Hyksôs.
L'offensive des princes de Thèbes
Sous Sekenenra Tao II
La guerre contre les Hyksôs commenca vers la fin de la XVII dynastie, à Thèbes. Des écrits plus récents du Nouvel Empire font intervenir Seqenenra Tao II, un prince de Thèbes. Il aurait contacté un de ses contemporains Hyksôs, Aauserra Apopi. La tradition prit la forme d'un conte, dans lequel le roi Hyksôs Apopi envoya un messager à Seqenenra à Thèbes, demandant que le bassin des hippopotames soit détruit à cause du bruit qui l'empêchait de dormir - la réalité historique que l'on peut retirer de cette version pour enfants est la division de l'Égypte, la quasi-totalité du territoire devant payer le tribut aux quelques Hyksôs du nord.
Seqenenra Tao II tenta une approche diplomatique, qui alla probablement au-delà des échanges d'insultes avec les rois Hyksôs : il aurait envoyé à plusieurs reprises des troupes attaquer les Hyksôs, batailles au cours desquelles il aurait finalement perdu la vie. Son fils et successeur, Wadjkheperra Kamose, le dernier représentant de la XVII dynastie de Thèbes, tentera à son tour la reconquête de l'Égypte du nord.
Sous Kamose
Montet (1964, Égypte Éternelle) supposa que l'origine de la guerre contre les Hyksôs est une guerre de religion : Amon contre Seth. Rien cependant ne semble étayer cette hypothèse - il est plus probable que la domination, perçue comme étrangère par les princes de Thèbes, ait déclenché le conflit.
Kamose attaqua et détruisit la garnison sud des Hyksôs à Nefrusy, cité au nord de Cusae (aujourd'hui Asyut), puis mena son armée au voisinage de la ville d'Avaris. Sans réussir toutefois à prendre la cité, les troupes égyptiennes ravagèrent les champs, les cultures et les villages alentour.
A la fin du règne d'Aawoserra Apopi, l'un des derniers rois Hyksôs de la XV dynastie, les forces Hyksôs en déroute en Moyenne Égypte se retirèrent au nord, et se réfugièrent chez le roi Fayyum, à Atfih. Ce grand roi Hyksôs dépassa son rival, le prince Sekenenra Tao II, et était encore sur le trône à la mort de Kamose.
Les derniers rois Hyksôs de la XV dynastie ont régné relativement peu de temps, avant l'arrivée au pouvoir du successeur de Kamose à la mort de ce dernier, Ahmose, premier roi de la XVIII dynastie.
Sous Ahmose
Ahmose, premier roi de la XVIII dynastie, a siégé sur le trône de Thèbes avant de continuer la guerre envers les Hyksôs.
On retrouve les détails de ses campagnes militaires sur les murs de la tombe d'un autre Ahmose, un soldat d'El-Kab - petite ville de Haute Égypte - dont le père a servi Seqenenra Tao II, et issu d'une famille noble. Plusieurs campagnes, semble-t-il, ont été nécessaires pour vaincre les Hyksôs, qui furent finalement chassés de Basse Égypte. On n'a aucune certitude quant à l'époque des faits.
Certains datent l'expulsion des Hyksôs à la quatrième année du règne d'Ahmose, d'autres à sa quinzième (D. Redford). Le soldat Ahmose précisa qu'il suivait à pied le char du roi Ahmose - c'est la première fois qu'il est fait mention de chevaux et de chars par les Égyptiens. Dans les différents combats autour d'Avaris, le soldat captura des prisonniers et serra de nombreuses mains, ce qui lui valut après la bataille de nombreuses récompenses, notamment l' "Or des Braves" à trois reprises.
Après la chute d'Avaris, les Hyksôs fuyant l'Égypte furent poursuivis par l'armée égyptienne jusqu'au Sinaï et en Palestine. Là, dans le désert du Negeb, entre Rafa et Gaza, la ville fortifiée de Sharuhen qui les héberga subit, d'après le soldat, trois années de siège. Nous n'avons, là encore, que peu d'éléments chronologiques fiables permettant de dater avec certitude ces évènements.
Voir aussi
Références et bibliographie
- Sir Alan Gardiner : L'Égypte des Pharaons (Egypt of the Pharaohs, 1964, 1961).
- William C. Hayes :
- The Cambridge Ancient History, Revised Edition. Cambridge, 1964.
- The Cambridge Ancient History, Revised Edition (1965, fascicule 6)
- Wolfgang Helck : Die Beziehungen Ägyptens zu Vorderasien im 3. und 2. Jahrtausend v. Chr. (1962)
- Jürgen Beckerath : Untersuchungen zur politischen Geschichte der zweiten Zwischenzeit in Ägypten (1965)
- William A. Ward : Orientalia 33 (1964), pages 135-140.
- Erik Hornung : Untersuchungen zur Chronologie und Geschichte des Neuen Reiches (1964)
- T.G.H James : The Cambridge Ancient History, Revised Edition (1965, fascicule 34)
- Pierre Montet : Éternelle Égypte (1964).
- James B Pritchard : Ancient Near Eastern Texts Relating to the Old Testament, (3e édition, 1969).
- Donald B. Redford :
- History and Chronology of the Eighteenth Dynasty of Egypt: Seven Studies. (1967).
- The Hyksos Invasion in History and Tradition, Orientalia 39 (1970).
- John Van Seters : The Hyksos: A New Investigation (1967).
- H.E. Winlock : The Rise and Fall of the Middle Kingdom in Thebes (1947).
Liens externes
- [http://ancientneareast.tripod.com/Hyksos.html La Dynastie Hyksos en Égypte]
Catégorie:Index égyptologique
Memphis
Memphis est le nom grec de la ville antique, capitale du premier nome de Basse-Égypte (Ineb Hedj : « La muraille blanche »). Le site se trouve aujourd'hui près de la ville de Mit-Rahineh au sud du Caire.
Le nom Memphis est la déformation grecque du nom égyptien de la pyramide de Pépi I (), Men-nefer. La ville fut fondée par le roi Ménès vers 3000 avant notre ère et fut la capitale de l'Égypte durant tout l'Ancien Empire.
Memphis est sous la protection du dieu Ptah, le patron des artisans, dont le temple était l' Hout-ka-Ptah, le « château du ka de Ptah ». C'est de ce terme qui qualifie la maison du dieu, que serait dérivé en grec le mot aegyptos prototype du nom du pays en latin.
On sait peu de choses de la cité de l'Ancien Empire et il faut probablement situer la ville des premières dynasties plus au nord vers Abousir, non loin de Saqqarah nord ou l'on situe les mastabas des premières dynasties. Selon Manéthon les sources évoquent le « Mur Blanc » (Ineb Hedj) comme établissement initial, fondé par Ménès le premier roi ayant reformé l'union des Deux Terres. Qualifié dans certains textes de Forteresse du Mur Blanc, il est probable que le roi s'y installa afin de mieux contrôler cette nouvelle union des deux royaumes rivaux des temps prédynatiques. L'enceinte du complexe de Djeser de la pourrait alors être l'écho funéraire de l'enceinte primitive et royale abritant tous les éléments nécessaires à la royauté. Temples et sanctuaires, cours cérémonielles, palais et casernes. La ville aurait alors suivi l'établissement des sanctuaires funéraires royaux au fur et à mesure de leurs édifications et du changement de site. L'étymologie du nom de la ville elle-même est étroitement liée au nom de la pyramide de Pépi I de la qui se trouve à Saqqarah sud, et semble en effet le supposer. La ville se serait alors développée au gré des sites choisis pour l'édification du tombeau royal. A Gizèh, nécropole royale de la , située en face d'Héliopolis, les fouilles récentes ont révélés les établissements portuaires et civil et un palais démontrant que l'activité essentielle du royaume était bien centrée à cette époque sur l'édification du tombeau royal.
Quoiqu'il en soit le périmètre s'agrandit avec le temps et le centre se déplaça certainement vers un sanctuaire situé plus au sud, l'actuelle Mit-Rahineh, fixant ainsi la cité du Moyen Empire puis la métropole du Nouvel Empire.
Le développement actuel et connu de ce sanctuaire remonte pour l'essentiel à cette époque.
Ce temple et son enceinte occupaient une grande partie de la ville antique. Ses vestiges ont été fouillés et exposés dans un musée en plein air à proximité du grand colosse de Ramsès II qui marquait l'axe sud du temple. De nombreux colosses, stèles et éléments d'architecture y sont entreposés. Des centaines d'ex-voto en forme d'oreilles, dédiés à « Ptah-qui-écoute-les-prières » ont été retrouvés dans l'enceinte du temple. Les tables d'embaumement du taureau sacré Apis ont été retrouvées au sud ouest à l'intérieur de l'enceinte. Hérodote nous rapporte que cette partie du temple fut aménagée sous Psammetique de la qui « fit faire pour Héphaistos (Ptah), à Memphis, le portique orienté du côté du vent du sud et il fit bâtir pour Apis en face du portique, la cour dans laquelle on le nourrit une fois qu'il s'est révélé ; elle est entourée d'une colonnade et toute ornée de figures ; les colonnes y sont remplacées par des colosses hauts de douze coudées. » L'un des cultes les plus populaires de Memphis était consacré à Apis, hypostase vivante de Ptah incarné dans un taureau sacré. À sa mort il était momifié et inhumé en grandes pompes avec tous les honneurs dus à un dieu dans la nécropole de Saqqarah.
A l'ouest de l'enceinte le temple formait un autre axe avec une salle hypostyle imposante de Ramsès II précédée d'un grand pylône qui ouvrait sur les nécropoles. Cette salle présente un plan inhabituel comparé aux grandes salles hypostyles de Karnak ou du Ramesseum. De plan basilical comme elles, celle du temple de Ptah possède une double rangée de colonnes centrales qui soutenaient le toit et les claustra. Les bas côtés constitués de 34 colonnes entourent cette allée centrale sur trois côtés au lieu des deux côtés latéraux comme dans les exemples thébains.
Seules les fondations et bases de colonnes subsistent et laissent imaginer cette grandiose introduction au sanctuaire.
Plusieurs chapelles ont été dégagées dans le même état dont un petit temple de Ramsès II dédié à « Ptah qui est au Sud de son Mur », une chapelle de Sethi I dédiée à deux hypostases de Mennefer la ville elle-même divinisée, un temple reposoir (?) d'Hathor, le tout au sud de l'enceinte principale le long d'une voie processionnelle qui devait relier un autre téménos consacré à Hathor-Sekhmet.
Au nord de l'Hout-ka-Ptah se trouvait une autre grande enceinte comprenant un temple de Neith et un palais d'Apries de la XXVI dynastie.
Enfin à l'est un grand portail précédé de colosses ouvrait sur la zone des palais dont celui de Merenptah, treizième fils et successeur de Ramsès II a pu être fouillé ainsi qu'un petit temple dédié à Ptah qu'il édifia à proximité.
L'histoire et le destin de la ville furent étroitement liés à la royauté, les couronnements et jubilés (Heb Sed, la fête-Sed) étaient célébrés dans le temple de Ptah. Les premières représentations de ce jubilé ont été retrouvées dans la tombe de Djoser à Saqqarah.
Memphis occupait également une place stratégique à l'entrée du Delta, et de ce fait portait également le nom de « Balance des Deux Terres ».
La légende rapportée par Manéthon dit que Mènes, premier Pharaon à réunir les Deux Terres, fonda sa capitale en détournant le fleuve par des digues. L'importance de la ville à l'Ancien Empire est égale à l'importance de sa nécropole qui de Meidoum à Gizeh, en passant par Daschour et Saqqarah, est un véritable « négatif » de la cité antique.
Au Moyen Empire, la capitale et la cour de Pharaon furent déplacées à Thèbes puis dans le Fayoum laissant pour un temps Memphis dans l'ombre. Au Nouvel Empire, en effet, elle devint la véritable capitale administrative et princière du pays. L'école du Kep, qui éduquait les princes royaux s'y trouvait certainement et de nombreux palais pouvaient accueillir la famille royale.
Enfin, emplacement stratégique parce que verrouillant l'accès au Delta, Memphis garda de tout temps un rôle militaire et commercial que seule Alexandrie put rivaliser aux alentours de l'ère chrétienne sous l'empire romain. Lors de la troisième Période Intermédiaire puis à la Basse époque, Memphis fut souvent le théâtre des luttes de libération des dynastes locaux contre l'occupant qu'il soit koushite, assyrien ou perse. Les enceintes des temples furent reconstruites voire fortifiées comme le palais d'Apries de la XXVI dynastie l'atteste. Alexandre le Grand se fit couronner pharaon dans le temple de Ptah et la cité garda un statut important, notamment religieux, durant toute la période qui suivit la prise de pouvoir par un de ses généraux, Ptolémée. Avec l'arrivée des romains, à l'instar de Thèbes, la cité perdit sa place au profit d'Alexandrie ouverte sur l'empire et finalement abandonnée peu à peu à l'époque copte puis arabe la ville devint une carrière pour construire les nouvelles cités de l'Égypte, notamment la nouvelle capitale, le Caire, édifiée plus au nord en face des pyramides de Gizeh.
Au , un chroniqueur arabe visitant le site, le décrivit nous laissant un témoignage impressionné sur la grandeur des ruines de Memphis.
Les savants de Bonaparte ne trouvèrent que des ruines éparses six siècles plus tard et il faudra attendre les travaux de Flinders Pétrie au pour dégager les restes de l'ancienne capitale de l'Égypte et lui rendre un peu de sa splendeur passée.
Voir aussi
Articles connexes
- Égypte antique
- Nome
Homonymie
- La ville de Memphis, dans le Tennessee.
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Catégorie:Ville d'Égypte antique
Catégorie:Site égyptologique
HyksôsLes Hyksôs (démotique : heka khasewet, grec : Υκσως) formaient autrefois un groupe pluriethnique vivant dans l'Asie de l'ouest, et qui arriva à l'est du delta du Nil au cours de la seconde période intermédiaire.
Ils chassèrent les dirigeants de la XIII dynastie, qui siégaient à Memphis, et fondèrent la XV et la XVI dynastie d'Égypte (entre -1674 et -1548), régnant sur la Basse et la Moyenne Égypte durant plus d'un siècle.
Traditionnellement, seuls six dirigeants de la XV dynastie sont appelés "Hyksôs". Les Tanach se qualifient eux-mêmes de Cananéens, déscendants de Ham, fils de Noa. Les noms Hyksôs sont très proches des noms cananéens, et certains archéologues pensent que les Hyksôs et les Phéniciens sont un seul et même peuple. Les Hyksôs introduisirent de nouveaux armements en Égypte, notamment l'arc composite, le cheval et le char.
Les nombreux princes de la XVI dynastie sont en partie Hyksôs, en partie sémites, en partie asiatiques et en partie égyptiens. Les noms des princes de la XV dynastie nous sont parvenus grâce aux œuvres et aux monuments égyptiens, ainsi que par l'Histoire d'Égypte de Manetho, rédigée sous Ptolémée III.
Les Hyksôs
Le terme "Hyksôs" vient de l'expression démotique heka khasewet (Maitres des Terres Etrangères), utilisée par les Égyptiens, notamment dans la Liste de Turin qui recense les dirigeants des pays alentour. On note l'apparition de cette expression sous l'ancien Empire, s'adressant notamment à de nombreux chefs nubiens, et jusqu'aux débuts du Moyen Empire, renvoyant cette fois aux bédouins de Syrie-Palestine. On pense aujourd'hui que seuls six des Pharaons de la XV dynastie étaient réellement des Hyksôs, non seulement parce qu'ils portaient la couronne égyptienne, mais également parce que Manetho les appelait lui-meme "Hyksôs". Au total, les Hyksôs ont régné 108 ans sur le Royaume d'Égypte.
Wolfgang Helck posa l'hypothèse selon laquelle les Hyksôs étaient une partie des Hurriens et Indo-Aryens, ayant migré vers l'Est. Toujours d'après Helck, les Hyksôs vivaient dans l'empire Hurrien qui s'étendant sur la plupart de l'Asie Orientale. Aujourd'hui cependant, on considère plus volontiers que les Hyksôs étaient un peuple sémitique.
Les noms, l'ordre et le nombre total des Pharaons de la XV dynastie ne sont pas connus avec certitude. Les noms sont cités sous la forme de hiéroglyphes sur les monuments, sur des petits objets et des bijoux, sur des vases. Dans les cas où le Prenomen (le 4 nom du Pharaon, qui suit le titre royal n-sw-bit, "Roi de la Haute et de la Basse Égypte") et le Nomen (le 5 nom du Pharaon, qui suit le titre royal sa Ra, "Fils de Râ") n'apparaissent pas ensemble sur un même objet, on ne peut donc pas affirmer que les deux, réunis, appartiennent à une seule personne.
Cette période de l'Histoire égyptienne est, pour les archéologues et les historiens, un véritable cauchemar chronologique. Seuls de nouveaux éléments pourraient résoudre cette ignorance généralisée. L'Histoire d'Égypte de Manetho n'est connue qu'à travers les œuvres d'autres auteurs, tels que le romain Flavius Josephus. Ces sources indirectes ne donnent pas le nom des dirigeants Hyksôs dans le même ordre. Pour encore compliquer le problème, les orthographes sont tellement divergentes les unes des autres qu'elles sont inutilisables : Beon/Bnon, Apachnan/Pachnan, Annas/Staan, Assis/Archles...
Les noms des Pharaons Hyksôs de la XV dynastie retrouvés sur les différents monuments historiques sont :
:1. Sa-kha-en-ra Shalik1
:2. Ma-ib-ra Sheshy1, 2
:3. Mer-woser-ra Yaqob-her
:4. Se-woser-en-ra Khayan
:5. Apopi (entre autres noms possibles : Aawoserra, Aaqenenra, et Nebkhepeshra)
:6. Aa-sech-ra Khamudy 1
1 Chaque partie du nom a été retrouvée sur un objet ou un monument différent : l'unité du nom n'est pas garantie.
2 On n'a aucune certitude quant à l'exactitude du nom, il est fortement probable que ce ne soit pas le nom complet.
Bien que le nom sémitique "Jacob" puisse apparaître sous la forme "Yaqob-her", mais la parenté directe comme indirecte entre ce nom et les peuples sémites est plus que discutable.
On a retrouvé, par exemple dans le cas n°5 de la liste ci-dessus, le nom de certains dirigeants sur un seul objet ou un seul monument. On ne sait pas, cependant, s'il s'agit d'un seul ou de trois pharaons différents. On sait par exemple que "Aweserra" Apophis a eu pour successeur un second "Apophis", qui pris le Prenomen "Aa-qenen-re". Hayes suggère que les dirigeants cités dans la liste en n°1 et n°2 puissent être un seul et même personnage, liste à laquelle il ajoute Apophis II. Le CAH (Cambridge Ancient History) reprend l'ordre du Grec Josephus, qui reprit lui-même Manetho, et reprend également l'ancienne forme erronée, "Apophis".
Gardiner, en revanche, prétend qu'il y a eu trois rois Apopi. Ce problème n'a, à ce jour, aucune solution, et on ne sait pas s'il y eu un, deux ou trois Apopi.
L'invasion Hyksôs
Manetho décrit l'invasion Hyksôs comme une horde de barbares étrangers qui firent tomber sans effort les contrées qu'ils traversaient, et soumirent les peuples à leur volonté par la supériorité militaire.
Quand on voit en effet que les Hyksôs ont apporté l'arc composite, le char, des nouvelles flèches, de nouveaux boucliers, sabres, dagues, casques et cottes de mailles, on est en droit de croire qu'ils étaient une force militaire inconstestable. Cependant, rien ne prouve qu'ils en aient fait usage : on sait juste qu'ils avaient de leur côté un potentiel militaire impressionnant, et des années d'avance sur l'armement des autres pays - de quoi faire fléchir plus d'un roi.
Helck soutient l'idée d'une invasion, en partie liée à son hypothèse Hurrienne. Cependant, on considère aujourd'hui que l'"invasion" n'a jamais eu lieu, que les Hyksôs se sont infiltrés au sein de différents groupes, notamment les sémites, et arrivèrent au pouvoir vers la fin du Moyen Empire quand celui-ci était en pleine décadence - il est même possible qu'ils aient été les esclaves des Égyptiens. Von Beckerath prétend même que toute invasion sémite est parfaitement impossible, car les tribus n'étaient ni assez nombreuses, ni assez développées pour vaincre l'armée égyptienne. Le Royaume Hyksôs n'a pas pu non plus être une extension de | | |