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PapyrologieLa papyrologie est la branche des études classiques qui déchiffre les documents grecs et latins provenant de divers sites de l’Égypte et surtout en exploite les données. Elle apparaît ainsi comme l’étude d’une société de notables grecs ou hellénisés dans un milieu oriental bien spécifique, le monde égyptien tardif avec ses vieilles traditions sociales et religieuses. C’est par erreur que certains dictionnaires et encyclopédies définissent la papyrologie comme une discipline qui relève de la paléographie. Bien entendu, des paléographes se sont intéressés à l’écriture des documents dont les papyrologues établissent et étudient le contenu.
Origines de la papyrologie
La papyrologie doit son existence comme activité scientifique à la convergence très particulière d’un facteur historique et d’un facteur géographique pendant une période déterminée.
Le facteur historique
Pour trouver des papyrus et autres documents grecs en Égypte, il faut que des Grecs y aient vécu en permanence. Pendant le millénaire qui se termine avec l’invasion arabe au milieu du de l'ère chrétienne, la langue grecque a été en Égypte la langue du pouvoir, de l’administration. Avec plus ou moins de généralisation, elle est la langue utilisée par les groupes économiquement ou socialement dominants, à l’exception du haut clergé égyptien, sous la dynastie des Ptolémées. En 332 avant l'ère chrétienne, le Macédonien Alexandre le Grand, qui était en train de conquérir l’empire perse des Achéménides, fut accueilli par les Égyptiens comme un libérateur. Avant de partir, il fonda Alexandrie, qui deviendra la plus grande des villes du même nom dont il va parsemer les conquêtes qui le mènent jusqu’à l’Indus. Il meurt prématurément à Babylone et ses généraux se partagent l’empire sous la direction nominale des successeurs falots du conquérant. Le Macédonien Ptolémée, compagnon de jeunesse et de guerre d’Alexandre, choisit l’Égypte et, en 304, il franchit le pas en se proclamant roi des territoires qu’il soumet bientôt à son autorité, l’Égypte, la Cyrénaïque, Chypre et la Palestine, entre autres. Cet ensemble est géré en langue grecque à tous les niveaux et est dirigé depuis Alexandrie, qui devient bientôt un centre intellectuel grec de première importance. La dynastie macédonienne des Ptolémées survivra le plus longtemps à l’expansion de Rome en Orient.
En 30 avant J.-C., Cléopâtre VII se suicide pour éviter de figurer au triomphe de son vainqueur, Octave, le futur Auguste. L’Égypte devient alors une province romaine, mais sous l’autorité exclusive de l’empereur qui désire contrôler ce grenier à blé. Seuls l’armée et les hauts magistrats romains qui représentent l’empereur à Alexandrie emploient le latin. La langue grecque reste la langue de gestion du pays. Bientôt, même la population restée de langue égyptienne cesse d’utiliser l’écriture démotique (voir ci-dessous) en utilisant la langue grecque pour tout ce qu’elle doit écrire ou faire écrire par un scribe. À partir du , les choses changent un peu. L’Égypte byzantine, qui s’est largement christianisée, va bientôt dépendre des empereurs de Constantinople lorsque l’Empire romain est scindé en un Empire d’Orient et un Empire d’Occident. Le grec restera la langue de gestion du pays et l’élite des petites villes continue à recevoir une éducation classique grecque et même à produire des œuvres grecques de qualité. Mais – surtout parce que les chrétiens de langue égyptienne doivent pouvoir lire leurs textes sacrés en traduction – se crée un alphabet égyptien adapté de l’alphabet grec, l’alphabet copte (voir ci-dessous). Mais le grec reste la langue de gestion du pays, celle d’Alexandrie et celle de l’administration d’une grande partie des notables provinciaux. Ce rôle du grec va rapidement décroître, puis disparaître après la conquête arabe.
Le facteur historique montre donc qu’on a pu rédiger en Égypte les dizaines de milliers de papyrus grecs qui ont déjà été publiés. Il n’explique pas pourquoi on a pu les trouver, alors que presque rien n’a été conservé de ce genre dans le reste des royaumes hellénistiques ou des Empires romain ou byzantin, qui présentaient pourtant des structures sociales et administratives plus ou moins proches.
Le facteur géographique
Le facteur géographique explique cette particularité. Pour trouver des papyrus, il fallait que deux éléments contradictoires coexistassent : une société avancée qui pratiquât l’écriture, et une sécheresse inhumaine du sol pour que les papyrus ne pourrissent pas sur place. Sauf tout au nord, pour sa frange côtière méditerranéenne, l’Égypte appartient à l’immense zone désertique saharienne. Mais, les eaux de pluie d’une vaste zone de l’Afrique équatoriale et tropicale se sont frayé un chemin jusqu’à la Méditerranée en remontant du sud au nord à travers ce que nous appelons l’Égypte, un immense ruban vert où les hommes ont rapidement maîtrisé les crues annuelles du Nil. Les gens vivaient si possible à la limite du désert pour ne pas trop entamer les cultures, et parmi les déchets (qu’ils rejettent évidemment du côté du désert), on trouvera des lettres de toutes sortes, des livres dépareillés, des contrats périmés, des comptes, etc. Et les papyrologues, oubliant que, dans leur enfance, leur mère leur a interdit de jouer dans les dépotoirs et surtout de lire les lettres destinées à autrui, se sont jetés là-dessus comme la misère sur le monde. Les cimetières étaient installés autant que possible dans les confins désertiques des villes. Quand, à l’époque hellénistique, les nécrotaphes fabriquaient des caisses à momie en cartonnage, ils rachetaient de vieux fonds d’archives ou des papyrus dont les particuliers voulaient se débarrasser. Et les papyrologues, toujours aussi mal élevés, ont démantelé ces caisses pour en décoller les différentes couches de papyrus. Ils ont fait pis. Les prêtres du village de Tebtynis dans l’oasis du Fayoum confiaient au désert les momies des crocodiles sacrés, symboles vivants du grand dieu Sobek. Ils avaient soin de bourrer pieusement le ventre éviscéré de ces charmantes bestioles avec des boules de papyrus de rebut, puis ils emmaillotaient les cadavres avec des rouleaux de papyrus dont les textes n’avaient plus d’intérêt. Que pensez-vous qu’il advint quand les papyrologues ont découvert cette nécropole sacrée ? Une série impressionnante de beaux volumes pleins de documents sur les villages du sud du Fayoum ; on connaît mieux ceux-ci que beaucoup de nos villages médiévaux. Alexandrie, malheureusement, se trouve en zone humide, et on n’y déterrera jamais un papyrus, mais des centaines de documents publics ou privés envoyés d’Alexandrie en Égypte (Alexandrie n’en faisait pas partie administrativement) ont été retrouvés s’ils ont eu le privilège de terminer leur carrière dans un dépotoir à la limite du désert.
Histoire de la papyrologie
Ce n’est que dans la dernière décennie du que la papyrologie s’est véritablement organisée comme discipline majeure des sciences de l’Antiquité gréco-romaine. Elle doit son nom au fait qu’à ce moment des quantités considérables de papyrus sont arrivées d’Égypte en Europe. Il a fallu d’abord les déchiffrer et les publier, mais en même temps la quantité et la qualité des données que l’on découvrait sur l’Égypte gréco-romaine a fait qu’on a entrevu la possibilité d’exploiter systématiquement toutes ces données en créant progressivement des instruments de travail, des méthodes d’évaluation critique des données et de premières synthèses. La papyrologie moderne était née.
Dès 1788 on a publié un document sur papyrus qui avait abouti au Vatican, une curiosité sans lendemain. L’expédition de Napoléon en Égypte ouvrit ce pays aux savants de toutes disciplines. Ce sont surtout les inscriptions grecques, dont la fameuse pierre trilingue de Rosette, qui permirent au Français A.J. Letronne de tracer en 1823 une première esquisse de l’histoire de l’Égypte sous les Ptolémées et les empereurs romains. Entre-temps les paysans égyptiens apprennent la valeur des papyrus qu’ils trouvent. Le commerce des antiquités va nourrir quelques musées et bibliothèques et bientôt apparaissent les premiers volumes de papyrus, fort méritants, mais peu fournis en textes importants. On a signalé plus haut la deuxième phase des découvertes de papyrus. À partir de 1877, les paysans en quête de fertilisants exploitèrent la terre azotée des sites antiques du Fayoum et découvrirent des masses de documents qui rejoignirent rapidement quelques grandes collections, comme celles de Berlin, de Londres, mais surtout de Vienne.
Commença bientôt la 3 phase des découvertes, les fouilles scientifiques de sites aptes à fournir des textes. L’un des champs de fouilles papyrologiques les plus féconds est celui d’Oxyrhynchos, en Moyenne Égypte ; la publication en est, en 2003, à son 68 volume et les suivants sont annoncés ! Cette 3 phase des trouvailles correspond dans le temps à la transformation du travail méritoire des pionniers en une discipline organisée. Celle-ci s’est d’emblée caractérisée par la création d’instruments de travail sophistiqués et par des relations très suivies entre les papyrologues de tous pays. Ces relations, sous le signe de l’amicitia papyrologorum, ont donné naissance à l’[http://www.ulb.ac.be/assoc/aip Association internationale des papyrologues], qui a son siège à Bruxelles à la Fondation égyptologique Reine Élisabeth.
Le nom que les circonstances ont donné à la papyrologie ne doit pas cacher le fait que le papyrologue travaille sur tous les documents grecs et latins provenant d’Égypte, quel que soit le support de l’écriture. En plus des papyrus, fabriqués en rouleaux en juxtaposant à angle droit de fines coupes longitudinales de moelle de papyrus, les fouilles clandestines ou scientifiques ont produit des milliers d’ ostraca. Un ostracon est un tesson de poterie, le plus souvent un fragment d’amphore ; ce matériau bon marché permettait d’écrire facilement sans écritoire en tenant le tesson de la main gauche. On trouve de tout sur ces ostraca, depuis les exercices scolaires ou les petits messages privés jusqu’aux reçus de taxe ou même des dessins. Ce n’est pas par hasard que le premier ouvrage qui, en 1899, a définitivement posé la papyrologie comme une discipline autonome et en a dessiné la méthodologie et les règles critiques, est le recueil et le commentaire de tous les ostraca d’Égypte et de Nubie connus à ce moment. Ce monument est dû à Ulrich Wilcken qui sera le grand maître de la papyrologie jusqu’au début de la IIe guerre mondiale. Parmi les tablettes de bois, notons particulièrement les étiquettes de momie, qui donnaient le nom du mort, son origine et éventuellement le site où on désirait qu’il repose. Les inscriptions sur pierre et les innombrables graffitis sur les murs ou les rochers constituent une source écrite riche en données les plus variées ; celles-ci ont l’avantage d’être complémentaires au contenu des papyrus et des ostraca, qui répondent à d’autres finalités et sont destinés à une communication plus ou moins limitée dans le temps et dans les utilisateurs présumés.
Les types de documents papyrologiques
Une fois que l’acquisition des papyrus et ostraca dans les grandes collections occidentales eut atteint une certaine densité, ce qui a frappé les chercheurs est que nous pouvions exploiter là une documentation qui est presque totalement absente des autres régions de l’Orient hellénistique, de l’Empire romain et de l’Empire byzantin ancien. Ces témoins grecs d’Égypte se divisent en gros en documents relevant du pouvoir et de son administration et de documents qui relèvent de l’activité privée. La frontière entre ces deux catégories est d’ailleurs assez floue.
Les documents « officiels » peuvent quelquefois provenir des plus hautes autorités. Ainsi les imposants cahiers de charge des formes fiscales sorties des bureaux du ministre des finances et de l’économie de Ptolémée II Philadelphe, ou une lettre de l’empereur Septime Sévère, ou encore la collation de privilèges à un conseiller romain d’Antoine où on peut lire l’ordre d’exécuter écrit de la main de Cléopâtre VII. Mais nous avons presque toujours affaire à des documents beaucoup plus modestes : le copie-lettres d’un haut fonctionnaire local voisinera avec l’ordre d’arrêter un délinquant minable, le certificat attestant que tel obscur paysan est en règle de corvée sur les canaux d’irrigation, ou encore la déclaration d’une naissance ou d’un décès. Il y a les ordres de procéder aux recensements des personnes, des animaux domestiques ou des propriétés, mais surtout les innombrables déclarations qui en résultent et sont chaque fois une fiche sociale précieuse. Les reçus de taxe représentent une documentation abondante, à l’image même d’un système où, sous les Romains, par exemple, les classes inférieures payaient la plus lourde taxe de capitation.
Les conflits entre les hommes ou avec l’administration ont suscité une documentation abondante, lois et règlements, plaintes et verdicts, qui ont suscité, avec les contrats qui règlent les relations économiques ou sociales, une branche particulière de la papyrologie, la papyrologie juridique. Beaucoup parmi les documents dont celle-ci s’occupe, particulièrement les contrats, relèvent par certains aspects de la documentation privée puisqu’ils sont dus à l’initiative d’individus, même si ces actes suivent des normes plus ou moins contraignantes. La papyrologie juridique soulève en fin de compte un problème majeur, celui de la coexistence de droits différents liés plus ou moins au statut des personnes concernées, le droit égyptien, le droit grec et, plus tard, le droit romain.
Les documents « privés ». Nous trouvons la même variété dans les documents privés, traces écrites les plus disparates de la vie quotidienne : les comptes d’un grand domaine ou l’inventaire d’une cuisine, les innombrables lettres privées avec leurs attentes, leurs griefs, leurs inquiétudes ou les compliments à transmettre aux amis et connaissances, les invitations à une fête ou à un mariage, l’interrogation d’un oracle ou les recommandations d’un supérieur de monastère, etc. Ce sont autant d’échantillons qui ont permis de développer une sociologie d’une société biculturelle, où Grecs et hellénisés, d’une part, et Égyptiens, d’autre part, vivent dans deux milieux plus ou moins imperméables, mais des milieux où le temps, les mariages mixtes et certaines aspirations, comme le phénomène religieux (les dieux égyptiens sont simplement pour les Grecs d’Égypte la forme locale de leurs propres dieux) ou le désir de faire carrière, créent des passerelles.
Les documents ont comme auteurs des gens qui ont bénéficié de degrés fort différents de scolarisation ou disposent d’une connaissance du grec fort variable. Ces textes représentent donc des échantillons diversifiés de la langue vivante pratiquée à un certain moment dans l’ensemble non homogène des composantes sociales. On peut ainsi suivre l’évolution de la langue grecque en route vers le grec moderne sur les plans de la phonétique, de la morphologie et de la syntaxe pendant un millénaire. Mais il faut d’abord décrypter quel type d’usager est l’auteur d’une forme non classique du grec ou le responsable d’une faute d’orthographe, signe souvent révélateur d’un phénomène linguistique. Car la langue évolue différemment suivant les classes sociales. Le notable fortement scolarisé, quelquefois après des études supérieures à Alexandrie, parle et surtout écrit un grec plutôt conservateur, en tout cas un autre grec que le paysan égyptien qui en a appris à l’oreille une centaine de mots qu’il estropie en oubliant de les décliner, parce que la déclinaison n’existe pas en égyptien.
La papyrologie littéraire
C’est par centaines qu’ont été arrachés au sable d’Égypte des exemplaires, ou le plus souvent des lambeaux plus ou moins réduits, d’œuvres littéraires grecques, quelquefois aussi latines, démotiques ou coptes. Les trouvailles les plus spectaculaires ont été, bien entendu, celles qui nous offraient, en entier ou pour une bonne part, d’importantes œuvres de la littérature grecque qui avaient été perdues au fil des siècles. Par exemple, on ne possédait plus que des bribes informes de la comédie à happy end et amours contrariées née au avant l'ère chrétienne à Athènes, alors que ce genre grec perdu, représenté d’abord par ses imitations latines et la masse de la comédie occidentale qui a suivi celles-ci, est toujours aussi fécond dans la littérature cinématographique ou télévisuelle et le théâtre du monde entier. On a retrouvé en Égypte plusieurs comédies de Ménandre, le premier maître de ce genre, et ce sont des œuvres de qualité qui tiennent encore la scène. La découverte d’un traité perdu d’Aristote, sa « Constitution d’Athènes » a révolutionné l’histoire de l’Athènes archaïque et classique. Grâce aux papyrus d’Égypte, on connaît enfin mieux les poètes Sappho et Alcée, Bacchylide et Posidippe ou un orateur comme Hypéride ; on découvre la poésie de genre avec les Mimiambes d’Hérondas. La liste pourrait s’allonger, surtout avec les fragments plus ou moins longs d’œuvres perdues, quelquefois d’écrivains qui n’étaient plus qu’un nom, quelquefois aussi de quelque rimailleur local. On a trouvé des rouleaux illustrés, d’abord des traités de géométrie ou d’astronomie d’époque ptolémaïque, plus des romans ou des recueils de poésie. C’est ainsi que, parmi près de 250 fragments de traités de médecine, on a découvert des fragments de deux herbiers.
Beaucoup de papyrus littéraires grecs appartiennent à des œuvres que nous possédons déjà parce que nos bibliothèques occidentales en avaient hérité de Byzance depuis la Renaissance ; ils présentent un autre intérêt. Ils sont beaucoup plus anciens que les manuscrits médiévaux qui nous ont conservé ces livres et parce qu’ils ne proviennent pas des milieux savants byzantins qui sont généralement à la source de ces manuscrits. Ils nous permettent souvent de corriger les altérations qui ont endommagé plus tard la tradition manuscrite médiévale. Le cas d’Homère est plus étonnant encore. Le texte des deux grandes épopées, l’Iliade et l’Odyssée, que nous lisons sous le nom symbolique du vieil aède, a été fixé et commenté par les philologues grecs du Musée (temple des Muses) d’Alexandrie sous les Ptolémées. Des cartonnages de momie nous ont conservé des lambeaux plus anciens de ces deux épopées ; ils préservent des variantes, surtout des additions, qui nous éclairent sur l’évolution anarchique de ces poèmes épiques avant le moment où les philologues alexandrins en ont figé le texte, celui que nous lisons encore dans nos classes. Les papyrus et ostraca scolaires conservent quelquefois des bribes plus ou moins malmenées des auteurs classiques ; Homère y figure souvent.
Les papyrus littéraires latins sont beaucoup moins nombreux et rarement bien conservés ; mais leur intérêt est du même ordre : découverte de textes inconnus ou témoins d’œuvres connues, par exemple, Virgile.
Les papyrus littéraires éclairent aussi le papyrologue sur le plan de la sociologie. Dans le choix des textes, il découvre que, tout au long du millénaire, la jeunesse des milieux aisés a droit à l’éducation du gymnase, sorte de sanctuaire de l’éducation morale et physique grecque. Cette éducation est la clef des privilèges sociaux et économiques que les familles désirent transmettre à leur descendance. Le choix des œuvres est édifiant. Homère, surtout l’Iliade, reste le texte fondamental comme il l’était à Athènes et dans la plupart des cités grecques ; il représente de loin la récolte la plus nombreuse de papyrus littéraires. Démosthène ou Euripide sont bien représentés, mais on cherchera en vain une œuvre d’inspiration égyptienne. Les découvertes groupées font deviner les bibliothèques plus qu’honorables des notables locaux. La haute bourgeoisie grecque des petites villes de province à l’époque impériale ou byzantine nous apparaît ainsi comme le terreau dont sont issus quelques grands écrivains comme Nonnos de Panopolis au . Mais, en pleine Égypte, même à des niveaux sociaux plus modestes, l’éducation des jeunes Grecs, de plus en plus souvent issus de milieux hellénisés, repose sur un fond culturel purement grec. Les nombreux papyrus et ostraca scolaires en témoignent.
La papyrologie testamentaire
On trouvera en Égypte des exemplaires des Évangiles, d'évangiles apocryphes comme le Protévangile de Jacques, et d’autres écrits religieux chrétiens, qui remontent quelquefois au de l'ère chrétienne. Nous disposons ainsi de témoins plus anciens que les manuscrits dont nous disposions avant les découvertes papyrologiques et même de sources chrétiennes qui avaient été perdues au fil du temps.
Les autres papyrologies « égyptiennes »
La papyrologie démotique
Pendant le millénaire de l'Égypte qui concerne les papyrologues, la population autochtone a continué à parler sa langue, un égyptien tardif. La Pierre de Rosette, qui sera l’une des clés du déchiffrement des hiéroglyphes, portait un décret trilingue. Il avait été voté par un synode (conclave) des prêtres des grands sanctuaires égyptiens en 196 avant l'ère chrétienne, peu après le couronnement suivant le rite pharaonique de Ptolémée V. Une version était écrite en hiéroglyphes dans la langue sacrée, en fait une langue morte, mais prestigieuse; une autre version dans la langue égyptienne vivante, qu’on a appelée le démotique, la « langue populaire » ; enfin une troisième version était rédigée en grec, la langue de la gestion royale du pays. La langue égyptienne vivante apparaît aussi dans des écrits de la vie courante, avec une écriture qui existait déjà avant l'arrivée des Macédoniens ; on l’a appelée l’écriture démotique, c’est-à-d ire « l’écriture populaire », alors que les documents grecs l’appellent l’écriture « indigène ». Grâce à la Pierre de Rosette, cette écriture de type alphabétique, a été déchiffrée beaucoup plus rapidement que les hiéroglyphes. L’accumulation de documents et petites œuvres littéraires démotiques a permis aux démotisants de développer des instruments de travail et une méthodologie qu’on peut appeler une « papyrologie démotique ».
La papyrologie copte
Comme il est dit plus haut, la population égyptienne a retrouvé un alphabet qui lui fût propre, lorsque la christianisation, venue d’Alexandrie, s’accélère dans le plat pays à partir du et nécessite la diffusion des Évangiles et des autres écrits chrétiens à l’intention des Coptes (déformation du mot « égyptien »). L’alphabet copte complète l’alphabet grec par quelques signes empruntés au démotique pour rendre des sons inconnus du grec. Il transcrit le « copte », le dernier état des grands dialectes égyptiens qu’une large tranche de la population continue à parler. Le copte restera longtemps la langue de l’Église copte, avant d’être remplacé par l’arabe. Nos bibliothèques d’Occident possédaient des manuscrits coptes médiévaux, qui avaient permis l’étude de cet égyptien tardif. La connaissance du copte est à la base de la réussite de Champollion lorsqu’il a pu décrypter le système complexe des hiéroglyphes. Bientôt l’alphabet copte va aussi être utilisé dans les activités profanes. La multiplication des documents coptes issus de la vie courante, particulièrement de celle des monastères, a suscité la naissance d’une papyrologie copte, avec ses spécialistes et ses instruments de travail, malgré la date récente de ce développement de nos disciplines documentaires.
L’intérêt des papyrologies démotique et copte fait qu’aujourd’hui les papyrologues « purs » ont de plus en plus tendance à tenir compte de cette documentation parallèle à la leur de langue grecque. Cela est d’autant plus naturel que les démotisants et les coptisants ont souvent eu d’abord une formation de papyrologues. D’ailleurs, une partie d’entre ceux-ci se familiarisent avec l’une ou l’autre de ces papyrologies égyptiennes selon qu’ils sont attirés par la période ptolémaïque pour la première, ou l'époque byzantine pour la seconde. Par exemple, en étudiant la vie d’un monastère, cela n’a guère de sens d’interroger les papyrus et ostraca grecs sans utiliser ce qu’apporte le matériel copte correspondant. Ceci est d’autant plus heureux que le volet sociologique de la papyrologie est en grande partie marqué par la coexistence dans un même cadre politicogéographique de deux cultures vivantes fort différentes et, jusqu’à un certain point, peu perméables l’une par rapport à l’autre.
Bien entendu, en Égypte, on a utilisé le papyrus fort longtemps avant Alexandre le Grand pour des textes sacrés, funéraires ou profanes ; leur étude relève de l’égyptologie. De même, on a trouvé à Éléphantine, à la première cataracte, des papyrus araméens laissés par la garnison juive que le roi de Perse avait postée à la frontière méridionale de l’Égypte au de l'ère chrétienne. Ces documents ainsi que les autres documents araméens plus récents trouvés en Égypte relèvent des études sémitiques.
Un lot de papyrus en pehlevi conservé à Berlin a pour origine la brève occupation de l’Égypte byzantine par les Perses (616-627).
L’occupation progressive de l’Égypte par les Arabes islamisés à partir de 639 explique la découverte de documents sur papyrus ou sur papier écrits dans la langue arabe dont l’emploi va se généraliser au fil des siècles, même dans les milieux chrétiens. Le grec va progressivement disparaître des documents privés, mais il survit quelque temps comme langue de chancellerie, comme dans le dossier issu des bureaux du gouverneur Kurrah ben Sharik à Fostat (Le Caire) pour un pagarque (dirigeant d’un pagus ou canton) de Haute-Égypte. Les papyrus arabes sont traités par des arabisants. Mais la coexistence de documents dans les deux langues exige la coopération des papyrologues hellénistes spécialisés dans le Proche-Orient au Haut Moyen-Âge et des spécialistes de la papyrologie arabe qui a trouvé un nouvel essor ces dernières années.
Papyrus trouvés hors d’Égypte
En dehors de l’Égypte, des circonstances particulières ont permis la sauvegarde fortuite de papyrus grecs. À Pétra et à Nessana, les documents révèlent quelques aspects d’une Palestine chrétienne, proche de l’Égypte byzantine. On a trouvé des papyrus grecs d’époque romaine en Syrie, particulièrement dans la garnison romaine de Doura-Europos.
La carbonisation lente du papyrus en milieu privé d’oxygène a assuré quelquefois la conservation de papyrus dans le Delta, mais aussi en dehors de l’Égypte. Ainsi, dans une tombe de Derveni en Macédoine, on a trouvé un rouleau orphique du (provenant d’une secte religieuse initiatique, l’orphisme). Mais on connaît surtout la découverte au des papyrus carbonisés d’Herculanum. Ils proviennent d’une bibliothèque de philosophie grecque submergée par les boues chaudes qui dévalèrent les pentes du Vésuve lorsque des pluies torrentielles succédèrent à l’éruption de 79 de l'ère chrétienne. Les papyrus carbonisèrent lentement, mais, à leur découverte, présentèrent de graves problèmes pour les dérouler et les déchiffrer. Aujourd’hui, la lecture en est facilitée par la photographie infrarouge et, tout récemment, la presse a mentionné que les progrès spectaculaires dans l’utilisation de raies spécifiques de l’infrarouge permettra de lire avec un succès considérable les papyrus carbonisés d’Herculanum, mais aussi des papyrus à l’écriture effacée provenant d’Égypte.
Catégorie:Index égyptologique
Grec ancien -
Le grec (ἡ Ἑλληνικὴ γλῶττα hê hellênikề glỗtta) est une des langues indo-européennes, apportée en Grèce entre le et le On traite ici du grec ancien, le grec moderne étant décrit dans un article séparé.
Les dialectes
À l'origine, il existait une grande variété de dialectes, regroupés en quatre groupes : arcado-cypriote, occidental, éolien et ionien-attique.
Parler du grec ancien n'a pas grand sens si l'on veut se référer à un des idiomes antiques : dans les faits, cependant, le grec désigne le dialecte d'Athènes. L'attique (dialecte du groupe ionien-attique), langue de l'Athènes antique, est la langue dans laquelle est écrite la majorité de la littérature grecque classique. Sous l'influence d'Alexandre le Grand, l'utilisation des dialectes a été réfrénée, de sorte que le monde grec utilisât la koinè, langue commune (c'est le sens de l'adjectif koinos) issue de plusieurs dialectes du groupe ionien-attique. Celui-ci lui permettait de communiquer avec son armée et était enseigné aux habitants des régions conquises, devenant ainsi la lingua franca de l'Antiquité, en concurrence avec le latin. La koinè est ensuite devenue langue officielle de l'Empire romain d'Orient, avant de continuer d'évoluer pour donner naissance au grec moderne d'aujourd'hui.
Pour une étude comparative des différents dialectes, consulter Dialectes grecs.
Écritures
La première forme d'écriture attestée pour noter un dialecte grec est le linéaire B, un syllabaire sans rapport avec l'alphabet grec, servant à transcrire une forme archaïque d'un dialecte arcado-cypriote utilisé en Grèce continentale et en Crète entre environ -1550 et -1200. Entre -800 et -200, une écriture proche, le syllabaire cypriote, a été utilisée à Chypre. Ce syllabaire pourrait descendre du cypro-minoéen (voir plus bas).
Il faut noter que des écritures plus anciennes que le linéaire B et le cypriote ont existé en Grèce, sans qu'on soit sûr qu'elles ont servi à noter du grec :
- le linéaire A (entre -1800 et -1450, en Crète et dans des îles égéennes) ;
- le crétois hiéroglyphique (entre -1750 et -1600, en Crète) ;
- le cypro-minoéen (entre -1500 et -1200, à Chypre), peut-être dérivé du linéaire A.
C'est ensuite l'alphabet grec, hérité des Phéniciens et de leur alphabet, qui a été utilisé sous différentes versions (dites épichoriques) à partir du ou du puis a été normalisé et imposé au reste du monde hellénophone par Athènes en -403. En ajoutant des voyelles à cet abjad sémitique, les Grecs sont les inventeurs des alphabets occidentaux. En effet, emprunté par les Étrusques (cf. Alphabet étrusque), qui l'ont transmis aux Romains, il a donné naissance à l'alphabet latin, mais aussi, sans passer par les Étrusques, à l'alphabet gotique, au cyrillique, à l'alphabet copte…
L'histoire de l'alphabet grec constitue un article séparé.
Phonologie
Consulter Prononciation du grec ancien pour un article complet.
Résumé :
Le grec ancien est une langue à accent de hauteur possédant deux (ou trois, selon les interprétations) intonations : aiguë et circonflexe (cf. Accentuation du grec). Il se caractérise aussi par un système de consonnes aspirées et par un jeu d'oppositions de quantités vocaliques. Il existe plusieurs règles de sandhi, tant internes qu'externes.
En passant de l'indo-européen au grec, la langue a subi de nombreuses modifications phonétiques dont les plus flagrantes sont décrites par la loi de Grassmann, la loi d'Osthoff et la loi de Rix. On note d'autre part qu'il permet de restituer dans de nombreux cas la coloration des laryngales IE. Enfin, c'est une langue centum.
Morphologie
Le grec, comme d'autres langues indo-européennes anciennes, est hautement flexionnel. Outre l'utilisation de désinences, le grec se caractérise par des procédés hérités de l'indo-européen comme l'alternance vocalique, l'utilisation du redoublement et de l'augment pour les verbes.
Système nominal
L'article complet se trouve dans Déclinaisons du grec ancien.
Par exemple, les noms possèdent cinq cas (nominatif, vocatif, accusatif, génitif et datif), trois genres (masculin, féminin et neutre, parfois réduits à un opposition animé / inanimé) et trois nombres (singulier, duel, pluriel et collectif pour les neutres). Le grec moderne n'utilise plus le datif, excepté dans quelques expressions comme en taxei, mais les autres cas sont généralement conservés.
On compte trois grands types de déclinaisons, tant pour les noms que les adjectifs (type en -α/η, type thématique en -ος et type athématique), lesquels possèdent plusieurs sous-types. Les pronoms suivent un système qui leur est propre et qui, ayant influencé les types nominaux, n'en sont pas très éloignés.
La richesse de la flexion nominale en fait la complexité.
Système verbal
L'article complet se trouve dans Conjugaisons du grec ancien.
Les verbes ont trois voix (active, moyenne et passive), trois personnes et trois nombres. Il se conjugue selon six modes, quatre personnels (indicatif, impératif, subjonctif et optatif) et deux impersonnels (infinitif et participe). Il existe six temps (présent, imparfait, aoriste, futur, parfait, plus-que-parfait), répartis de manière inégale entre les modes. Certaines formations secondaires existent, comme le futur antérieur.
Outre le temps, le verbe exprime surtout, de manière très précise, trois aspects (imperfectif, aspect zéro et statique) et plusieurs modes de procès (inchoatif, itératif, fréquentatif, etc.). Seul l'indicatif marque les temps : à tous les autres modes, ce n'est que l'aspect qui est indiqué.
Il existe deux grandes catégories de conjugaisons : les thématiques (ou verbes en -ω) et les athématiques (dits verbes en -μι). Ces catégories se divisent en un grand nombre de sous-catégories. Le système verbal est très complexe car la flexion met en œuvre de nombreux procédés comme l'alternance vocalique, la suffixation par le jeu de désinences, l'utilisation d'une voyelle thématique, celle de l'augment et du redoublement. À tous ces procédés s'ajoutent des modifications phonétiques importantes au sein d'un même paradigme.
En sorte, il n'est presque pas exagéré de dire qu'il existe plus de verbes irréguliers que de réguliers.
Influence du grec ancien sur les langues modernes
Mots savants et radicaux grecs
Un grand nombre de mots en latin, français et anglais, pour ne citer que ces langues, sont d'origine grecque et la majorité des néologismes savants utilisés de par le monde est bâtie sur des radicaux grecs (souvent mêlés de radicaux latins). Seuls quelques langues, comme l'islandais de manière systématique et, dans une moindre part, l'allemand, n'utilisent pas ces radicaux mais traduisent par calque les termes savants grecs au moyen de radicaux qui leur sont propres.
Mots courants
Des mots comme boutique, caractère ou beurre viennent aussi du grec. Passés par le latin et hérités comme tel dans la langue française (via d'autres langues, comme l'occitan), ils ont subi les mêmes modifications phonétiques que les autres mots hérités et sont maintenant très éloignés de leur étymon grec : il faut reconnaître derrière chacun d'entre eux ἀποθήκη apothếkê, χαρακτήρ kharaktếr et βούτυρον boúturon.
Le dédale synchrone du cosmos politique
Voici, pour illustrer l'omniprésence du grec dans les langues occidentales, un extrait d'un texte de Xénophon Zolotas (Ξενοφών Ζολώτας) dans lequel chaque mot (hormis les mots-outils) est d'origine grecque :
:« Sans apostropher ma rhétorique dans l’emphase et la pléthore, j’analyserai elliptiquement, sans nul gallicisme, le dédale synchrone du cosmos politique caractérisé par des syndromes de crise paralysant l’organisation systématique de notre économie. Nous sommes périodiquement sceptiques et neurasthéniques devant ces paroxysmes périphrasiques, cette boulimie des démagogues, ces hyperboles, ces paradoxes hypocrites et cyniques qui symbolisent une démocratie anachronique et chaotique. Les phénomènes fantastiques qu’on nous prophétise pour l’époque astronomique détrôneront les programmes rachitiques, hybrides et sporadiques de notre cycle atomique [...] ».
Divers
- code ISO 639-2 : grc
Voir aussi
Liens internes
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues indo-européennes
- dialectes grecs;
- déclinaisons du grec ancien ;
- conjugaisons du grec ancien
- phonologie du grec, accentuation du grec ;
- alphabet grec, diacritiques de l'alphabet grec, lettres supplémentaires de l'alphabet grec et histoire de l'alphabet grec ;
- grec moderne ;
- littérature grecque.
Liens externes
- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81 Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://www.lorem-ipsum.info/_greek Générateur de texte aléatoire grec] en plus de l'habituel lorem ipsum.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec-français/français-grec
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec_ancien.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec ancien-français/français-grec ancien
als:Griechische Sprache
ja:ギリシア語
ko:그리스어
ms:Bahasa Greek
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th:ภาษากรีก
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PaléographieLa paléographie (du grec palaios, « ancien » et graphein, « écrire ») est l'étude des textes manuscrits anciens, indépendamment de la langue utilisée (grec ancien, latin classique, latin médiéval, ancien français, français classique, etc.)
La paléographie est une discipline préalable à la philologie, qui se caractérise surtout par deux difficultés : d'une part, la graphie d'une même écriture ayant constamment évolué (écriture caroline, écriture gothique, etc.), il faut savoir déchiffrer les caractères qui constituent les textes de ces manuscrits. D'autre part, les manuscrits comportent nécessairement des abréviations servant à gagner de la place — à raison d'une peau de mouton par page, il fallait posséder un beau troupeau pour produire une Bible, même abrégée. Le paléographe doit donc connaître les abréviations courantes. L'esperluette, par exemple, est à l'origine l'une de ces abréviations, comme le tilde.
Ces connaissances permettent au paléographe de transcrire le document, c'est-à-dire d'en produire une copie moderne en rétablissant les abréviations. Ce travail est particulièrement important pour les textes en latin car les abréviations portent fréquemment sur les finales, or la déclinaison du mot latin se particularise par l'usage de finales différentes.
L'édition critique d'un texte
Le paléographe fournit des éditions critiques et philologiques de textes à partir de sources anciennes (il ne faut pas perdre de vue que par « textes anciens », on entend des textes tout autant antiques que médiévaux, sachant que l'écrasante majorité des textes antiques nous ont été transmis, indirectement, par les scribes médiévaux). Quand il n'existe qu'une seule source, son travail se « limite » à une transcription.
Dès que plusieurs sont disponibles (ce qui est souvent le cas pour des textes et auteurs célèbres), il lui faut aussi établir la généalogie des manuscrits, c'est-à-dire déterminer quels sont les plus anciens et quels sont les copies de ces premiers manuscrits : on entre là dans la philologie proprement dite. En effet, le travail du copiste médiéval a entraîné de très nombreuses erreurs et les sources ne sont presque jamais identiques. Son édition devra, autant que faire se peut, retrouver le texte original, ce qu'il obtient en confrontant toutes les variantes des textes (on parle aussi de « leçons »), sachant que les copies (et les copies de copies) sont généralement plus fautives (erreurs du copistes telles que des mots mal écrits, des lignes sautées, des mots répétés, d'autant plus fréquentes quand le copiste ne maîtrise pas la langue du manuscrit qu'il a recopié), parfois émaillées d'interpolations (ajouts au texte qui ne sont pas forcément signalés comme tel), de scholies et autres modifications.
Au final, son édition est une synthèse de ce qu'il considère être la version la plus juste. Une édition critique se compose donc du texte considéré original et, pour les éditions universitaires, d'un apparat critique et de notes indiquant les autres leçons des manuscrits utilisés, le plus souvent rédigées sous forme d'abréviations. On trouve aussi dans le texte lui-même les indications typographiques signalant les lettres difficilles à lire (signalées par le point souscrit), les lacunes (signalées par l'astérisque), les interpolations (par l'obèle), les passages supprimés (par les crochets), et ceux ajoutés (par les chevrons).
Actuellement, le travail de transcription ayant souvent déjà été fait, les éditeurs de textes anciens peuvent se contenter de la partie philologique proprement dite de confrontation des sources.
Autres disciplines
La paléographie doit être distinguée de l'épigraphie, l'étude des inscriptions, qui, elles, peuvent remonter à la plus haute Antiquité. La papyrologie, quant à elle, est une discipline-fille de la paléographie, qui se distingue par le support (papyrus contre codex manuscrits), plus fragile et bien moins lisible à cause des dégâts du temps.
Articles connexes
- Glossaire de diplomatique et de paléographie
- apparat critique (et obèle, crochets, chevrons, astérisque, point souscrit) ;
- philologie ;
- codex, papyrus ;
- écriture (et histoire de l'alphabet grec, de l'alphabet latin) ;
- épigraphie, papyrologie.
- Lectio difficilior potior
Paléographie
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AchéménidesAchemenides
Catégorie:Généalogie princière
Achemenides
Les Achéménides sont la première dynastie royale de Perse.
Ils tirent leur nom du héros légendaire Achéménès (en perse Hakhamanish), le fondateur.
C'est à cette famille qu'appartenaient Cyrus, Cambyse et Darius. La dynastie s'éteignit en 330 av. J.-C. avec les conquêtes d'Alexandre le Grand.
Liste des souverains achéménides
- -688/-675 : Achéménès, roi d'Anshan
- -675/-640 : Teispès, roi d'Anshan
- -640/-600 : Cyrus I, roi d'Anshan
- -600/-559 : Cambyse I, roi d'Anshan
- -559/-529 : Cyrus II le Grand, grand roi de Perse
- -529/-522 : Cambyse II, grand roi de Perse
- -522/-522 : L'usurpateur (?) Bardiya (ou Smerdis), grand roi de Perse
- -522/-486 : Darius I le Grand, grand roi de Perse
- -486/-465 : Xerxès I, grand roi de Perse
- -465/-424 : Artaxerxès I Longue Main, grand roi de Perse
- -424/-424 : Xerxès II, grand roi de Perse
- -424/-424 : Sogdianos, grand roi de Perse
- -424/-404 : Darius II Nothos, grand roi de Perse
- -404/-359 : Artaxerxès II, Mnemnon grand roi de Perse
- -359/-338 : Artaxerxès III Ochos, grand roi de Perse
- -338/-336 : Arsès, grand roi de Perse
- -336/-330 : Darius III Coloman, grand roi de Perse ( conquête d' Alexandre le Grand )
Voir aussi
Articles connexes
- Perse
- autres dynasties : Sassanides, Séfévides, Afsharides, Dynastie Zand, Dynastie Kadjar, Dynastie Pahlavi
ja:アケメネス朝
Indus
L’Indus (connu sous le nom de Sindh ou Sindhu dans l’Antiquité) est un fleuve du Pakistan qui a donné son nom à l’Inde. Il coule depuis l’Himalaya en direction du sud-ouest et se jette dans la mer d'Oman. L’Indus fait partie des Sept rivières sacrées de l'Inde.
La source de l’Indus est se trouve au Tibet au mont Kailâs ou Gangri, en effet, il porte son nom à partir de la confluence des torrents Sengge et Gar descendant de l’Himalaya et drainant les chaînes du Nganglong Kangri et du Gangdise Shan. L’Indus passe ensuite au nord-ouest au travers du Cachemire au sud de la chaîne du Karakoram, puis graduellement se tourne vers le sud, quittant les collines entre Peshawar et Rawalpindi. Dans ce secteur un barrage forme le réservoir de Tarbela. À partir de sa sonfluence avec la rivière Kaboul, l’Indus devient navigeable.
Le reste de son trajet vers la mer se déroule ensuite dans les plaines du Panjâb et du Sind, et le fleuve prend alors un cours très lent. Il traverse Hyderâbâd puis se jette dans la mer d’Omar par un grand delta aride de 7770 km² s’étendant sur 200 km de côte, au sud-est de Karâchi, maintenant considérée comme l’une des régions écologiques les plus importantes au monde.
Des études génétiques ont démontré que le dauphin de l’Indus et celui du Gange (Platanista gangetica), qui étaient considérés autrefois comme distincts, forment en réalité une seule et même espèce.
Le gouvernement de l’Inde organise chaque année le festival de Sindhu Darshan dans Ladakh sur les rives du fleuve pour favoriser le tourisme au Cachemire.
Affluents
- Gilgit
- Gizar
- Hunza
- Gumal
- Zhob
- Kaboul
- Kunar
- Sutlej
- Beas
- Chenab
- Jhelum
- Ravi
Voir aussi
- Civilisation de la vallée de l'Indus
- Écriture de l'Indus
- Sarasvati
- Liste des cours d'eau de l'Inde
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Indus peut désigner la musique industrielle.
Catégorie:Cours d'eau du Pakistan
Catégorie:Cours d'eau d'Inde
Catégorie:Cours d'eau du Tibet
ja:インダス川
ko:인더스 강
BabyloneBabylone est le nom d'une ville antique de Mésopotamie située sur l'Euphrate à environ 160 kilomètres au Sud-Est de l'actuelle Bagdad (Irak), près de la ville moderne de Hilla. Sa position géographique exacte est 32° 33’N - 44° 26’E.
Étymologie
Le nom de la ville de Babylone provient sans doute du nom pré-sumérien Babulu, que les Akkadiens ont expliqué étymologiquement par bab-ili(m), ce qui signifie « la Porte du Dieu ». Ce nom a été traduit en sumérien selon le même sens en Ka.dingir.ra. Les Grecs ont traduit ce nom en Babylon, qui a été repris par la suite par les Européens. Les Hébreux ont rapproché le nom Bab-ili de la racine hébraïque bbl, qui signifie « mélanger », ce qui rappelle le mythe de la Tour de Babel (nom hébreu de Babylone).
Les origines de Babylone
Tour de Babel
Babylone est mentionnée pour la première fois au , à l'époque de l'Empire d'Akkad, dont elle fait partie. Elle est ensuite un centre administratif important de l'Empire d'Ur III. Mais elle ne devient un centre politique important qu'avec l'installation d'une dynastie amorrite au début du IIè millénaire. Rien ne prédispose cette bourgade riveraine d'un bras secondaire de l'Euphrate à devenir à partir de 1800 av. J.-C. la capitale d'un ensemble régional vaste auquel on donne le nom de Babylonie.
Babylone sous la dynastie amorrite
La dynastie amorrite de Babylone est fondée vers 1894 par Soumou-aboum (1894–1881 av. J.-C.). Les amorrites sont un peuple sédentaires originaire des steppes de l'ouest de la Mésopotamie. Son successeur Soumou-la-El (1880–1845 av. J.-C.) est le véritable fondateur du royaume babylonien, qui prend sous son règne une certaine importance. Ses successeurs agrandissent le royaume, et sous Sin-mouballit (1812–1793 av. J.-C.) Babylone devient une puissance capable de rivaliser avec les grands royaumes amorrites voisins que sont Larsa, Eshnounna, Isin et Uruk. Son fils Hammourabi (1793–1750) saura jouer intelligemment son rôle dans le concert international de son temps. Après une première partie de règne peu fructueuse, il parvient à subjuguer les royaumes qui l'entourent : Larsa, Eshnunna, puis Mari. Il se désengage aussi de la tutelle de l'Élam. Babylone devient alors la plus grande puissance politique de Mésopotamie. C'est à ce moment que la ville capte à son seul profit, outre le rôle de capitale politique, la fonction de capitale religieuse, unique résidence du dieu Mardouk roi des dieux du panthéon mésopotamien. L'empire d'Hammourabi assure ainsi la synthèse entre les traditions culturelles et religieuses des capitales de Sumer et d'Akkad qui avaient dominé la Mésopotamie au et celles des bédouins amorrites.
Le site de la ville est un peu excentré par rapport aux autres capitales anciennes et futures de la Mésopotamie Agadé, Eshnounna, Séleucie, Ctésiphon et Bagdad. Cependant il est proche de l'endroit ou le Tigre et l'Euphrate sont peu éloignés l'un de l'autre. Cela apporte la présence d'un fort réseau de voies d'irrigation et une forte productivité des terres agricoles. Enfin vers l'époque d'Hammorabi le sud de la Mésopotamie voit une forte dégradation de sa situation démographique et économiques, pour des raisons qu'il est encore difficile d'élucider. C'est alors que de grandes métropoles telles Ur, Nippour, Uruk et Larsa sont alors abandonnées pour de longues périodes. De cette situation Babylone tire profit car installée au cœur d'une zone agricole prospère elle récupère, outre les traditions culturelles et religieuse de ces villes, leur force vive à savoir leur population.
Dès sa fondation la ville s'étend des deux rives de l'Arahtu un bras alors secondaire de l'Euphrate avant d'en devenir le lit principal au . Sur la rive droite s'étendait un parc, appelé le jardin de l'abondance mais qu'il ne faut pas confondre avec les fameux jardins suspendus dont les historiens actuels doutent de plus en plus qu'ils aient existés à Babylone.
La partie orientale de la ville, sur la rive gauche, est nettement plus étendue. Au nord de cette partie de la ville se trouvait les quartiers royaux avec au centre le palais royal. Sous le règne d'Hammourabi la population du palais s'est fortement accrue car les rois amorrites avaient pour tradition en cas de victoire d'emmener la population féminine du harem du souverain vaincu. Cela dit cette population proche du souverain reste peu connue. Ainsi si l'on connait plusieurs des enfants d'Hammourabi l'on ignore tout de ses épouses. Par les archives de Mari, nous savons que le palais de Babylone à l'époque amorrite est conçu avec une seule grande porte ce qui permet de filtrer les entrées et des batiments répartis autour d'une cour avec des espaces arborés.
Ce palais, comme les palais royaux proche-orientaux, est un centre économique important. Nous y trouvons des archives commerciales privées. Il semble qu'à l'époque amorrite le roi fait écouler ses surplus de laine par des agents commerciaux privés, les tamkarou qui disposent d'un certains nombre de mois pour reverser au palais le produit de leurs ventes. Ces agents peuvent aussi recevoir la ferme de certains impôts en nature qu'ils se chargent de percevoir et de changer en argent avant de le reverser au souverain.
Au centre de la partie orientale de Babylone se trouve le temple de Mardouk puis au sud les quartiers commerciaux qui servent de quartiers résidentiels aux notables et aux commercants.
Le fils d'Hammourabi, Samsou-ilouna (1749–1712 av. J.-C.), poursuit son œuvre, mais de nombreuses révoltes affaiblissent son royaume. Les rois suivants voient leur territoire se désagréger sous l'effet de révoltes, d'attaques de peuples ennemis, en premier lieu les Kassites mais aussi les Hourrites, le tout dans un climat de crise agraire. Samsou-Ditana (1625–1595 av. J.-C.), dont le royaume ne comporte plus que les environs immédiats de Babylone, rentre finalement dans un conflit contre le roi hittite Mursili I, qui réussit en 1595 av J-C. un raid sur Babylone avec l'aide des rois de Hana et des Kassites. La ville est pillée, et la dynastie amorrite disparaît. Il est important de noter que des études sont en cours de réalisations à propos de la chute de Babylone à cette époque. Un décalage de 70 ans serait plus qu'envisageable ce qui descendrait la chute de Babylone à 1525 ACN. Il ne s'agit encore que d'une hypothèse et non d'un fait avéré.
La période kassite et la seconde dynastie d'Isin
Après cette défaite, Babylone tombe aux mains d'une dynastie kassite, fondée par Agum. La date et les conditions exactes de cette prise du pouvoir nous sont inconnues, les premières décennies de la dynastie kassite nous étant inconnues. Vers 1500 av. J.-C., Burna-Buriash I assure sa domination sur toute la Basse-Mésopotamie, puis prend le nom de Karduniash (Babylonie). Le royaume s'étend encore sous ses successeurs, et Babylone devient une des grandes puissances politiques de la période, au même titre que l'Égypte, le Mitanni, les Hittites, l'Élam, comme l'atteste la correspondance d'el Amarna ( siècle av. J.-C.). Cette période calme est brisée par l'émergeance en Mésopotamie d'une nouvelle puissance, l'Assyrie, qui s'est débarrassée du Mitanni vers 1350 av. J.-C.. Ses rois n'auront de cesse de tenter d'affirmer leur suprématie sur Babylone. Les deux royaumes s'épuisent dans des luttes durant tout le siècle, avant que les Élamites ne rejoignent la partie au début du siècle. Le pouvoir kassite, fragilisé par les guerres contre l'Assyrie qui ont provoqué des luttes internes, tombe en quelques années sous les coups des rois élamites Shutruk-Nahhunte et Kutir-Nahhunte. En 1155 av. J.-C., la dynastie kassite, la plus longue à avoir régné à Babylone, se termine dans le chaos.
Le pouvoir élamite ne tient pas longtemps en place en Babylonie. Le roi Shilhak-Inshushinak est chassé du pays par le roi d'Isin Ninourta-nadin-shoumi, qui prend le pouvoir à Babylone vers 1130 av. J.-C.. Son successeur Nabuchodonosor I réussit à envahir l'Élam quelques années plus tard. Cette situation ne dure néanmoins pas longtemps, car l'Assyrie redevient menaçante. En 1025 av. J.-C., le roi assyrien Teglath-Phalasar I s'empare de Babylone et dépose le dernier roi de la seconde dynastie d'Isin , Nabû-shoum-libour (1032–1025 av. J.-C.).
Les rois Kassites ne font pas de Babylone leur unique résidence mais c'est pourtant sous leur dynastie et celle d'Isin, entre le et le que la cité assure définitivement sa suprématie religieuse et intellectuelle grace à une forte domination culturelle. C'est à cette époque, et à Babylone, que sont mis en forme les deux grands textes littéraires du monde babylonien a savoir Épopée de Gilgamesh et lÉpopée de la création (Enuma elish)(). Les textes essentiels dans les domaines de la divination, de la médecine sont aussi de cette époque. Enfin sous le règne d'Adad-shoum-ousour (1216–1187 av. J.-C. une deuxième enceinte donne à la ville son extension maximale. Sur la rive gauche la cité de Babylone forme un triangle d'environ 500 mètres du nord au sud et 300 mètres d'ouest en est au point le plus large. De l'autre coté de l'Euphrate, sur la rive droite, la ville forme un quadrilatère plus petit, d'environ 100 mètres sur 200). l'espace intra-muros est lui-même loin d'être entièrement bâti.
Le clergé du dieu Mardouk de la ville joue un rôle de plus en plus important et cherche à faire de Babylone l'héritière de Nippour l'antique capitale religieuse de Sumer, et de son dieu Enlil. Ainsi au les doubles murailles de Babylone et celle de Nippour reçoivent des noms qui indiquent une sorte de parenté. A Nippour les murailles s'appellent Nimit-Mardouk (protection du dieu Mardouk) pour la muraille extérieure et Imgour-Mardouk (Mardouk s'est montré favorable) pour l'intérieure. Celles de Babylone portent les noms de Nimit-Enlil et Imgour-Enlil.
Le temple du dieu Mardouk, l'Esagil (La demeure à la tête élevée) , devient le sanctuaire de tout le panthéon mésopotamien et possède des chapelles pour pratiquement tous les dieux qui se réunissent en Assemblée divine (l' Ubshoukkinakkou) dans une cour du temple réservée à cet effet. Aux cotés du temple (au nord) se trouve la ziggourat Etemenanki (la demeure fondement du Ciel et de la Terre), qui donne probablement naissance à la légende de la Tour de Babel, et dont certains textes ésotériques affirment que sous la tour visible s'enfonce sous terre une tour aux dimensions identiques.
Babylone est aussi un centre d'astronomie (et d'astrologie) considérable à l'époque. Les Babyloniens avaient déjà remarqué en leur temps la précession des équinoxes (voir art divinatoire), et c'est également dans les trente mille tablettes découvertes à Babylone que l'on a découvert les premières traces de ce que l'on nommera bien plus tard des algorithmes.
Babylone et la domination assyrienne
La fin du siècle est marquée par de grands mouvements de population en Babylonie, comme dans tout le Moyen-Orient. Des tribus d'Araméens et de Chaldéens s'installent en Babylonie, où elles constituent des entités politiques rivales du pouvoir babylonien. Les nouveaux souverains de cette cité s'avèrent incapables de rétablir l'ordre, et la région connaît une triste période durant tout le siècle.
La fin du siècle est marquée par le rétablissement de la monarchie assyrienne par Adad-nirari II. Celui-ci devient menaçant pour Babylone, mais il est repoussé par Nabû-shuma-ukin (880–860 av. J.-C.), qui réussit à améliorer momentanément la situation de son royaume. Après sa mort, une crise de succession secoue Babylone, dont profitent les rois assyriens. Le reste du siècle est marqué par des luttes dynastiques à Babylone et en Assyrie, dont profite à son tour l'un ou l'autre des deux royaumes pour établir sa suprématie sur son voisin. Les Assyriens finissent par l'emporter vers 800 av. J.-C., et la Babylonie tombe à nouveau dans le chaos, des rois Chaldéens tentant de s'établir à Babylone. Ces luttes internes finissent par profiter au royaume assyrien, qui est devenu un véritable Empire sous le règne de Teglath-Phalasar III. Après plusieurs années de luttes, celui-ci réussit à prendre Babylone en 728 av. J.-C., et il s'y proclame roi.
À partir de ce moment, la Babylonie va connaître un siècle de résistances à l'occupation de son voisin du nord. Cette lutte, menée avec le support des Élamites, qui deviennent les alliés de Babylone face à l'Assyrie, est initiée par un roi chaldéen, Merodach-baladan, qui réussit même à une période à régner à Babylone à la fin du siècle (722–710 av. J.-C. et brièvement en 703 av. J.-C.), avant d'être chassé par Sargon II puis son fils Sennacherib. Celui-ci fait monter son fils aîné Ashour-Nadin-Shoum sur le trône de la ville, mais il est vite déposé et livré aux Élamites qui le tuent. De rage, le roi assyrien prend la ville et la détruit, totalement selon ses dires, en 689. De plus la statue du dieu Mardouk est transportée en Assyrie où, quoique toujours honorée elle reste captive de nombreuses années. En réalité il est probable que les destructions ne furent que partielles, la rapidité du relèvement de Babylone sous le règne suivant en témoigne.
En effet Assarhaddon, qui succède à Sennacherib en 680 av. J.-C. se montre plus généreux envers la grande cité, qu'il restaure ainsi que l'Esagil. À sa mort en 669 av. J.-C., il choisit de faire monter son fils aîné Shamash-shoum-oukin sur le trône de Babylone, sous l'autorité de son autre fils Assurbanipal, qui devient roi d'Assyrie. Après quelques années du scrupuleuse fidélité, Shamash-shum-ukin finit par se révolter contre son frère en 648 av. J.-C., avec l'aide de la noblesse babylonienne, des Chaldéens et des Élamites. Après plusieurs années de guerre, il est vaincu, et il meurt dans l'incendie de son palais lors de la prise de Babylone par les Assyriens (vers 644 av. J.-C.). Cet épisode tragique inspire le personnage mythique de Sardanapale.
Même sous la domination étrangère les élites lettrées et marchandes de Babylone se battent avec énergie pour le maintien du statut de grande ville religieuse, dont les habitants sont exemptés de toute charge fiscale. Un texte éminemment politique de cet époque, le Miroir du Prince, estime que la fiscalité royale ne peut concerner Babylone, ainsi que Nippour et Sippar.
La dynastie chaldéenne et l'apogée de Babylone
Cette succession de révoltes en Babylonie a sans doute affaibli l'Assyrie, tandis qu'à Babylone l'esprit de résistance était de plus en plus fort, et les résistants de plus en plus actifs et unis. A la mort d'Assurbanipal en 627 av. J.-C., ses successeurs rentrent dans une querelle de succession qui est fatale à leur royaume. Nabopolassar (Nabou-apla-ousour), sans doute le gouverneur de la région du Pays de la Mer, et probablement d'origine chaldéenne, profite des troubles en Assyrie pour prendre le pouvoir à Babylone en 625 av. J.-C. Il prétend soutenir l'un des prétendants assyriens, Sin-shar-ishkoun qui lui confère l'autorité sur Babylone en échange de son appui militaire. Après quelques années de conflit, il réussit finalement à abattre l'Empire assyrien, avec l'aide du roi des Mèdes, Cyaxare, entre 614 av. J.-C. et 610 av. J.-C.
Son fils Nabuchodonosor II (605–562) lui succède. Avec lui, Babylone connaît son apogée. Il fonde l'empire dit Néobabylonien qui couvre une grande partie du proche-orient des frontières de l'Égypte jusqu'au Taurus anatolien et aux abords de la Perse. Contrairement à l'Assyrie, qui avait séparée la capitale politique Ninive de la capitale religieuse Assur, l'empire néobabylonien fait de Babylone le lieu d'exercice du pouvoir royal et la résidence de Mardouk, le dieu à la tête du panthéon mésopotamien.
Les règnes de Nabopolossar et Nabuchodonosor II correspondent à une période de profondes transformations de la ville. Ce sont ces travaux qui vont contribuer à l'image, légendaire, reproduite par Hérodote d'une ville ceinte par des murailles de 90 mètres de hauteur. En réalité Nabuchodonosor fait restaurer totalement les deux enceintes traditionnelles de Nimit-Enlil et Imgour-Enlil sur une longueur d'environ 8 kilomètres, lesquelles enserrent la surface batie de la cité. Puis il fait construire une seconde muraille externe d'environ 11 kilomètres qui part de la colline de Babil 300 mètres au nord de la ville et rejoint l'Euphrate au sud. Elle entoure une zone agricole qui pouvait contribuer au ravitaillement de Babylone en cas de siège.
À la vieille ville, proche du fleuve et constituée de rues sinueuses et étroites, s'ajoute, au nord est de la cité, des quartiers caractérisés par de grandes avenues se coupant à angles droit, dans une sorte de plan en damier. Les contrats de vente des maisons située sur ces axes de circulation appellent ces derniers «voie de passage du roi et des dieux» (mutaq sharri u ilani). Il s'agit de grandes voies processionnelles. La plus célèbre est surnommée « Puisse l'ennemi arrogant ne pas réussir » (Ay-ibour-shabou) et part de la porte d'Ishtar jusqu'a l'enceinte exterieur de l'Esagil. Les dalles qui pavent le sol de cette rue sont au nom de Nabuchodonosor.
Le long de la rive gauche un quai de brique et une muraille protège les deux palais (nord et sud) du roi ainsi que le quartier des temples et le quartier commercial. De plus un pont en dur (bois et briques cuites), un des seuls du Moyen-Orient, permet de relier à proximité de l'Esagil et de l'Etemenanki les deux rives. Afin d'éviter les inondations et de protéger la ville Nabuchodonosor fait construire un énorme écueil en brique afin de briser la force du courant et de contraindre le fleuve à faire un coude.
Au total la ville compte plus de 40 temples autour desquels se rassemblent les maisons des notables et des membres des divers clergés. Les fouilles dans le quartier de Shu-an-na montrent que certaines maisons atteignent parfois 400 m². Cependant la densité du bati est variable et plus l'on s'éloigne du fleuve plus le tissu urbain est discontinu, avec de véritable zone de cultures en son sein. Il est donc particulièrement difficile de connaître le nombre précis des habitants de la métropole babylonienne car outre les fortes inégalités entre quartiers il faut prendre en compte le personnel des palais et des temples, difficile à évaluer, ainsi que la présence de nombreux déportés conséquence des guerres des souverains babyloniens. De plus la présence de commercants étrangers est avérée sans qu'il soit posssible d'en faire une estimation chiffrée.
Les successeurs de Nabuchodonosor II réussissent à tenir tant bien que mal leur royaume, mais ils n'ont pas la trempe des fondateurs de la dynastie. Le dernier roi de Babylone, Nabonide (556–539 av. J.-C.), est un personnage énigmatique qui réussit à se mettre à dos une grande partie des nobles de son royaume. Quand le roi des Perses Cyrus II attaque Babylone en 539 par une attaque surprise contre la porte d'Enlil au nord ouest de la ville, la lutte tourne court et la cité et l'Empire tout entier tombe entre ses mains. Dès lors, Babylone perd son indépendance.
Babylone sous domination étrangère
La chute du royaume babylonien et la fin de l'indépendance politique ne signifient pas le déclin de la métropole mésopotamienne. Certe à deux reprise la ville se révolte contre Darius I (en 520–519 av. J.-C. puis en 514 av. J.-C.) et celui-ci finit par démanteler une partie des fortifications. Mais sous la domination des Achéménides Babylone reste la ville la plus dévellopée économiquement de la région et la plus peuplée. De plus elle a rang de ville impériale et offre aux souverains perses une résidence hivernale. Jusqu'au début du Les archives, souvent privées, nous renseignent sur la prospérité certaine des entrepreneurs et commerçants babyloniens. Notre documentation s'amenuise pour la fin du Ve siècle et le début du
En 331, l'Empire achéménide tombe entre les mains du roi macédonien Alexandre le Grand après la victoire de Gaugamèles le {{{{{{{{
Égypte
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| Président
| Mohammed Hosni Moubarak
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Cyrénaïque
pt:Cirenaica
Catégorie:Histoire de l'Afriquecatégorie:province romaine
La Cyrénaïque (en grec ancien Κυρηναία, en latin Cyrenaica) était une province romaine d'Afrique du Nord, située entre les provinces d'Égypte et de Numidie. Ce territoire fait aujourd'hui partie de la Libye. Son nom provient de la ville grecque de Cyrène.
Après avoir longtemps appartenu à l'Égypte, elle fut léguée par Ptolémée VIII à son fils Ptolémée Apion qui, sans héritier, la légua à la République romaine en 96 av. J.-C.. Celle-ci en fit une province avec l'île de Crète.
Palestine
Cet article traite de la Palestine en tant que région géographique, pour les autres usages du terme Palestine, voir Palestine (homonymie).
"Palestine" (Grec ancien: Palaïstinè ; Latin: (Syria) Palæstina ; Hébreu biblique : פלשת Pəléšeth ; Arabe : فلسطين Filastīn) désigne depuis l'Antiquité la région située entre la mer Méditerranée et le Jourdain ; selon les époques, cette désignation correspond à une bande côtière plus étroite ou au contraire s'étend également au-delà du Jourdain. Elle est aujourd'hui habitée par les peuples israélien et palestinien et comprend l'État d'Israël et ce qui est communément appelé "Territoires palestiniens occupés".
Le terme Palestine a une longue histoire et a le plus souvent désigné une division administrative et/ou politique d'un empire, depuis l'époque romaine jusqu'à l'époque ottomane puis sous le mandat britannique, à l'exception notable de l'époque des Croisades pendant lesquelles cette "Terre sainte", qui a une place essentielle dans les trois grandes religions monothéistes, a été disputée pour sa signification religieuse. Pour le peuple juif, ce territoire est nommé "Erets Israel" et est considéré comme un héritage biblique.
Les Arabes de Palestine ont pris, dans l'histoire moderne, le nom de "peuple palestinien", en référence à cette terre. "Palestine" est également destiné à devenir le nom de l'État qu'ils revendiquent et que demande la communauté internationale (ONU, un grand nombre d'États, initiative de Genève).
Évolution des emplois du terme "Palestine"
Dans la langue française, le terme "Palestine" est utilisé depuis des siècles pour désigner le territoire situé géographiquement entre Méditerranée et Jourdain. Pourtant, on lui reconnaît aujourd'hui plusieurs sens:
- Le premier usage géographique du terme, qui désignait précédemment une circonscription ottomane ("Filastin") puis le territoire du Mandat britannique ("Palestine"), perdure, même s'il a pris un sens politique et a perdu une partie de sa neutralité, spécialement après la création de l'État d'Israël en 1948. Notamment, certains Israéliens et/ou Juifs perçoivent dans l'utilisation du terme "Palestine" un déni de l'existence bien réelle de l'État d'Israël sur une partie de ce territoire, ou de sa légitimité sur cette même terre. Et le fait de désigner par "Palestine" un éventuel futur État arabe sur les territoires palestiniens occupés accroît pour eux cette confusion. Toutefois, la partie arabe continue d'appeler Palestine soit la région dans son intégralité, soit seulement la Bande de Gaza et la Cisjordanie, tandis que le terme "Palestiniens" est adopté pour désigner tous les habitants arabes de Palestine, y compris souvent les habitants arabes de citoyenneté israélienne.
- Le sens politique du terme est apparu avec la proclamation d'un "État de Palestine" par l'OLP à Alger en 1988; uniquement certains États l'ont reconnu, principalement des pays arabes et islamiques. Mais ce nom est repris pour désigner l'État toujours revendiqué par les Palestiniens aujourd'hui. Pour certains d'entre eux, il s'agira d'un État qui s'étendra sur les "territoires palestiniens occupés" par Israël (Gaza et Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est). Pour d'autres, le but de cet État serait de couvrir l'ensemble de la "Palestine" géographique. Cet État (dans sa version qui reconnaîtrait Israël) est prévu par l'ONU et devrait voir le jour en plusieurs étapes à l'issue de négociations et de concessions des deux parties, qui ont été définies par la "Feuille de route pour la paix". Les "territoires autonomes palestiniens" et l'"Autorité palestinienne" qui les administre constitueraient le point de départ pour la formation de ce futur État. Pris dans ce sens récent, le terme a reçu une reconnaissance officielle à l'ONU puisqu'un siège d'observateur a été attribué sous la dénomination de "Palestine" à l'Organisation de libération de la Palestine en tant qu'organisation représentant le peuple palestinien.
- Dans un contexte religieux, ce même territoire est aussi appelé "Terre Sainte" par les Chrétiens ou "Erets Israel" par les Juifs et recouvre l'ensemble des territoires décrits par la Bible. Cette région est connue dans le texte sous le nom de Pays de Canaan puis de Terre d'Israël.
Histoire
Pour une chronologie et des indications détaillées, voir l'article Histoire de la Palestine
Charnière entre la vallée du Nil et la "terre entre les fleuves" (Mésopotamie), le pays a été habité depuis des millénaires et a connu la présence de nombreuses dominations d'empires et de brassage de peuples. Chronologiquement, il connut la domination des : Cananéens, Hébreux, Assyriens, Perses, Grecs, Romains, Byzantins, Arabes, Croisés, Ottomans et Britanniques. Il est l'enjeu d'un conflit qui s'étend depuis un siècle entre Juifs et Arabes, qui implique les trois religions monothéistes qui voient dans ce pays une "Terre Sainte".
Quelques étapes importantes
- La période cananéenne va du début du IIIe millénaire av. J.-C. à la fin du XIIIe siècle av. J.-C..
- La période hébreu va du début du XIIe siècle av. J.-C. à 587 av. J.-C. (prise de Jérusalem par Nabuchodonosor II).
- La période babylonienne puis perse va de 587 av. J.-C. à 333 av. J.-C..
- La période romaine suivie de la période byzantine (dès 324), va de 63 av. J.-C. à 638 ap. J.-C.. La période de la Judée hasmonéenne indépendante va de 140 à 36 av. J.-C..
- La première période musulmane va de 638 à 1099.
- La période des Croisades va de 1099 à 1291.
- La période ottomane va de 1291 à 1917, y compris la parenthèse napoléonienne.
- La période britannique (mandat dès 1920) va de 1917 à 1948.
- La période contemporaine est marquée par la création de l'État d'Israël en 1948, l'occupation de la Cisjordanie et de Gaza par la Transjordanie et l'Égypte (de 1948 à 1967) puis par Israël depuis 1967. Voir plus généralement le conflit israélo-palestinien.
Histoire de l'utilisation du terme "Palestine"
Antiquité
Le nom "Palestine" dérive de celui des Philistins, peuple qui a vécu sur une partie de la bande côtière de la Méditerranée du sud-est, entre la fin de l'Âge du Bronze et le début de l'Âge du Fer. Les Philistins sont mal connus, car ils n'utilisaient pas l'écriture. On dispose de références à ce peuple dans des documents égyptiens (qui en font l'un des "Peuples de la mer" envahisseurs de l'Égypte sous Ramsès III) et désigne par "Peleset" (P-l-s-t) la région qu'ils habitent. Les Philistins et leur pays "Peleshet" (פלשת Pəléšeth) sont également mentionnés dans la Bible (qui parle aussi de "Cananéens" à la fois antérieurs et voisins par rapport aux "Philistins"): selon le texte, les Hébreux étaient régulièrement en guerre avec ce peuple dont les principales villes étaient Ashdod, Ashkelon, Ekron, Gath et Gaza.
Ceux qui préfèrent le nom Israël pour appeler cette terre, dénoncent l'utilisation du terme "Palestine" en référence aux Philistins comme un faux historique. La référence biblique ne mentionne "Peleshet" que lors des guerres entre Hébreux et Philistins et parle de ce peuple qui habite quelques villes dans les environs d'Ashkelon et non l'ensemble de la terre entre le fleuve et la mer qui est connue comme "Pays de Canaan" puis "Erets Israël". L'utilisation du mot "Palestine" viendrait des Romains qui rappelèrent le nom des Philistins pour baptiser cette terre "Syria Palæstina", dans le but d'effacer même dans le nom le souvenir des Juifs et des États juifs qui s'y étaient succédé.
Sous la domination romaine, la deuxième révolte juive (132-135) aboutit à l'expulsion des Juifs de Jérusalem (Hadrien). Jérusalem est nommée "Aelia Capitolina" et la région est intégrée dans la province de "Syrie-Palestine" (Syria Palæstina), nouvelle dénomination, calquée sur le grec, de ce qui était auparavant appelé en latin Syria Judaea ("Syrie Judée" ou "Syrie juive"). Dans les textes non bibliques, le terme de "Palestine" (Palaïstinê) apparaît pour la première fois sous la plume de l'historien grec Hérodote, au (Histoires, 1,105 ; 2,104 ; etc.). Ptolémée et, plus tard, en latin, Pline l'Ancien parlent également de "Palestine", toujours lié au terme "Syrie". Le terme est utilisé en référence à l'ancien peuple des Philistins.
Vers 390, le terme de "Palestine" est réutilisé pour nommer les 3 subdivisions administratives du territoire de la Palestine:
- la Palestine Première (Palaestina Prima) a pour chef-lieu Césarée et comprend la Judée, la Samarie, la Pérée, et la côte méditerranéenne;
- la Palestine Seconde (Palaestina Secunda) a pour chef-lieu Scythopolis et comprend la Galilée, la basse plaine de Jézréel, la vallée du Jourdain à l'Est de la Galilée, et l'Ouest de la Décapole;
- la Palestine Troisième (Palaestina Tertia) a pour chef-lieu Pétra et comprend le Néguev, le Sud de la Jordanie (détaché de la province d'Arabie), et l'Ouest du Sinaï.
Moyen-Âge
Les Arabes divisent la province d'ash-Sham (Syrie) en cinq districts (jund), dont l'un garde le nom de "Palestine" (فلسطين, Filastīn) et s'étend du Sinaï jusqu'à Akko (future Saint-Jean-d'Acre); son chef-lieu est d'abord Ludd (Lydda, Lod) puis, dès 717, ar-Ramlah (Ramla) et plus tard Jérusalem. Les autres villes les plus importantes sont Rafah, Gaza, Jaffa, Césarée, Naplouse et Jéricho. Ce district de "Palestine" était bordé au nord et à l'est par celui de "Jordanie" (al-Urdunn), qui avait pour capitale Tibériade et incluait Akko et Tyr. Les frontières entre ces deux districts ont plusieurs fois varié au cours de l'histoire. À partir du , cette division a commencé à tomber en désuétude, pour faire place finalement au Royaume latin de Jérusalem.
Le nom de "Palestine" n'a plus de valeur officielle sous le gouvernement des Croisés, qui créent le Royaume latin de Jérusalem; Jérusalem redevient capitale d'un État. Voir l'article Royaume de Jérusalem.
Après la défaite et le départ des Croisés, aux et , les jund (districts) arabo-musulmans sont réintroduits, mais leurs frontières sont sans cesse redéfinies. À la fin du , la "Syrie" est divisée en 9 "royaumes", dont les royaumes de Gaza (avec Ascalon et Hébron), Karak (avec Jaffa), Safed (avec Acre, Tyr et Sidon) et Damas (avec entre autres, au sud, Jérusalem). Au milieu du , le système des districts est réinstauré et "Filastin" redevient le nom officiel d'un territoire: un district ayant pour chef-lieu Jérusalem (avec les villes de Ramla, Ascalon, Hébron, Naplouse). Tibériade est le chef-lieu d'un autre district, celui de "Hauran".
Époque moderne
Le nom de "Palestine" perd sa valeur officielle sous l'Empire Ottoman. La population locale continue d'utiliser familièrement ou officieusement "Filastin" et le terme de "Palestine" reste en usage en Europe, comme terme géographique. Au , le gouvernement ottoman se met à utiliser le terme de "terre de Palestine" (Arz-i Filistin) dans sa correspondance officielle, pour désigner la zone située entre la Méditerranée et le Jourdain. Cet usage reflète celui de la population arabe, qui parfois, semble-t-il, utilise Filastin pour désigner le seul arrondissement (sandjak) de Jérusalem.
Époque contemporaine
Le terme de "Palestine" redevient d'usage sous le mandat britannique puis avec le plan de partage de l'ONU en 1947 (qui lui donne une valeur géographique). Le fait que l'État juif en Palestine s'appelle "Israël" (et ses habitants "Israéliens") pousse la population arabe de Palestine à prendre le nom de "Palestiniens" et à appeler "Palestine", l'État qu'elle revendique.
Géographie
Pour un article complet, voir Géographie de la Palestine
Terre de religions
La Palestine est le berceau de deux grandes religions monothéistes, le judaïsme et le christianisme, et une terre sainte pour la troisième, l'islam. Depuis des siècles, tous se croisent et se retrouvent sur le sol de la Palestine, terre hautement sacrée et chargée de symboles pour ces trois grandes religions. Des lieux de culte et de vénération sont éparpillés sur tout ce territoire historique : Jérusalem, Hébron, Bethléem, Jéricho, le Lac de Tibériade sont autant de noms de villes et de lieux qui font vibrer la fibre religieuse de centaines de millions de personnes dans le monde.
Voir aussi
Liens externes
- [http://dmoz.org/World/Fran%c3%a7ais/R%c3%a9gional/Asie/Territoires_palestiniens/ Catégorie Territoires palestiniens] sur l'annuaire Dmoz
Sources:
- [http://www.un.org/unrwa/publications/pdf/rr_countryandarea.pdf Les palestiniens réfugiés à travers le monde]
- [http://questionscritiques.free.fr/moyen_orient/conflit-israelo-palestinien.htm Histoire de la Palestine] : des origines cananéennes à la deuxième Intifada.[http://questionscritiques.free.fr/moyen_orient/Les_Origines_du_Conflit_Israelo-Palestinien.pdf version pdf - 64 pages]
- [http://www.jerusalem-pedibus.net/site_fr/je010_fr.html Le conflit israélo-palestinien et Jérusalem]
- [http://libertefemmepalestine.chez.tiscali.fr/ Situation des femmes en Palestine]
- [http://www.un.org/french/Depts/palestine/brochure/index.htm L'Organisation des Nations Unies et la question de Palestine], brochure publiée par le Département de l'information de l'ONU
- [http://www.cerium.ca/article912.html Israël et la Palestine: En route vers la paix ?] Vidéo en ligne d'un débat entre quatre universitaires montréalais, notamment sur l'évolution convergente des opinions publiques israélienne et palestinienne.
-
ms:Palestin
ja:パレスチナ
zh-cn:巴勒斯坦
Cléopâtre VII
Cléopâtre VII est une reine d'Égypte de la famille des Lagides qui gouverne son pays entre 51 av. J-C. et 30 av. J-C., successivement avec ses frères et époux Ptolémée XIII et Ptolémée XIV puis avec le général romain Marc-Antoine. Elle est considérée comme le dernier pharaon de l'Égypte antique avant la conquête romaine.
Cléopâtre est un personnage dont la légende s'est emparée, de son vivant même, et le tragique de sa mort n'a fait que renforcer la tendance au romanesque qui entoure le personnage et qui parfois gêne l'historien dans une approche objective de cette reine d'Égypte, sans doute la femme la plus célèbre de l'Antiquité.
Nous disposons de peu de sources et les principales, Plutarque, Suétone et Appien, n'évoquent Cléopâtre que pour autant qu'elle prenne place dans l'histoire romaine. C'est ainsi que nous ne savons pratiquement rien de ce qu'elle fait à Rome aux lendemains de l'assassinat de César, ni à Alexandrie durant l'absence de Marc Antoine entre 40 et 37 av. J.-C.
De plus l'historiographie antique lui est globalement défavorable car inspirée par le vainqueur de Cléopâtre, l'empereur Auguste et son entourage dont l'intérêt est de noircir la reine afin d'en faire l'adversaire malfaisant de Rome et le mauvais génie de Marc Antoine. Ainsi ce jugement de l'historien du , Flavius Josèphe : « Elle fit d'Antoine l'ennemi de sa patrie par la corruption de ses charmes amoureux ». Cela explique la prudence des historiens actuels et l'enthousiasme des cinéastes ou romanciers pour un tel personnage.
Origines
Cléopâtre est née sans doute en 69 av. J-C probablement à Alexandrie. Elle est l'une des trois filles (connues) de Ptolémée XII Aulète, roi d'Égypte et vraisemblablement d'une concubine, puisque Strabon affirme que Ptolémée XII n'eut qu'une seule fille légitime, Bérénice IV, qui régna de 58 av. J.-C. à 55 av. J.-C.
Cette bâtardise n'est pas un handicap, Ptolémée XII lui-même est un fils illégitime de Ptolémée IX, mais elle entretient le mystère sur les origines maternelles de Cléopâtre, avec l'hypothèse d'une ascendance égyptienne. C'est l'un des facteurs, outre le fait qu'elle parle égyptie | | |