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| Ptolémée XV |
Ptolémée XV
Ptolémée XV Philopator Caesar, dit Césarion, est le fils de Cléopâtre VII et présumé de Jules César. Né en 47 av. J.C, il meurt très jeune (17 ans) et gouverne l'Egypte avec sa mère (-44/-30).
Il sera assassiné par Octave, le futur Auguste, premier empereur de Rome. Selon certaines théories, celui-ci n'aurait pas admis que la descendance mâle de Cléopâtre survive.
Il aurait fait assassiner Alexandre Hélios (né en -40/disparu depuis -30) et Ptolémée Philadelphe (né en -36/disparu depuis -30) laissant cependant la vie à la jumelle d'Alexandre Hélios, Cléopâtre Séléné (-40/6), tous trois nés de l'union de Marc Antoine et de Cléopâtre VII.
Cependant, selon Appien et Pausanias, les demi-frères de Césarion sont élevés avec Cléopâtre Séléné par Octavie, sœur d'Octave, ex-épouse de Marc Antoine et mère de leur deux demi-sœurs Antonia l'Aînée et Antonia la Jeune, et vécurent quelque temps avec leur sœur et leur beau-frère Juba II avant que l'on perde leur trace.
Le rapport entre Auguste, fils adoptif de Jules César, et Césarion était différent : ce dernier était son frère adoptif, et donc un rival politique direct.
Ptolémée XV apparaît sur un relief de Dendérah en compagnie de sa mère.
Avec lui, disparaissent les dynasties pharaoniques, puisque lui succède l'occupation romaine de l'Égypte.
La redécouverte de cette période faste de l'Égypte pharaonique ne se fera qu'après l'expédition d'Égypte de Napoléon Bonaparte, accompagné de nombreux scientifiques et archéologues en 1798.
Ptolemee 15
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Cléopâtre VII
Cléopâtre VII est une reine d'Égypte de la famille des Lagides qui gouverne son pays entre 51 av. J-C. et 30 av. J-C., successivement avec ses frères et époux Ptolémée XIII et Ptolémée XIV puis avec le général romain Marc-Antoine. Elle est considérée comme le dernier pharaon de l'Égypte antique avant la conquête romaine.
Cléopâtre est un personnage dont la légende s'est emparée, de son vivant même, et le tragique de sa mort n'a fait que renforcer la tendance au romanesque qui entoure le personnage et qui parfois gêne l'historien dans une approche objective de cette reine d'Égypte, sans doute la femme la plus célèbre de l'Antiquité.
Nous disposons de peu de sources et les principales, Plutarque, Suétone et Appien, n'évoquent Cléopâtre que pour autant qu'elle prenne place dans l'histoire romaine. C'est ainsi que nous ne savons pratiquement rien de ce qu'elle fait à Rome aux lendemains de l'assassinat de César, ni à Alexandrie durant l'absence de Marc Antoine entre 40 et 37 av. J.-C.
De plus l'historiographie antique lui est globalement défavorable car inspirée par le vainqueur de Cléopâtre, l'empereur Auguste et son entourage dont l'intérêt est de noircir la reine afin d'en faire l'adversaire malfaisant de Rome et le mauvais génie de Marc Antoine. Ainsi ce jugement de l'historien du , Flavius Josèphe : « Elle fit d'Antoine l'ennemi de sa patrie par la corruption de ses charmes amoureux ». Cela explique la prudence des historiens actuels et l'enthousiasme des cinéastes ou romanciers pour un tel personnage.
Origines
Cléopâtre est née sans doute en 69 av. J-C probablement à Alexandrie. Elle est l'une des trois filles (connues) de Ptolémée XII Aulète, roi d'Égypte et vraisemblablement d'une concubine, puisque Strabon affirme que Ptolémée XII n'eut qu'une seule fille légitime, Bérénice IV, qui régna de 58 av. J.-C. à 55 av. J.-C.
Cette bâtardise n'est pas un handicap, Ptolémée XII lui-même est un fils illégitime de Ptolémée IX, mais elle entretient le mystère sur les origines maternelles de Cléopâtre, avec l'hypothèse d'une ascendance égyptienne. C'est l'un des facteurs, outre le fait qu'elle parle égyptien, qu'avancent certains historiens pour expliquer le curieux titre de la reine, philopatris (« qui aime sa patrie »), lequel surprend dans une dynastie qui privilégie plutôt les liens dynastiques (« qui aime son père… sa mère… sa sœur… », etc.) que l'attachement aux pays et aux peuples qu'ils gouvernent. Mais peut-être ne faut-il y voir qu'une attention plus marquée, rare chez ses prédécesseurs si l'on excepte Ptolémée VIII dit Physcon, à l'Égypte indigène.
La femme
Ptolémée VIII
Il est difficile de cerner la véritable personnalité de Cléopâtre, qu'un certain romantisme a contribué à déformer, mais elle avait à l'évidence beaucoup de courage et fut suffisamment puissante pour inquiéter les Romains.
Aucune source sûre ne vient nous éclairer sur son aspect physique qui échappe à un classement esthétique banal. Certaines pièces de monnaies donnent l'image d'une femme aux traits lourds et au nez assez proéminent. En revanche, on sait qu'elle avait une présence forte et du charme, qu'elle dégageait une puissante séduction et que tout cela était complété par une voix ensorcelante ainsi qu'un esprit brillant et cultivé.
En effet alors que l'éducation des filles, même de familles royales, est négligée dans le monde grec ou hellénistique, Cléopâtre bénéficie apparemment de l'enseignement de pédagogues cultivés qui, sur un esprit intelligent, donne d'excellents résultats. C'est ainsi que Cléopâtre est une véritable reine polyglotte et parle, outre le grec, l'égyptien (première et dernière de sa dynastie à faire cet effort encore qu'il y ait un doute pour Ptolémée VIII dit Physcon !), l'araméen, l'éthiopien, le mède, l'arabe, sans doute aussi l'hébreu et la langue des Troglodytes, un peuple vivant aux abords de la mer Rouge. De tels dons ne durent pas la laisser non plus longtemps démunie face au latin encore que des Romains aussi cultivés que César parlaient un grec parfait.
La prise du pouvoir
La jeunesse
Nous ignorons tout de son enfance et de ses années d'adolescence. Tout au plus pouvons nous imaginer qu'elle dut observer les évènements du règne chaotique de son père avec une grande acuité. La puissance de Rome, qui intervient militairement pour rétablir Ptolémée XII en 55 av. J.-C. renversé par sa fille aînée Bérénice IV trois ans plus tôt, est certainement un élément compris et assimilé par la jeune Cléopâtre. Les tribulations du règne précédent apprennent aussi à la future reine à utiliser tous les moyens pour se débarrasser de ses adversaires ou de ceux qui gênent ses projets comme son jeune frère Ptolémée XIV en 44 av. J.-C. Elle imite en cela l'exemple paternel, Ptolémée XII n'ayant pas hésité à faire exécuter sa fille Bérénice IV en reprenant le pouvoir en 55 av. J.-C.
L'accès au trône
Le testament du roi Ptolémée XII, mort en 51 av. J.-C., désigne comme ses successeurs Cléopâtre et un frère cadet de celle-ci, Ptolémée XIII, d'une quinzaine d'années environ, à qui elle est nominalement mariée car selon la coutume ptolémaïque, elle ne peut régner seule. Rien ne prouve que Cléopâtre ait voulu exercer la totalité du pouvoir à l'époque, en tout cas les titulatures de cette période lui accordent toujours la seconde place.
À l'automne 49 av. J.-C. les relations se dégradent entre les deux souverains. Les causes de cette rupture sont ignorées. Toujours est-il qu'à partir de cette date le nom de la reine figure dans les textes officiels avant celui de Ptolémée XIII. En fait c'est une véritable guerre qui éclate entre les deux monarques puisqu'à l'été 48 av. J.-C. ils se font face à Péluse. Il semble que Cléopâtre se trouve en difficulté car elle doit fuir en Syrie puis à Ascalon où elle trouve de l'aide.
César et Cléopâtre
L'assassinat de Pompée
C'est alors qu'intervient la puissance romaine. En effet Pompée, vaincu par Jules César à Pharsale au début du mois de juin 48 av. J.-C., tente de trouver refuge en Égypte. Le jeune roi Ptolémée XIII et ses conseillers jugent sa cause perdue et pensent s'attirer les bonnes grâces du vainqueur en le faisant assassiner, dès qu'il pose pied sur le sol égyptien le 28 juillet 48 av. J.-C., sous les yeux de son entourage. César, qui débarque deux jours plus tard, est semble t-il furieux de ce lâche forfait et n'éprouve pour le pharaon que mépris.
La rencontre avec César
Cependant Cesar reste en Égypte pour des raisons privées peu glorieuses, bien qu'il évoque les vents contraires pour différer son retour. En effet il tente d'obtenir le remboursement de dettes que Ptolémée XII avait contractées auprès d'un banquier romain et qu'il a reprise à son compte. Il juge pour cela indispensable de réconcilier le couple royal et tente à s'y employer à la fin de l'année 48 av. J.-C. Les deux souverains sont convoqués au palais royal d'Alexandrie. Ptolémée XIII s'y rend après diverses tergiversations ainsi que Cléopâtre. C'est à ce moment que se déroule, s'il est authentique, l'épisode du tapis dans lequel la reine se serait fait enroulée afin de parvenir auprès de César. Celui-ci tente d'imposer le statu quo ante c’est-à-dire le retour au testament de Ptolémée XII ce qu'accepte semble t-il Cléopâtre mais pas son frère guère impressionné par les faibles effectifs de César (environ 7000 hommes). Celui-ci se retrouve même prisonnier dans Alexandrie à la fin de 48 av. J.-C. sans renforts. Seule la noyade accidentelle de Ptolémée XIII dans le Nil le 15 janvier 47 av. J.-C. met fin au conflit.
Le séjour à Rome
Cléopâtre épouse alors un autre de ses frères cadets, Ptolémée XIV sur l'injonction de César. Cependant elle est la seule à détenir réellement le pouvoir et le protocole enregistre cette prépondérance en plaçant le nom de la reine en tête des actes officiels. Sa liaison avec César n'est un mystère pour personne. Ce dernier cependant doit bientôt quitter Alexandrie pour combattre le roi du Pont, Pharnace, puis les derniers partisans de Pompée en Afrique. De retour à Rome il convoque les souverains lagides en 46 av. J.-C. Les raisons de cette convocation sont imprécises. César, lui-même marié, souhaite-t-il retrouver sa maîtresse qu'il loge dans sa propriété de la rive droite du Tibre ? Veut-il impressionner par l'éclat des quatre triomphes qu'il célèbre durant l'été 46 av. J.-C. ? A-t-il comme objectif de montrer ce qu'il en coûte de se révolter contre Rome en faisant figurer dans son triomphe la sœur de Cléopâtre et de Ptolémée XIV, Arsinoé, qui s'était fait reconnaître reine par les troupes de Ptolémée XIII ? Difficile de trancher pour une hypothèse plutôt qu'une autre. On connaît peu de chose sur ce séjour de deux ans à Rome et le seul geste officiel de César en sa faveur est de faire placer une statue dorée de la reine dans le sanctuaire de Vénus Genetrix ancêtre mythique de la gens Iulia dont il est issu.
Cléopâtre seule souveraine
Au moment où elle se prépare à rentrer sur Alexandrie, au début de l'année 44 av. J.-C. César est assassiné. Elle quitte alors Rome à la mi-avril, fait escale en Grèce où elle accouche d'un garçon nommé César (en général le nom de Césarion est utilisé pour le distinguer de son glorieux géniteur), puis fait voile vers Alexandrie où elle arrive en juillet 44 av. J.C. Elle profite de la situation confuse qui suit la mort de César pour rétablir l'autorité de l'Égypte sur Chypre, qui avait été cédé à Rome par Ptolémée XII en 59 av. J.-C.
À peine de retour dans son pays elle fait assassiner Ptolémée XIV, à la fois monarque inutile et rival potentiel. La naissance de son fils lui assure un successeur éventuel et elle prend donc seule le titre de reine.
Marc Antoine
Des années difficiles
Cléopâtre, enfin seule souveraine d'Égypte, même si c'est au nom de son fils, est confrontée à des années difficiles. En 43 av. J.-C. une famine s'abat sur son pays, puis la crue du Nil fait défaut deux années consécutives (41/42 av. J.-C.). Il semble que la reine se soit préoccupée essentiellement de l'approvisionnement de sa capitale, qui est le vrai centre de son pouvoir et prompt à se rebeller. De plus il lui faut compter avec les quatre légions romaines installées par son défunt amant qui se livrent à des exactions jusqu'à leur départ en 43 av. J.-C.
La guerre que se livrent les assassins de César, Cassius et Brutus et ses héritiers, Octave et Marc Antoine, oblige la reine à des contorsions diplomatiques. En effet Brutus tient la Grèce ainsi que l'Asie mineure tandis que Cassius s'installe en Syrie. Le gouverneur de Cléopâtre à Chypre, Sérapion, aide donc Cassius avec sans aucun doute l'assentiment de la reine quels que soit les sentiments que lui inspire l'un des assassins de César. Sérapion sera officiellement désavoué plus tard. Dans le même temps Cléopâtre envoie une flotte aux partisans de César, qui reconnaissent Césarion pour roi. Cette flotte est victime d'une tempête au large de la Libye mais le geste place la reine dans le camp des vainqueurs quand en 42 av. J.-C. les républicains sont écrasés à Philippes.
La rencontre avec Marc Antoine
Nous ignorons depuis quand Cléopâtre, âgée de 29 ans en 41 av. J.-C. et le général romain, qui a une quarantaine d'années, se connaissent. Nous savons que Marc Antoine était l'un des officiers qui avaient participé au rétablissement de Ptolémée XII en 55 av. J.-C. mais il est peu probable qu'ils se soient fréquentés, Cléopâtre n'ayant à l'époque qu'une quinzaine d'années. Il est plus vraisemblable qu'ils se soient fréquentés lors du séjour à Rome de la reine. Pourtant lors de leur rencontre en 41 av.J.-C. ils semblent assez mal se connaître.
Dans le partage du monde romain intervenu après l'écrasement des républicains, l'orient est dévolu à Antoine. Il reprend alors le projet de César avant sa mort, c'est-à-dire une grande expédition contre les Parthes. Pour cela il convoque les souverains des royaumes clients à Tarse, en Cilicie, y compris la reine d'Égypte. Celle-ci connaît au moins un des défauts de l'officier, sa vanité et son amour du faste, aussi arrive-t-elle dans un navire à la poupe dorée et aux voiles pourpres, siégeant sous un dais d'or entourée d'un équipage déguisé en Nymphes, Néréides et Amours. Puis elle invite Marc Antoine à son bord pour un somptueux banquet. Commence alors une liaison de dix ans, sans doute l'une des plus célèbres de l'Histoire.
La reconstitution d'un grand royaume lagide
Dans un premier temps Marc Antoine suit Cléopâtre à Alexandrie où il passe l'hiver 41 av. J.-C./40 av. J.-C. laissant son armée. C'est à ce moment qu'une vaste offensive des Parthes leur permet de s'emparer de la Syrie, du sud de l'Asie mineure, et de la Cilicie. Antigone, un prince de la famille des Asmonéens, hostile aux Romains est installé sur le trône de Jérusalem. Marc Antoine mène une courte contre-offensive depuis Tyr puis est obligé de rentrer à Rome (été 40 av. J.-C.) où s'affrontent ses partisans et ceux d'Octave. Il conclut avec ce dernier la paix de Brindes en octobre 40 av. J.-C. et épouse sa sœur, Octavie. Pendant ce temps à Alexandrie Cléopâtre accouche de jumeaux, un garçon Alexandre Hélios et une fille Cléopâtre Séléné.
La séparation dure trois ans, du printemps 40 av. J.-C. à l'automne 37 av. J.-C. et nous ne savons rien ou presque de l'action de la reine durant cette période. Au retour d'Antoine, les deux amants se retrouvent à Antioche à l'automne 37 av. J.-C., celui-ci entame une politique nouvelle. Alors que ses officiers et ses alliés ont chassé les Parthes il substitue là ou c'est possible des États clients, qui lui sont fidèles, à une administration directe de Rome. C'est ainsi qu'Hérode devient roi de Judée avec l'appui direct d'Antoine. C'est un phénomène identique qui se déroule en Galatie, dans le Pont et en Cappadoce. Cléopâtre en tire un bénéfice immédiat puisqu'elle se voit confirmer la possession de Chypre, qui est en fait effective depuis 44 av. J.-C., mais aussi de villes de la côte syrienne, du royaume de Chalcis, au Liban actuel, et de la côte cilicienne. Elle reconstitue ainsi une partie de la thalassocratie des premiers rois lagides.
La guerre contre les Parthes
En 37 av. J.-C./36 av. J.-C. Marc Antoine entame une campagne contre les Parthes qui tourne au désastre en grande partie causé par un hiver rigoureux dans les montagnes d'Arménie et du nord-ouest de l'Iran actuel. Antoine lui-même en réchappe de peu. Cléopâtre est restée à Alexandrie pour accoucher d'un troisième enfant du couple, Ptolémée Philadelphe. Après 37 av. J.-C., on commence à voir à Rome dans l'alliance entre Antoine et Cléopâtre une menace contre l'Empire et contre Octave. Celui-ci envoie sa sœur Octavie, la femme légitime d'Antoine et la mère de ses deux filles Antonia l'Aînée (la future grand-mère de Néron) et Antonia la jeune (future mère de Germanicus et de Claude) au début du printemps 35 av. J.-C. rejoindre son mari. Antoine ordonne à sa femme, lorsque celle-ci parvient à Athènes, de rebrousser chemin. Octavie, sans montrer extérieurement le moindre signe de contrariété ordonne aux troupes qui l'accompagnent, des renforts de son frère pour son époux, de poursuivre leur chemin vers Alexandrie.
Antoine projette en effet de faire oublier son échec militaire de 36 av. J.-C. et lance en 35 av. J.-C. une seconde expédition plus chanceuse. L'Arménie, la Médie font acte d'allégeance et Antoine célèbre un triomphe, non à Rome, mais à Alexandrie où Cléopâtre et ses enfants sont associés. Un peu plus tard Césarion est proclamé roi des rois, Alexandre Hélios reçoit en partage l'Arménie et les terres au delà de l'Euphrate, Ptolémée quant à lui se voit confier, nominativement bien sûr car il a environ deux ans, la Syrie et l'Asie Mineure. Enfin Cléopâtre Séléné se retrouve à la tête de la Cyrénaïque. Il semble que le caractère hasardeux et chimériques de ces projets grandioses et irréalistes, une partie non négligeable de ces royaumes ne sont pas réellement sous le contrôle de Marc Antoine, n'échappe pas à Cléopâtre qui se contente plus prosaïquement de réclamer à son amant, en vain, la Judée.
L'échec final
Actium
Les relations avec Octave s'enveniment de nouveau en 32 av. J.-C. et les poussent à l'affrontement. Nul doute qu'Octave craint Marc Antoine et sa popularité, encore forte au sénat, mais le triomphe d'Antoine en 35 av. J.-C. et la désignation de Ptolémée XV/Césarion comme roi des rois lui font envisager un danger plus vaste encore. Après tout ce jeune homme est le seul fils de César et il pourrait un jour lui venir l'idée, si les circonstances s'y prêtent, de venir réclamer son héritage paternel. Aussi Octave va s'employer à dénigrer Marc Antoine par tous les moyens et surtout Cléopâtre, l'Égyptienne, celle qui le tient sous ses charmes et qui l'oblige à des abandons qu'Octave estime désastreux pour Rome. La plupart de ces accusations sont de mauvaise foi et de la propagande auprès de l'opinion publique romaine mais sont aussi pour beaucoup à l'origine de la « légende noire » de Cléopâtre chez beaucoup d'auteurs antiques.
La guerre voit l'Égypte fournir une part importante de l'effort de guerre, plus de 200 trières, ainsi que les royaumes alliés, à l'exception notable de l'habile Hérode qui visiblement fait le pari d'une victoire d'Octave. Il est vrai que c'est son intérêt car il sait que la reine d'Égypte lorgne sur son royaume depuis fort longtemps. Mais Marc Antoine mène la guerre en dépit du bon sens, sans énergie et alors qu'Octave peine à constituer son armée il lui laisse le temps de s'organiser. Octave n'est guère un grand chef de guerre mais il compte avec Agrippa un officier compétent qui lui donne rapidement l'avantage. Lorsque éclate la bataille navale d'Actium (septembre 31 av. J.-C.), Cléopâtre comprend rapidement l'issue finale de la guerre et rompt le combat avec sa flotte. Cette fuite, seul moyen de sauver ce qui peut l'être, est évidement exploitée par Octave auprès des officiers et des hommes d'Antoine dont beaucoup changent d'allégeance.
La fin
31 av. J.-C.)]]
Les derniers mois sont assez mal connus. Antoine retourne en Égypte et ne prend pratiquement aucune mesure pour lutter contre l'avancée de plus en plus triomphale d'Octave. Il consume ses forces en banquets, beuveries et fêtes somptueuses sans se soucier de la situation. Que fait Cléopâtre ? Les sources manquent. Certaines affirment qu'elle cherche à séduire Octave. L'anecdote est-elle crédible, difficile à dire. Il est probable que les charmes de la reine approchant de la quarantaine et après au moins quatre maternités avaient faibli. Il semble qu'elle ait surtout cherché à mettre Césarion à l'abri en l'expédiant à Méroé, au Soudan.
Vers août 30 av. J.-C. Octave arrive à Alexandrie. À la fausse annonce du suicide de Cléopâtre, Marc-Antoine met fin à ses jours en se jetant sur son épée. Mourant il est transporté par Cléopâtre dans son propre tombeau. Celle-ci est conduite devant Octave qui la laisse se retirer avec ses servantes. Cette attitude est curieuse de la part du futur Auguste car il semble ne prendre aucune précaution pour prévenir un suicide de la reine dont il a pourtant besoin pour figurer à son triomphe. Craint-il qu'à l'instar de sa sœur Arsinoé, figurant au triomphe de Jules César en 46 av. J.-C., elle n'inspire aux Romains que compassion plutôt que haine. Il n'est pas impossible qu'Octave ait espéré le suicide de Cléopâtre, qui pouvait passer pour une lâcheté supplémentaire accréditant la thèse défendue par sa propre propagande.
Cléopâtre se donne la mort, selon Plutarque dans sa Vie d'Antoine, en se faisant porter un panier de figues contenant deux aspics venimeux. Si Césarion est exécuté sur ordre d'Octave les trois autres enfants d'Antoine et Cléopâtre sont emmenés à Rome et élevés par Octavie, restée fidèle à la mémoire de son mari. Cléopâtre Séléné épousera le roi et savant berbère Juba II de Maurétanie, comme elle orphelin de guerre élevé à Rome.
Le personnage de Cléopâtre
Outre la réflexion de Blaise Pascal qui considérait que Le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé, la reine d'Égypte a inspiré de très nombreuses représentations.
Peinture
La scène de la mort de Cléopâtre a été le sujet de nombreux tableaux et dessins, notamment par Reginald Arthur, Augustin Hirschvogel, Guido Cagnacci , Johann Liss, John William Waterhouse et Jean André Rixens
Littérature
- évocation par Plutarque dans ses Vies parallèles des hommes illustres.
- Une nuit de Cléopâtre est une nouvelle de l'auteur français Théophile Gautier, écrite en 1845.
- Sa présence est aussi très forte dans le livre La Momie de Anne Rice, étant l'un des personnages clés du livre.
Scène
- Cléopâtre captive est une tragédie d'Étienne Jodelle repésentée en 1552.
- Antoine et Cléopâtre est un drame de William Shakespeare, représenté en 1623.
- Cleopatra e Cesare est un opéra baroque du compositeur allemand Carl Heinrich Graun composé en 1742.
- Cléopatre est un pièce du dramaturge français Victorien Sardou, écrite en 1890.
- Cesar and Cleopatra est une pièce de George Bernard Shaw, écrite 1898, publiée en 1901 et mise en scène en 1906. La pièce fut notamment reprise à Londres en 1946 avec Vivien Leigh dans le rôle de la reine.
Cinéma
Cléopâtre a été représentée de nombreuses fois au cinéma et cela dès les débuts de ce nouvel art. C'est ainsi que la première actrice jouant le rôle de Cléopâtre est une française, Jeanne d'Alcy, pour un film de Georges Méliès de deux minutes en 1899 (voir : Cléopâtre). Sur ce film, longtemps considéré disparu et retrouvé en 2005, on voit la profanation du tombeau de la reine, sa momie carbonisée et de la fumée surgir Cléopâtre, immortelle.
Deux autres films de l'époque du cinéma muet utilisent comme thèmes la fameuse reine d'Égypte et en particuliers sa rencontre avec Marc Antoine. Ainsi Marcantonio e Cléopatra du réalisateur italien Enrico Guazzoni en 1913 et surtout, en 1917 le réalisateur américain J.Gordon Edwards qui dans Cléopâtre offre le rôle à l'une des première « vamps » de la Fox, Theda Bara.
L'un des premiers films du cinéma parlant est en 1934 de nouveau un Cléopâtre réalisé par Cecil B. De Mille, avec dans le rôle phare une actrice à la fois gracieuse et aguichante, Claudette Colbert. Le rôle est repris par Vivien Leigh en 1946 dans une adaptation anglaise, de Gabriel Pascal, de la pièce de George Bernard Shaw César et Cléopâtre.
Mais l'actrice qui incarne pour des générations de cinéphiles Cléopâtre est bien entendu Elizabeth Taylor dans le film de Joseph Mankiewicz tourné en 1963, avec Rex Harrisson dans le rôle de Jules César et surtout Richard Burton dans celui de Marc Antoine. La qualité du scénario et de l'interprétation, la médiatisation de la star et de ses 64 robes à l'écran, de ses amours avec Richard Burton, sans compter la quasi-faillite de la Fox entraînée par ce film, superposent sans doute pour longtemps le visage de l'actrice et celui de la reine d'Égypte.
Le personnage de Cléopâtre apparaît aussi dans quelques films pornographiques, souvent incarné par des actrices aux canons physiques proches de Liz Taylor, mais aussi dans certains films comiques ou parodiques tels Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ de Jean Yanne en 1982 et, pour le public français en tout cas, avec le visage de Monica Belluci dans le film d'Alain Chabat, Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre en 2001.
Voir aussi
Bibliographie
- C. Préaux, Le Monde hellénistique, P.U.F., 1989, 2 tomes ;
- P.-M. Martin, Antoine et Cléopâtre, la fin d'un rêve, Albin Michel, 1991 ;
- M. Chauveau, Cléopâtre. Vie et mort d'un pharaon, Gallimard, collection « Découvertes », 1993 ;
- Revue L'Histoire, numéro 238, décembre 1999 :
- M. Sartre, Portrait d'une inconnue, pp. 32-40,
- Claude Aziza, Cléopâtre l'immortelle, p. 36.
Liens externes
- [http://www.geocities.com/christopherjbennett/ptolemies/genealogy.htm Généalogie de Cléopâtre VII] (en anglais)
Cleopatre 07
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Événements
- Saint Paul commence ses missions. (fin en 67).
- Censure de Claude (47-48).
- Corbulon lance une offensive contre les Frisons révoltés. Rappelé par Claude sur le Rhin, il joint ce fleuve au delta de la Meuse par un canal qui reçoit son nom.
- Bordeaux s'affirme comme un des plus grands centres culturels et commerciaux de la Gaule.
- Révolte de tribus bretonnes, dirigée par le Caluvellaunien Caratacus, contre l’interdiction qui leur est faite de porter des armes (47-51). Rome intervient (47-48) et inaugure une politique de romanisation forcée. Prasutagus est imposé comme roi aux Icéniens (48-59). Camulodunum (Colchester) des Trinovantes est érigée en colonie romaine.
- Aqueduc de Claude à Rome.
- Claude organise l’ordre des haruspices (60 membres).
- Ananie, fils de Nébédée, grand-prêtre de Jérusalem (47-v. 55).
Naissances
- Plutarque, écrivain et philosophe grec.
Décès
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Événements
- Premier statut de Palmyre.
- Les Romains fondent Tournai en Belgique.
- Phèdre traduit les fables d’Esope et en compose d’originales.
- Style ornemental dans la peinture romaine. Les éléments architecturaux encadrent le motif central (30-50).
- Velleius Paterculus écrit l'histoire générale des pays connus dans l'Antiquité.
- En Chine, l’impôt est ramené du dixième au trentième des récoltes et des bénéfices.
Naissances
- Marcus Cocceius Nerva, à Narmia en Ombrie.
Décès
- Jésus-Christ (date incertaine).
- A Jérusalem, Shammaï l'Ancien (-50-30), docteur juif pharisien , fondateur de l’école Bet Shammai, opposée par sa rigueur dans l’interprétation de la Loi à celle de Hillel.
Auguste ko:아우구스투스 ja:アウグストゥス
Auguste
Auguste
Auguste
Auguste (Caius Octavius Thurinus, puis Caius Julius Cæsar Octavianus, enfin Imperator Cæsar Divi Filius Augustus), d'abord appelé Octave puis Octavien, né en 63 av. J.-C. et mort en 14 ap. J.-C. est le premier empereur romain.
La conquête du pouvoir
Auguste est né à Rome sous le nom de Caius Octavius Thurinus (famille des Thurii) et porte le même nom que son père. Celui-ci appartenait à une famille de l'ordre équestre importante mais peu connue ; il fut gouverneur de la province de Macédoine jusqu'à sa mort en 58 av. J.-C. Sa mère, Atia, est la nièce du grand général romain, César. En 46 av. J.-C., celui-ci, sans descendance légitime, adopte son petit-neveu par testament (voir adoption à Rome). Petit-neveu de Jules César, il est adopté par celui-ci. Selon l'usage romain en cas d'adoption, Octave est désormais appelé Caius Julius Cæsar Octavianus (Octavien). Après l'assassinat de son père adoptif, il partage le pouvoir avec Marc Antoine et Lépide au sein du second triumvirat.
Après avoir vaincu Marc Antoine à la bataille navale d'Actium en 31 av. J.-C., il devient seul détenteur du pouvoir et finit par devenir le premier empereur romain en 27 av. J.-C. lorsque le Sénat lui confère le titre d'Auguste.
Octavien devient Auguste
Ce titre est assez particulier. Conformément à la tradition romaine, il s'agit d'un surnom qu'on rajouta aux prénoms d'Auguste, tout comme on ajoutait au nom d'un général vainqueur un surnom formé sur le nom du peuple vaincu. Il était décerné au général si le territoire de Rome avait été accru par la victoire. Le terme Augustus est à forte connotation religieuse. Avant d'être décerné à Octave, il n'était employé comme adjectif qu'à l'égard d'un dieu. Il signifie celui qui augmente. Par ce titre, on considère donc qu'Octave est celui qui augmente perpétuellement lager publicus.
Le mois d'août (augustus en latin) fut d'ailleurs baptisé ainsi en son honneur de même qu'auparavant, le mois de juillet (julius) rend hommage à Jules César.
Instauration du Principat
Le 13 janvier -27, au terme d’un long discours au Sénat, Octave se voit attribuer le pouvoir proconsulaire pour dix ans. L’empire est divisé en provinces Sénatoriales (pacifiées) et Impériales (où se trouvent les forces armées). Le 16 janvier, il reçoit le titre sacré d’Auguste sur l’initiative du sénateur Munatius Plancus. Par ce règlement constitutionnel, le régime personnel, régime d’exception jusque là, entre dans sa période organique. Octave, reconnu comme Princeps, ou premier citoyen, devient le chef officiel de l’Etat romain. Il prend le contrôle absolu de l’armée, dont il assure le financement et est protégé en permanence par la garde prétorienne, stationnée dans l’Urbs (jusqu’alors aucune troupe n’avait résidé à Rome). Par définition le régime comporte un partage d’attribution entre le nouveau pouvoir —le Princeps— et les pouvoirs traditionnels —comices, magistratures et Sénat—. En fait, politique extérieure et armée mise à part, le Sénat conserve ou reçoit d’importantes prérogatives dans les domaines de l’administration civile (Rome, Italie, provinces), des finances, de la justice et de la monnaie. Auguste entend qu’il soit, en face de l’armée, le seul élément civil qui compte dans l’Etat. Il contrôle l’élection des magistrats par un système de recommandation officielle, la commendatio. La destinatio permet également l’intervention d’un organisme spécial de chevaliers et de sénateurs répartis en dix ou quinze centuries pour la désignation des candidats (tabula hebana, inscription découverte à Magliano). Les comices ont perdu tout contrôle véritable. L’empereur fait entrer à la Curie des provinciaux (à l’époque de César, 45 familles patriciennes sont représentées ; on n’en trouve plus qu’une seule à la fin du ). Pour les remplacer, il y a des Gallo-romains (ceux de Lyon et de Vienne, très tôt), puis des Espagnols, des Africains et même des Orientaux.
Règne
Réforme de l'armée
Auguste réforme l’armée, qui devient définitivement une armée de métier. La charte militaire (condito militiae) lui donne son statut légal : service de 12 ans pour les prétoriens, de 16 ans pour les légionnaires (porté plus tard à 16 et 20 ans), solde, libéralités variées, dotation en argent ou en terre le jour de la libération, accompagnée de privilèges juridiques comme la collation de la cité romaine. Les effectifs sont fixés à 28 légions (25 après le désastre de Varus en 9) fortes de 5 500 fantassins et de 120 cavaliers, de corps auxiliaires de 500 où 1 000 hommes (cavalerie, ailes, infanterie, cohortes), de la garnison de Rome et de l’Italie, formée des neuf cohortes prétoriennes (9 000 hommes au total), des trois cohortes urbaines (3 000 hommes), des sept cohortes des vigiles (police nocturne, incendies) et de la garde privée de l’empereur, formé de cavaliers espagnols, Bataves ou Germains. Soit 300 000 hommes auquel viennent s’ajouter 50 000 hommes des contingents des alliés, rois vassaux ou Barbares. Auguste crée une marine de guerre, composée de deux flottes à Misène et à Ravenne qui protégent l’Italie, de deux autres flottes de moindre importance en Syrie et en Égypte, et de flottilles fluviales sur le Rhin et le Danube pour la protection des frontières.
Réforme de l'administration
En -23, Auguste crée un corps de fonctionnaires, nommés et appointés par lui : préfets, procurateurs, membres des grandes commissions exécutives. Les carrières sénatoriales (héritage de la République) et équestre (créée de toutes pièces) fournissent le personnel administratif nécessaire. Les provinces Impériales sont administrées selon le cas par des lieutenants-légats d’ordre sénatorial ou des préfets et des procurateurs d’ordre équestre. L’empereur possède un droit de regard sur les provinces sénatoriales qui se traduit par une intervention administrative, financière et judiciaire, sous la forme de l’appel.
Auguste procède à un redressement financier en aménageant les impôts existant et en améliorant l’administration fiscale. Il contrôle sévèrement la gestion des gouverneurs sénatoriaux et met fin au pillage méthodique des provinces pratiqué à l’époque républicaine. En Sicile et en Gaule, il substitue au système de la ferme la perception directe, et dans les cas où il maintient la ferme, il l’entoure de garanties (remplacement des puissantes compagnies financières par des fermiers d’importance sociale plus modeste et contrôle étroit exercé par des gouverneurs ou des procurateurs financiers). Auguste poursuit l’œuvre de César en matière de recensement et de cadastre, qui servent de base à la fixation de l’impôt. Il dédouble la caisse financière centrale, l’aerarium, qui subsiste pour le Sénat, avec les diverses corbeilles (Fisci) et la caisse de la fortune particulière (patrimonium) pour l’empereur.
Les juridictions républicaines traditionnelles—comices, magistratures, Sénat, tribunaux—sont remaniées. Les tribunaux civils et criminels sont réorganisés. Une juridiction impériale est créée, qui se manifeste sous trois formes : l’évocation à l’empereur, l’appel et la délégation de la juridiction aux fonctionnaires. En première instance, par la Cognito Caesaris, l’empereur, partout et toujours, au civil comme au criminel, peut évoquer une affaire à son tribunal. L’appel à l’empereur est généralisé dans tout le monde Romain. Juge suprême de l’empire, l’empereur délègue ses pouvoirs judiciaires à ses fonctionnaires, tant permanents (préfets et commissions exécutives à Rome et en Italie, légats et gouverneurs dans les provinces impériales) qu’extraordinaires (commissaires spéciaux). La réorganisation judiciaire se complète, notamment à Rome, par la création d’une police.
Travaux à Rome
Sous le principat d'Auguste, Rome est divisée en 14 "régions". Des travaux sont entrepris pour stabiliser les rives du Tibre. Afin de lutter contre les incendies, assez fréquents dans la capitale, un corps de vigiles est instauré. De nouveaux aqueducs sont construits. C'est aussi sous le règne d'Auguste que sortent de terre les thermes d'Agrippa sur le Champ-de-Mars. Auguste veille aussi à la bonne marche de la religion en construisant ou en rénovant environ 80 sanctuaires ; ainsi, le temple d'Apollon est créé sur le Palatin. Enfin, le forum d'Auguste est érigé. Auguste fait également reconstruire la basilique Julia qui avait été incendiée. Elle est dédicacée à ses fils adoptifs. Sur le Forum romain, un arc de triomphe celèbre les victoires du prince.
Voir aussi
Liens internes
- Rome antique
- Trophée des Alpes
Bibliographie
Au temps des légionnaires romains, collection La Vie privée des Hommes, Hachette, 1978, collectif, textes de Pierre Miquel ISBN 2-01-003352-3
Rome
Rome (en italien Roma) est le chef-lieu de la région du Latium et la capitale de l'Italie. Elle est située sur le Tibre, à 22 km de la mer Méditerranée. Elle est parfois appelée la ville aux sept collines (Aventin, Cælius, Capitole, Esquilin, Palatin, Quirinal et Viminal) ou la Ville éternelle. Rome est le siège de Pierre, une des capitales de la chrétienté.
D'après la mythologie romaine, Rome doit son nom à son fondateur, Romulus. La date mythique de sa fondation est -753, point de départ du calendrier romain, comptant ab Urbe condita, « depuis la fondation de Rome ». Cette date est confirmée par l'archéologie et aujourd'hui les historiens considèrent qu'effectivement un synœcisme a eu lieu à cette date. La Rome antique n'a cessé d'inspirer.
Cité de Varennes-Jarcy
La cité de Varennes-Jarcy est une enclave extra-territoriale incluant la basilique Saint-Pierre, ainsi que d'autres bâtiments romains. Elle constitue l'État de la cité du Vatican. Le pèlerinage de Rome est, avec ceux de la Terre Sainte (Jérusalem en particulier) et de Compostelle, l'un des trois principaux pèlerinages chrétiens. On arrive à la ville par la via Francigena ; dans Rome, le pèlerinage inclut généralement les quatre basiliques majeures (Saint-Pierre, au Vatican, Saint-Paul-hors-les-Murs, Saint-Jean-de-Latran et Sainte-Marie-Majeure) et souvent trois autres basiliques mineures, constituant le "Tour des sept églises".
Monuments romains
Tour des sept églises
Rome, par son histoire, est très riche en monuments, musées et points de vue. C'est ainsi la deuxième ville la plus visitée au monde après Paris, avec laquelle elle est d'ailleurs jumelée, avec environ 10 millions de visiteurs annuels. Voici quelques-uns des monuments et musées les plus connus :
Rome antique
Voir aussi Liste des monuments de la Rome antique
- l'arc de Constantin
- l'arc de Titus
- le Colisée
- le Forum romain et les Forums impériaux
- le Capitole et les musées capitolins
- les thermes : thermes de Caracalla, thermes de Dioclétien
- le Panthéon
- l'Ara Pacis Augustæ
- les catacombes
- le Circus Maximus
- les monuments et sites paléochrétiens
Rome médiévale
- le ghetto romain
- le tombeau d'Hadrien, devenu château Saint-Ange
- les églises : Saint-Barthélémy-en-l'île, Saint-Laurent-hors-les-murs
Rome renaissance et baroque
- les places : la piazza Navona, la piazza del Popolo, la piazza di Spagna
- les musées : palais Altemps, Galerie Borghèse, Galerie Doria-Pamphili, Galerie Barberini, palais Massimo alle Terme
- les églises : église Saint-Ignace, église du Gesù, basilique Saint-Jean du Latran, basilique Sainte-Marie-Majeure, église Saint-Louis-des-Français, église Saint-Nicolas-des Lorrains, église Saint-Yves-des-Bretons, église et abbaye de la Trinité-des-Monts, abbaye des trois fontaines, la chiesa nuova (Santa Maria in Vallicella)
- les fontaines : fontaine de Trevi, fontaine des Fleuves
- le palais Farnèse, ambassade de France
- la villa Médicis, siège de l'Académie de France à Rome
- la villa Bonaparte
- le Palazzo Chigi, siège du Gouvernement italien
Rome contemporaine
Palazzo Chigi
- le monument à Victor-Emmanuel II, plus connu sous le nom de « machine à écrire »
- le palais Montecitorio, siège du Parlement italien
- le palais de justice sur la place Cavour
Transports et économie
Rome est desservie par des lignes de bus et un métro depuis 1955
Les trains arrivent dans la gare centrale Termini
L'accès aérien se fait par l'aéroport de Fiumicino
et par l'aéroport de Ciampino
Personnages célèbres
À Rome sont nés :
- Elio Petri (1929 - 1982), réalisateur et scénariste
À Rome sont décédés :
- Renato Castellani (1913 - 1985), réalisateur
- Pietro Germi (1914 - 1974), acteur, scénariste, réalisateur et producteur
- Elio Petri (1929 - 1982), réalisateur et scénariste
Voir aussi
Liens internes
- Rome antique
- Chronologie de Rome
- Villes d'Italie
- Liste des monuments de la Rome antique
- Jeux Olympiques d'été de 1960
Liens externes
- [http://www.compart-multimedia.com/virtuale/fr/rome/rome.htm Rome la ville eternelle] : Virtual panoramas and photo gallery (ita/ing/fr)
- [http://www.comune.roma.it/ Site officiel de Rome]
- [http://www.wikitravel.org/fr/article/Rome Rome sur Wikitravel]
Jeux Olympiques d'été de 1960
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Événements
Afrique
- Fêtes données à Lyon à l’empereur Caligula. Ce dernier fait assassiner son invité Ptolémée, fils du roi Juba II de Maurétanie.
- Lorsque la nouvelle de sa mort parvient en Maurétanie, la population se soulève contre l’occupant romain, mais Rome a rapidement le dessus. Aedemon, affranchi de Ptolémée, se réfugie dans les montagnes du Rif où il mène la révolte jusqu'en 42.
- Début de la campagne romaine d'Afrique du Nord. (fin en 42)
- Rome achève la conquête de la Maurétanie (Maroc et ouest de l'Algérie actuels), divisée en deux provinces : la Maurétanie Césarienne (capitale : Caesaria ou Cherchell) et la Maurétanie Tingitane (capitale : Tanger).
Europe
- Caligula transforme le principat en autocratie sur le modèle hellénistique. Il distribue les honneurs avec prodigalité, se prend pour un dieu et ordonne que l’on remplace toutes les têtes des statues grecques par la sienne. Enfin, il nomme son cheval sénateur…
- Selon la tradition, arrivée aux Saintes-Maries-de-la-Mer de la barque contenant les trois Marie et d’autres chrétiens qui vont évangéliser la Provence.
- Une église chrétienne primitive est érigée à Corinthe.
- Achèvement de la via Agrippa.
Proche orient
- La fête juive Passah devient la fête de Pâques chrétienne.
- Les fidèles non-juifs prennent le nom de chrétiens.
- Philon enseigne que tous les hommes naissent libres.
- Fin du règne d'Hérode en Judée.
- Arabie : Malchos II, roi de Nabatène (40-70).
Asie
- Révolte des Annamites contre la Chine à l’appel de deux héroïnes.
Naissances
- 13 juin : Agricola, général romain
- Octavie, fille de Claude et Messaline.
- 30 décembre 40 (ou 41) : Titus Flavius Sabinus Vespasianus, futur empereur romain
- Dion Chrysostome, rhéteur et philosophe grec.
- Stace, poète latin.
- Dioscoride, médecin et botaniste grec.
Décès
- Ptolémée de Maurétanie, petit-fils de Cléopâtre VII. Il est assassiné par l'empereur Caligula.
Cléopâtre Séléné
Nom de deux princesses de la dynastie des Ptolémées d'Alexandrie
- Cléopâtre Séléné (I), fille de Ptolémée VII et Cléopâtre III, épouse de Ptolémée IX puis d'Antiochos VIII ;
- Cléopâtre Séléné (II), fille de Cléopâtre VII et de Marc-Antoine, épouse de Juba II de Maurétanie (-40 à +6).
6Catégorie:6
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Événements
Sciences naturelles et mathématiques
Sciences humaines
Politique, droit et société
- Chine : Examens obligatoires pour les candidats à des postes politiques.
- Rome : Décret de la loi lex aerarium militare pour la mise en place d'une allocation d'État aux vétérans de guerre, financée d'une part par le nouvel impot de succession (5%) et d'autre part par la caisse privée des empereurs.
- Disette à Rome. Auguste double les rations de blé distribuées à la plèbe.
- Incendie catastrophique à Rome. Création des casernes.
- La Corse et la Sardaigne deviennent provinces impériale (6-67).
- Pannonie : Début d'un soulèvement mené par Bato sur les arrières de l’armée de Tibère (jusqu'en 9). Tibère choisit le lieu de Carnuntum comme base d'opérations contre Marbod. La légion romaine Legio XX Valeria Victrix combat les Marcomans. Construction d'un fort romain, origine de la ville de Wiesbaden.
- Le Marcomans Marbod est institué roi-client de Rome et reçoit le titre officiel d’ami du peuple romain.
- Judée : Statut de province romaine. Coponius, procurateur de Judée, Samarie et Idumée (6-9).
- L’attitude tyrannique du tétrarque de Judée Hérode Archélaos provoque l’envoi d’une délégation de Juifs et de Samaritains à Rome. Auguste convoque Archélaos à Rome, le dépose et l’exile à Vienne, en Gaule. La Judée, la Samarie et l’Idumée deviennent province romaine. Elles sont rattachées à la Syrie et administrées par un préfet ou procurateur qui réside à Césarée mais se rend à Jérusalem au moment des fêtes. Il dispose d’une troupe d’auxiliaires pour maintenir l’ordre, recrutés parmi les habitants de la plaine de Sharon et de la Samarie, les Juifs proprement dit étant exemptés de servir dans l’armée romaine.
- Judée : Recensement sous Publius Sulpicius Quirinius selon Flavius Josèphe.
- Révolte en Judée due au recensement provincial de Quirinius, gouverneur de Syrie, dirigée par Judas le Galiléen appuyé par la pharisien Sadoq et durement réprimée (crucifixion des rebelles). Naissance du mouvement des zélotes, qui considèrent dieu comme leur seul chef et maître.
- Maghreb : Rébellion des nomades gétules et de leurs alliés en Afrique.
Religion et mythologies
Arts et culture
- Littérature : Octave Auguste rédige l'énumération de ses hauts faits, destinée à son tombeau (les « Res Gestae Augustae »).
Techniques et sciences appliquées
Vie quotidienne et loisirs
Naissances
- Cléopâtre Séléné, fille de Cléopâtre VII d'Égypte et Marc Antoine, reine de Numidie.
ja:6年
ko:6년
Cléopâtre Séléné
Nom de deux princesses de la dynastie des Ptolémées d'Alexandrie
- Cléopâtre Séléné (I), fille de Ptolémée VII et Cléopâtre III, épouse de Ptolémée IX puis d'Antiochos VIII ;
- Cléopâtre Séléné (II), fille de Cléopâtre VII et de Marc-Antoine, épouse de Juba II de Maurétanie (-40 à +6).
Marc AntoineCatégorie:Personnalité militaire de la Rome antique
Catégorie:Personnalité politique de la Rome antique
Marc Antoine
Marc Antoine
Marc Antoine
Marc Antoine (Marcus Antonius), né en 83 et mort en 30, était un homme politique et un général romain.
Marc Antoine était un ardent défenseur de Jules César en tant que commandant et administrateur militaire. Il fut nommé consul par le Sénat en 44.
Avec Lépide et Octave, il a formé le second triumvirat.
Pour sceller son alliance avec Octave, il épousa la sœur de celui-ci, Octavie.
Lorsque le triumvirat se termina, il fut décisivement battu par Octave lors de la bataille navale d'Actium et se suicida peu avant l'entrée d'Octave dans Alexandrie en 30.
Sa relation avec Cléopâtre, la reine d'Égypte, est devenue légendaire et est devenu le sujet d'une pièce de Shakespeare intitulée Antony et Cleopatra (Antoine et Cléopâtre).
Descendance de Marc Antoine
Marc Antoine et Octavie eurent deux filles, toutes les deux appelée Antonia.
La plus âgée, Antonia Major, fut mariée à Lucius Domitius Ahenobarbus (barbe rouge en latin), et l'empereur Néron était leur petit-fils.
La plus jeune, Antonia Minor, se maria avec Drusus, et l'empereur Claude Ier était leur fils.
Marc Antoine et Cléopâtre eurent trois enfants : les jumeaux Alexandre Hélios et Cléopâtre Séléné, nés en 40, et Ptolémée Philadelphe, né en 36. Leur demi-frère Ptolémée XV (Césarion) fut tué par les Romains à la mort de Marc Antoine et Cléopâtre en 30. Mais les trois enfants furent emmenés à Rome et élevés par Octavie, l'ex-épouse de Marc Antoine. Cléopâtre Séléné se maria en 19 avec Juba II de Numidie et devint reine de Numidie et de Maurétanie. Ses frères demeurèrent possiblement quelque temps avec elle, puis leur trace se perd.
ja:マルクス・アントニウス
ms:Marcus Antonius
Juba IICatégorie:Antiquité Catégorie:Histoire du Maghreb Catégorie:Histoire de l'Algérie Catégorie:Personnalité politique de la Rome antique Catégorie:Géographie de la Rome antique catégorie:berbères Catégorie:Naissance en -52 Catégorie:Décès en 23
Juba II fut un roi berbère de la Maurétanie (partie occidentale de la Berbérie). Fils de Juba I, né vers 52 av. J.C et mort vers 23 ap. JC, il régna sous la tutelle romaine à partir de sa capitale Caeserea (Césarée, aujourd’hui Cherchell au centre Nord de l’Algérie).
Il épousa la grecque Cléopâtre Séléné, fille de Cléopâtre VII et Marc Antoine, en 19 av. J.C. Très connu des grecs et des romains, ce fut un savant, artiste et homme de lettres, auteur de plusieurs traités sur les lettres, la peinture, le théâtre, l’Histoire et la médecine. Tous les historiens grecs s’accordaient sur son intelligence et son érudition inégalables. Il fut à l’origine de la découverte de l’Euphorbe (à laquelle il a donné ce nom, qui était celui de son médecin personnel) et son traité sur cette plante inspira, plus tard, plusieurs médecins grecs.
Doué d'une grande intelligence, il envoya une expédition de savants aux îles Canaries. Il en envoya d'autres sur le terrain pour vérifier une thèse soutenue par certains historiens, selon laquelle le Nil aurait pris sa source dans le Sud marocain. Ses manuscrits furent autant de références pour plusieurs historiens grecs, tels que Tite-Live, Alexandre de Milet, Diodore de Sicile. Pline qui le citait dans ses livres dit de lui « qu’il était encore plus connu pour son savoir que pour son règne ».
Admiré et respecté par les grecs, ceux-ci lui érigèrent, en signe de reconnaissance, une statue auprès de la bibliothèque du gymnase de Ptolémée à Pausanias. Son règne fut marqué par son sens de la démocratie et l'attention qu'il eut pour son peuple.
Son fils et successeur Ptolémée de Maurétanie poursuivit la même politique que lui. Juba II reste, certainement, l’une des figures les plus incontournables du savoir au début de notre ère.
Ptolémée de Maurétanie fut assassiné en 40 à Lyon par son parent Caligula et l'Empire romain reprit le contrôle direct de la Maurétanie.
Auguste ko:아우구스투스 ja:アウグストゥス
Auguste
Auguste
Auguste
Auguste (Caius Octavius Thurinus, puis Caius Julius Cæsar Octavianus, enfin Imperator Cæsar Divi Filius Augustus), d'abord appelé Octave puis Octavien, né en 63 av. J.-C. et mort en 14 ap. J.-C. est le premier empereur romain.
La conquête du pouvoir
Auguste est né à Rome sous le nom de Caius Octavius Thurinus (famille des Thurii) et porte le même nom que son père. Celui-ci appartenait à une famille de l'ordre équestre importante mais peu connue ; il fut gouverneur de la province de Macédoine jusqu'à sa mort en 58 av. J.-C. Sa mère, Atia, est la nièce du grand général romain, César. En 46 av. J.-C., celui-ci, sans descendance légitime, adopte son petit-neveu par testament (voir adoption à Rome). Petit-neveu de Jules César, il est adopté par celui-ci. Selon l'usage romain en cas d'adoption, Octave est désormais appelé Caius Julius Cæsar Octavianus (Octavien). Après l'assassinat de son père adoptif, il partage le pouvoir avec Marc Antoine et Lépide au sein du second triumvirat.
Après avoir vaincu Marc Antoine à la bataille navale d'Actium en 31 av. J.-C., il devient seul détenteur du pouvoir et finit par devenir le premier empereur romain en 27 av. J.-C. lorsque le Sénat lui confère le titre d'Auguste.
Octavien devient Auguste
Ce titre est assez particulier. Conformément à la tradition romaine, il s'agit d'un surnom qu'on rajouta aux prénoms d'Auguste, tout comme on ajoutait au nom d'un général vainqueur un surnom formé sur le nom du peuple vaincu. Il était décerné au général si le territoire de Rome avait été accru par la victoire. Le terme Augustus est à forte connotation religieuse. Avant d'être décerné à Octave, il n'était employé comme adjectif qu'à l'égard d'un dieu. Il signifie celui qui augmente. Par ce titre, on considère donc qu'Octave est celui qui augmente perpétuellement lager publicus.
Le mois d'août (augustus en latin) fut d'ailleurs baptisé ainsi en son honneur de même qu'auparavant, le mois de juillet (julius) rend hommage à Jules César.
Instauration du Principat
Le 13 janvier -27, au terme d’un long discours au Sénat, Octave se voit attribuer le pouvoir proconsulaire pour dix ans. L’empire est divisé en provinces Sénatoriales (pacifiées) et Impériales (où se trouvent les forces armées). Le 16 janvier, il reçoit le titre sacré d’Auguste sur l’initiative du sénateur Munatius Plancus. Par ce règlement constitutionnel, le régime personnel, régime d’exception jusque là, entre dans sa période organique. Octave, reconnu comme Princeps, ou premier citoyen, devient le chef officiel de l’Etat romain. Il prend le contrôle absolu de l’armée, dont il assure le financement et est protégé en permanence par la garde prétorienne, stationnée dans l’Urbs (jusqu’alors aucune troupe n’avait résidé à Rome). Par définition le régime comporte un partage d’attribution entre le nouveau pouvoir —le Princeps— et les pouvoirs traditionnels —comices, magistratures et Sénat—. En fait, politique extérieure et armée mise à part, le Sénat conserve ou reçoit d’importantes prérogatives dans les domaines de l’administration civile (Rome, Italie, provinces), des finances, de la justice et de la monnaie. Auguste entend qu’il soit, en face de l’armée, le seul élément civil qui compte dans l’Etat. Il contrôle l’élection des magistrats par un système de recommandation officielle, la commendatio. La destinatio permet également l’intervention d’un organisme spécial de chevaliers et de sénateurs répartis en dix ou quinze centuries pour la désignation des candidats (tabula hebana, inscription découverte à Magliano). Les comices ont perdu tout contrôle véritable. L’empereur fait entrer à la Curie des provinciaux (à l’époque de César, 45 familles patriciennes sont représentées ; on n’en trouve plus qu’une seule à la fin du ). Pour les remplacer, il y a des Gallo-romains (ceux de Lyon et de Vienne, très tôt), puis des Espagnols, des Africains et même des Orientaux.
Règne
Réforme de l'armée
Auguste réforme l’armée, qui devient définitivement une armée de métier. La charte militaire (condito militiae) lui donne son statut légal : service de 12 ans pour les prétoriens, de 16 ans pour les légionnaires (porté plus tard à 16 et 20 ans), solde, libéralités variées, dotation en argent ou en terre le jour de la libération, accompagnée de privilèges juridiques comme la collation de la cité romaine. Les effectifs sont fixés à 28 légions (25 après le désastre de Varus en 9) fortes de 5 500 fantassins et de 120 cavaliers, de corps auxiliaires de 500 où 1 000 hommes (cavalerie, ailes, infanterie, cohortes), de la garnison de Rome et de l’Italie, formée des neuf cohortes prétoriennes (9 000 hommes au total), des trois cohortes urbaines (3 000 hommes), des sept cohortes des vigiles (police nocturne, incendies) et de la garde privée de l’empereur, formé de cavaliers espagnols, Bataves ou Germains. Soit 300 000 hommes auquel viennent s’ajouter 50 000 hommes des contingents des alliés, rois vassaux ou Barbares. Auguste crée une marine de guerre, composée de deux flottes à Misène et à Ravenne qui protégent l’Italie, de deux autres flottes de moindre importance en Syrie et en Égypte, et de flottilles fluviales sur le Rhin et le Danube pour la protection des frontières.
Réforme de l'administration
En -23, Auguste crée un corps de fonctionnaires, nommés et appointés par lui : préfets, procurateurs, membres des grandes commissions exécutives. Les carrières sénatoriales (héritage de la République) et équestre (créée de toutes pièces) fournissent le personnel administratif nécessaire. Les provinces Impériales sont administrées selon le cas par des lieutenants-légats d’ordre sénatorial ou des préfets et des procurateurs d’ordre équestre. L’empereur possède un droit de regard sur les provinces sénatoriales qui se traduit par une intervention administrative, financière et judiciaire, sous la forme de l’appel.
Auguste procède à un redressement financier en aménageant les impôts existant et en améliorant l’administration fiscale. Il contrôle sévèrement la gestion des gouverneurs sénatoriaux et met fin au pillage méthodique des provinces pratiqué à l’époque républicaine. En Sicile et en Gaule, il substitue au système de la ferme la perception directe, et dans les cas où il maintient la ferme, il l’entoure de garanties (remplacement des puissantes compagnies financières par des fermiers d’importance sociale plus modeste et contrôle étroit exercé par des gouverneurs ou des procurateurs financiers). Auguste poursuit l’œuvre de César en matière de recensement et de cadastre, qui servent de base à la fixation de l’impôt. Il dédouble la caisse financière centrale, l’aerarium, qui subsiste pour le Sénat, avec les diverses corbeilles (Fisci) et la caisse de la fortune particulière (patrimonium) pour l’empereur.
Les juridictions républicaines traditionnelles—comices, magistratures, Sénat, tribunaux—sont remaniées. Les tribunaux civils et criminels sont réorganisés. Une juridiction impériale est créée, qui se manifeste sous trois formes : l’évocation à l’empereur, l’appel et la délégation de la juridiction aux fonctionnaires. En première instance, par la Cognito Caesaris, l’empereur, partout et toujours, au civil comme au criminel, peut évoquer une affaire à son tribunal. L’appel à l’empereur est généralisé dans tout le monde Romain. Juge suprême de l’empire, l’empereur délègue ses pouvoirs judiciaires à ses fonctionnaires, tant permanents (préfets et commissions exécutives à Rome et en Italie, légats et gouverneurs dans les provinces impériales) qu’extraordinaires (commissaires spéciaux). La réorganisation judiciaire se complète, notamment à Rome, par la création d’une police.
Travaux à Rome
Sous le principat d'Auguste, Rome est divisée en 14 "régions". Des travaux sont entrepris pour stabiliser les rives du Tibre. Afin de lutter contre les incendies, assez fréquents dans la capitale, un corps de vigiles est instauré. De nouveaux aqueducs sont construits. C'est aussi sous le règne d'Auguste que sortent de terre les thermes d'Agrippa sur le Champ-de-Mars. Auguste veille aussi à la bonne marche de la religion en construisant ou en rénovant environ 80 sanctuaires ; ainsi, le temple d'Apollon est créé sur le Palatin. Enfin, le forum d'Auguste est érigé. Auguste fait également reconstruire la basilique Julia qui avait été incendiée. Elle est dédicacée à ses fils adoptifs. Sur le Forum romain, un arc de triomphe celèbre les victoires du prince.
Voir aussi
Liens internes
- Rome antique
- Trophée des Alpes
Bibliographie
Au temps des légionnaires romains, collection La Vie privée des Hommes, Hachette, 1978, collectif, textes de Pierre Miquel ISBN 2-01-003352-3
DendérahCatégorie:Index égyptologique
Catégorie:Temple égyptien
catégorie:Ville d'Égypte antique
catégorie:Site égyptologique
Dendérah était la capitale du VI nome de Haute-Égypte, et sa nécropole abrite des tombeaux creusés entre l'époque prédynastique et la fin de l'ancien Empire. Ce site doit sa notoriété au célèbre temple d'Hathor, qui remonte à la période gréco-romaine. Ce site est extraordinairement bien conservé, avec ses cryptes très profondes, creusées dans l'épaisseur des murailles et décorées de bas-reliefs savants.
Le complexe monumental de Dendérah comprend la grande porte de Domitien et de Trajan, le mammisi romain, suivi d'un autre de la XXX dynastie, et un sanatorium où les malades étaient soignés selon les indications de la déesse. Sur le toit ont été élevées six chapelles dédiées à Osiris, car on pensait que Dendérah était une sépulture du dieu : le plafond d'un de ces édifices représente le célèbre Zodiaque, mais, sur place, on ne peut en admirer qu'une copie, les français de l'Expédition d'Égypte ayant prélevé l'original pour le rapporter au Musée du Louvre.
Devant le grand bâtiment, à droite de l'entrée, se dressent deux mammisi, de petits temples qui commémorent la naissance d'Ihy, le fils d'Isis : le plus ancien remonte au règne de Nectanébo Ier (XXX dynastie) et a été achevé sous les Ptolémées, tandis que l'autre est d'époque romaine.
Au sud du temple d'Hathor et à côté de ce qu'il reste du lac sacré, on remarque un autre temple romain, de l'époque d'Auguste, le Temple de la Naissance d'Isis. Le lac sacré du temple de Dendérah, au sud-ouest de l'édifice principal, servait aux ablutions du clergé et à la célébration des mystères rattachés à la mort et à la résurrection d'Osiris.
Autres transcriptions : Dendara, Denderah, Dendéra et Dendera.
Galerie
Image:Denderah_Outside.JPG|Temple de Dendérah, entrée.
Image:Denderah1.jpg|Temple de Dendérah.
Image:Denderah2.jpg|Temple de Dendérah.
Image:Denderah3_Cleopatra_Cesarion.jpg|Temple de Dendérah. Mur arrière avec représentation de Cléopâtre et Césarion (Ptolémée XV).
Image:Denderah4_Cesarion.jpg|Temple de Dendérah. Détail du mur arrière avec représentation de Cesarion.
Image:Denderah_cour.jpg|Temple de Dendérah, salle hypostyle.
Image:Denderah_plafond.JPG|Temple de Dendérah, plafond de la salle hypostyle.
Image:Denderah_plafond2.JPG|Temple de Dendérah, plafond, intérieur d'une des chapelles installées sur le toit.
Image:Denderah_zodiaque.JPG|Temple de Dendérah, zodiaque au plafond d'une des chapelles installées sur le toit.
Image:Denderah_Isis_resuscite_Osiris.jpg|Temple de Dendérah, bas-relief représentant Isis qui, sous la forme d'un oiseau, se pose sur le sexe d'Osiris pour le ressusciter, une des chapelles sur le toit.
Image:Denderah_cryptes.JPG|Temple de Dendérah, cryptes.
Image:Denderah_cryptes2.JPG|Temple de Dendérah, bas-relief dans les cryptes.
Image:Denderah_cryptes3.JPG|Temple de Dendérah, bas-relief dans les cryptes.
Napoléon Bonaparte
Napoléon Bonaparte (Ajaccio, 15 août 1769 – Sainte-Hélène, 5 mai 1821), général de la Révolution, dirigea la France à partir de la fin 1799 et fut Empereur des Français, sous le nom de Napoléon I, de 1804 à 1814, puis à nouveau en 1815. Il conquit et gouverna la plus grande partie de l'Europe continentale et plaça ses maréchaux et ses frères sur les trônes de plusieurs royaumes européens : Espagne, Naples, Westphalie, Hollande, et Suède.
Incapable de mettre un terme au cycle de guerre que menaient les monarchies européennes contre la France depuis 1792, et face aux diverses coalitions montées et financées par l'Angleterre, les conquêtes s'ajoutant aux conquêtes, Napoléon vit l'Empire s'effondrer, dix ans après son avènement. Il ne reste aujourd'hui que la grande œuvre administrative, qu'entreprit cet homme hors du commun.
Toute tentative d'écrire avec impartialité l'histoire de ce personnage relèverait de la gageure selon l'historien Steven Englund qui écrivit « le ton (…) qui convient le mieux pour parler de Napoléon serait (…) une admiration frisant l'étonnement et une désapprobation constante frisant la tristesse. »
Jeunesse et ascension dans l'armée
Napoléon Bonaparte naquit à Ajaccio en Corse, le 15 août 1769, un an après l'achat par la France de l'île à Gênes (1768). Issu d'une famille faisant partie de la petite noblesse corse. Il était le deuxième enfant de Charles Bonaparte, Avocat au Conseil Supérieur de l'île, et de Maria-Letizia Ramolino. Alors qu'il n'était agé que de neuf ans, son père s'arrangea pour qu'il suive des études sur le continent, où il s'établit, en compagnie de son frère ainé Joseph Bonaparte. Napoléon se considèra tout d'abord comme un étranger. Après des études dans les écoles militaires (Autun, Brienne et l'école Militaire de Paris), il entre avec son ami Grenier dans l'artillerie, au sein du régiment de La Fere, à Auxonne. Il est affecté comme lieutenant en second à Valence en 1787.
D'un tempérament ombrageux, romantique dans ses écrits et d'une curiosité sans borne alliée à une mémoire surprenante, le jeune Bonaparte, à la veille de 1789, est autant homme de lettres qu'homme de guerre.
Lorsque la Révolution éclata en 1789 le lieutenant Bonaparte était présent à Paris ; spectateur des événements, il regarda avec répulsion l'invasion des Tuileries par le peuple. Napoléon retourna en Corse où les luttes de clans (paolistes soutenant la monarchie modérée à l'anglaise, les Bonaparte soutenant la Révolution) avaient repris. Napoléon se fit élire à la tête de la Garde nationale en 1792 en arrachant de force l'accord du commissaire du gouvernement. Mais l'exécution du roi provoqua une révolte des indépendantistes. Une guerre civile éclata et la famille de Napoléon fut obligée de fuir vers la France.
Bonaparte soutint la Révolution, et fut envoyé en 1793, en tant que capitaine d'artillerie, au siège de Toulon qui s'était livré aux Anglais. Le plan qu'il soumit au général Dugommier permit la reprise de la ville aux troupes royalistes et britanniques. Ses amitiés avec les Jacobins lui valurent d'être brièvement arrêté après la chute de Robespierre le 9 thermidor an II (27 juillet 1794).
Libéré, il fut un temps sans commandement effectif, puis Barras, lui permit d'écraser l'insurrection royaliste de Vendémiaire contre la Convention en 1795. À cette occasion Bonaparte a sous ses ordres un jeune officier, Joachim Murat,son futur beau-frere. L'opération fut un succès, la canonnade de Saint-Roch dispersant les forces royalistes.
Bonaparte avait un esprit lucide et discret, capable d'absorber l'essence de la connaissance militaire et stratégique de son temps et de l'appliquer à des situations réelles. Officier d'artillerie de formation, il innova dans l'utilisation de l'artillerie (canon de Gribeauval) comme force mobile d'appui des attaques d'infanterie.
Campagne d'Italie]
Nommé commandant en chef de l'armée d'Italie, mal nourrie et mal vêtue, il entraîne avec fougue ses hommes et bat à plusieurs reprises une armée autrichienne plus nombreuse et mieux équipée : Montenotte, Lodi, ou Arcole — où Napoléon prend lui-même la tête de l'assaut, sous la pluie de feu qui tue son ami et aide-de-camp, Muiron ; cet homme « qui est partout et qui voit tout, volant comme l'éclair et frappant comme la foudre » séduit ses subalternes, Sérurier, Masséna, Berthier, par son ascendant sur les hommes, son audace et son sang-froid. Il perçoit la valeur d'un officier encore anonyme, Lannes. Durant ces batailles, les peintures d'époque de son quartier général montrent qu'il utilisa (comme tous les généraux de la Révolution) le premier système de télécommunications au monde, le télégraphe Chappe. L'Autriche, dirigée par l'archiduc Charles, dut négocier un traité défavorable à Campo-Formio.
En Italie, le général Bonaparte prend conscience de ses forces, et de la situation qui est la sienne. Il règne sur les champs de bataille et a la faveur du public (italien comme français) : c'est une véritable petite cour qui se forme autour du général républicain à Milan. Le Directoire est loin pour celui qui règle le sort de la riche Italie et maîtrise superbement son adversaire. En 1797, par le truchement du général Augereau, Bonaparte organisa une manœuvre politique qui permit d'écarter plusieurs royalistes du pouvoir à Paris et de préserver la république jacobine.
Campagne d'Égypte
Paris]]
- Voir l'article détaillé Campagne d'Égypte
- En 1798, inquiet de la popularité de Bonaparte, le Directoire, sous prétexte de barrer aux Anglais la route des Indes, le charge d'envahir l'Égypte. Admirateur du Siècle des Lumières, Bonaparte décide d'emmener des scientifiques, et fonde l'Institut. En outre, il est accompagné du général Kléber. Découverte par un jeune officier du génie, Pierre-François-Xavier Bouchard, la pierre de Rosette permettra à Jean-François Champollion de déchiffrer les | | |